Auschwitz-Birkenau

Miséricorde

« En rangeant des papiers je tombe sur une feuille volante et je lis cette prière au bas de laquelle est écrit en petits caractères : "Prière d’un déporté juif trouvée dans un camp" sur un papier d’emballage. Quel camp ? quelle date ? quelle nationalité ? a–t-elle été écrite en français ou est-ce une traduction ? Je ne sais pas. Mais quelle rencontre ! ». Par Jean Verrier

En rangeant des papiers je tombe sur une feuille volante glissée là je ne sais plus quand, par je ne sais plus qui, et je lis cette prière au bas de laquelle est écrit en petits caractères : Prière d’un déporté juif trouvée dans un camp sur un papier d’emballage. Quel camp ? quelle date ? quelle nationalité ? a–t-elle été écrite en français ou est-ce une traduction ?
Je ne sais pas. Mais quel coup au cœur ! quelle rencontre ! Quelqu’un prie tout à côté de moi :

 

Seigneur souviens-toi !
Quand tu reviendras dans ta gloire,
ne te souviens pas seulement
des hommes de bonne volonté.
Souviens-toi également
des hommes de mauvaise volonté.
Mais ne te souviens pas alors
de leurs cruautés, de leurs sévices,
de leurs violences.
Souviens-toi plutôt des fruits
que nous avons portés
à cause de ce qu’ils ont fait.
Souviens-toi de la patience des uns,
du courage des autres,
de l’humilité, de la grandeur d’âme,
de la fidélité
qu’ils ont réveillées en nous.
Et fait, Seigneur, que ces fruits
que nous avons portés
soient, un jour, leur rédemption.

Comme si la demande était déjà la réponse.
La réponse de la miséricorde divine portée par la voix d’un homme.

Jean Verrier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *