Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde

En suivant le calendrier liturgique, dans le cadre de trois « Parler la bouche pleine » animée par Elisbeth Smadja, nous proposons de re-visiter trois mots clés : la miséricorde, Pâque, la Pentecôte, dans leur langue d’origine.

En suivant le calendrier liturgique, dans le cadre de trois « parler la bouche pleine » animées par Elisabeth Smadja, nous proposons de re-visiter  trois mots clés : la miséricorde, Pâque, la Pentecôte, dans leur langue d’origine. L’hébreu ouvre par ses particularités à de multiples sens permettant de nouvelles lectures, véritables nourriture de l’âme. Ici retour sur sa première intervention du 7 février.

Notre pape François a ouvert le jubilé sur l’année de la Miséricorde ; mais qu’est -ce que la miséricorde ?

Nous sommes nombreux à conjuguer ce mot avec d’autres qui nous semblent t-ils lui sont semblables ou le complètent tel que: la bonté, la grâce, le pardon, la charité, la justice et la compassion. En fait toutes ces expressions peuvent se résumer à une seule qui les englobe tous : l’amour. Dés lors, pourquoi ne pas tout simplement appeler cette année, l’année de l’amour ? Qu’est ce que la miséricorde peut bien ajouter à l’amour, celui de Dieu pour nous, le notre pour les autres?

Ce mot nous a été offert par notre Pape en ce temps de l’avent comme un précieux cadeau de Noël, naissance de l’Emmanuel, Dieu avec nous, pour sortir notre monde de la spirale de violence où il se perd. Ce mot est telle une arche, il sauve. Arche se dit téva en hébreu, terme qui signifie également boite ou mot. Les maîtres du judaïsme expliquent que Dieu a demandé à Noé d’habiter sa parole, de pénétrer le sens, la mesure de son langage pour retrouver le chemin de la juste relation à soi, à l’autre. C’est toujours lorsqu’une langue ne veut plus rien dire, que naissent l’incompréhension, la violence et la haine entre les hommes, provoquant leur mort. Le verbe lorsqu’il est habité et médité, sauve. Embarquer à bord de « l’arche miséricorde » est une manière pour chacun de nous de nous revêtir de celui qui a revêtu notre humanité pour la sauver, le verbe de Dieu qui s’est fait chair, Jésus de Nazareth. L’arche de Noé était recouverte à l’intérieur comme à l’extérieur afin de pouvoir flotter de bitume, cofer en hébreu mot qui a la même racine que capara, rachat, pardon. Cette arche est une parole qui recouvre et rachète toute faute pour donner la vie.

Le mot miséricorde vient du latin « misèré(pitié) et cordia » (cœur). La miséricorde c’est la pitié que le cœur ressent pour l’autre, notre capacité à être touché par la situation de misère où il se trouve ; s’émouvoir jusqu’à annuler la dette : d’argent, de vengeance ou de tout autre sentiment. Il s’agit pour le fidèle d’être ici bas, sur terre, le cœur de Dieu pour ses frères.

En hébreu, le mot miséricorde se dit rahamim

Ce mot est construit sur la racine rehem qui signifie utérus. Il fait appel à une réalité très féminine, très maternelle, pour parler d’un des attributs divins, le plus important de tous celui qui est au-delà de toute justice, toute raison car il fait appel aux entrailles du Père , à la divine maternité, lieu de la pure folie d’amour.Une mère donnera tout pour son enfant, elle sera toujours présente, où qu’il soit, quel qu’il soit, jusqu’à donner sa vie pour lui.

L’utérus est un muscle qui permet de recevoir un embryon, de l’abriter, le nourrir jusqu’au temps de la naissance. Être miséricordieux c’est quelque part se faire mère, créer un espace en soi pour l’autre. Pour cela il faut se faire pauvre jusqu’à considérer l’autre comme son propre enfant, le fruit de ses entrailles. C’est par cet acte nous sortons d’une stérilité affective pour enfanter l’amour qui donne et qui se donne.
Rehem veut dire utérus ou matrice. En permutant ces trois lettres on peut écrire les mots suivant : mahar, demain ; homer , matière et hamor âne, ainsi que hèrèm anathème..

L’enfant c’est l’avenir. S’il n’y avait pas cette possibilité de maternité physique et spirituelle, il n’y aurait pas de futur. Il n’y aurait personne qui vient. Dieu dans sa miséricorde nous donne un avenir. Quel avenir il donne à sa créature, quel avenir il donne à Israël, au monde entier ? Le rejeton de justice, le messie, C’est Noël ! Il est là le divin enfant.

L’enfant que l’on doit porter, celui à qui on doit laisser la place en nous, c’est le messie. Il faut que l’on diminue pour qu’il puisse croître. C’est le sens de Noël.

Une autre permutation nous donne homer/hemar qui signifie matière, argile, c’est-à-dire, notre matière, notre chair. Et on obtient aussi ‘homer, un âne. Là je vais jongler. Le messie quand il se fait reconnaitre à Jérusalem arrive sur un âne blanc. Donc spirituellement, il est monté sur une matière virginale. Nous avons à réussir à travailler notre matière, notre chair, jusqu’à la rendre vierge, pour qu’il puisse monter dessus et marcher. Il va y avoir une union entre l’homme et la matière, entre l’âme et le corps. C’est pour cela que Jésus de Nazareth a deux natures : nature humaine et nature divine. Il nous demande, nous d’accéder à ces deux natures, par une transmutation. Cette transmutation se fait à mon sens par la miséricorde.

Miséricorde dans le sens de maternité, d’entrailles, d’intimité, de don de la vie. On dit que Jésus est le « fruit des entrailles de Marie ». Certains trouvent que le mot entrailles est dérangeant. Il faut garder ce mot entrailles, mot important, car l’amour d’une mère, qui vient des entrailles est un amour qui n’est pas réfléchi, au-delà de la raison. Une mère ira jusqu’à donner sa vie pour sauver son enfant. Et c’est de cette qualité d’amour que Dieu nous aime. Et parce qu’il nous aime de cette qualité qu’il va donner son fils. Sens du sacrifice du père qui donne son fils. Le fils fait aussi œuvre matricielle sur le bois de la croix. Il donne naissance à une humanité nouvelle pour la vie éternelle. Par l’eucharistie nous communions, nous nous nourrissons de son corps et de son sang, comme dans le ventre de sa maman, l’embryon se nourrit d’elle par le cordon ombilicale, pour croître et naître lors de son passage(sa naissance) à une vie nouvelle, porteur d’un nom nouveau..

Elisabeth Smadja

 

 

1 Commentaire

  • Elisabeth ?
    Tu dis « Sens du sacrifice du père qui donne son fils »
    Quelle horreur !
    Tu affirmes donc que Dieu se sacrifie et qu’il sacrifie son fils sur la croix ?
    Quelle religion archaïque, primitive et cruelle !
    Non et non Jésus nous a libérés de ces religions de l’horreur !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *