Pour les juifs, qui est Jésus ?

Quel regard portent les Juifs, après deux millénaires d'histoire, sur celui qui est l'un des leurs ? Chacun d'entre eux a sans doute quelque chose à en dire, mais s'agissant du Jésus historique, c'est à des historiens qu'il convient de poser la question.

Quel regard portent les Juifs, après deux millénaires d’histoire, sur celui qui est l’un des leurs ? Chacun d’entre eux a sans doute quelque chose à en dire, mais s’agissant du Jésus historique, c’est à des historiens qu’il convient de poser la question. Tel est le but du présent ouvrage : où situer Jésus dans les sensibilités religieuses des Juifs de son temps ? Comment expliquer les singularités de son étonnant procès ? 31 historiens juifs de toute nationalité, dont deux femmes, répondent à ces questions, comme le montre Jacqueline Martin-Bagnaudez qui fait écho aux travaux les plus récents. Jésus a-t-il une interprétation propre de la Loi ? Dans quelle mesure répond-il aux attentes messianiques ?

Jacqueline Martin-Bagnaudez

Voici des notes de lecture à propos de l’ouvrage. Pour donner le goût d’aller plus loin…

1ére partie la toile de fond

Chercher le Jésus terrestre est illusoire dans la mesure où les sources qui le concernent n’en livrent qu’un portrait très partiel. Les historiens vont beaucoup s’appuyer sur la complexité et la diversité des conditions dans lesquelles les juifs de cette époque vivaient ; ce n’est pas tant l’histoire du personnage Jésus qui importera, que l’éclairage par la littérature rabbinique de ses comportements, de ses enseignements confrontés aux prescriptions de la Loi et les commentaires qui en sont faits.

L’apport des historiens juifs réside dans la référence à des sources confessionnelles qui leur sont particulièrement familières, alors que les historiens de culture chrétienne ont souvent ignoré la documentation d’origine juive, souvent d’un accès difficile (langue, interprétation, conservation…).

Par ailleurs la « littérature chrétienne » (le nouveau testament) est-elle historiquement utilisable, alors que nombre de textes sont écrits bien après la crucifixion (entre 70 et 100 après JC), dans un contexte de conflit avec les autorités juives ? Pour certains historiens toutefois, la cohérence observée conduit à admettre une source authentique dans sa globalité.

Mais les sources juives sont elles aussi éloignées dans le temps : la Thora, très antérieure au 1ér siècle est « fixée » canoniquement au 5éme siècle post JC (premier recueil de la thora orale avec la destruction du temps en 70) ; la Mishna, considérée comme le 1er texte rabbinique, est composée entre 70 jusqu’en 219 ; le Talmud dit de Jérusalem est achevé au milieu ou à la fin du IVème siècle et celui dit de Babylone est achevé en 499.

Les sources juives sont d’ordre normatif (suscité par les situations concrètes), ajoutant commentaires sur commentaires aux versets sacrés et n’ont pas de prétention historique.

Jésus figure dans ces textes de façon à peine perceptible ; c’est que la majorité des juifs de son temps n’a pas eu connaissance de son existence, y compris au sein des mouvements religieux et politiques de l’époque (une douzaine de mentions de sa personne et de son enseignement dans le Talmud et 3 passages explicites, mais sommaires).

La littérature profane n’est pas de grand secours hors les textes de Flavius Josèphe, historien du 1er siècle, romanisé, né quelques années après la mort de Jésus et ayant vécu à l’époque des premières générations de chrétiens ; on peut considérer qu’il a une bonne connaissance et une compréhension des affaires juives.

Ajoutons Pline le Jeune (vers 111) et tacite (vers 120), les plus anciens témoins de la religion chrétienne, s’intéressant aux comportements de ces croyants et non au personnage de Jésus lui-même.

Aucun n’a été référencé par les historiens juifs dans leur recherche.

Quelle que soit la qualité de la transmission orale, d’inévitables oublis et déformations ont altéré le message au moment où il est fixé par écrit, influencé à ce moment par le contexte. Aucun texte n’a donc pour vocation d’être une source historique, à la manière d’une chronique ou d’un recueil de documents.

De ces faits, les sources juives et chrétiennes sont marquées par leur caractère religieux, et donc apriori partisan, voire polémique.

Les écrits sont aussi marqués par 2 évènements d’importance, la destruction en 70 du temple de Jérusalem et la disparition des premiers témoins de jésus, avec la naissance du judaïsme rabbinique et la différenciation des chrétiens des juifs (et une approche antijudaïsme chez Paul notamment).

La société juive du 1er siècle dans laquelle a vécu jésus est en référence au lieu de culte qu’est le temple, marquant non seulement la vie religieuse, mais aussi sociale, économique, politique. La destruction du temple en 70 déstructure cette société.

Au premier rang, on y respecte le sabbat, les règles de pureté et le rassemblement au temple (notamment la pâque) et la pratique de la circoncision. Les dogmes étant particulièrement simples, le faire est plus visible que le croire.

Le temple, pôle fédérateur absolu, a été conçu au retour de l’exil ; d’un édifice modeste, il est grandement embelli par Hérode le grand (en 19 avant JC) et devient le seul lieu où est rendu le culte sacrificiel au Dieu d’Israël, par les prêtres des différentes sensibilités ; noter que l’arche d’alliance n’y est plus parce que détruite par Nabuchodonosor en 587 lors de la prise de Jérusalem. Après sa destruction, l’étude de la thora devient le référent (une unicité nouvelle) et le lieu de l’étude et de la prière est alors la synagogue (à l’origine simple maison pour prier et étudier ; plus tard on y aménagera une niche pour les rouleaux de la thora et on orientera la prière en direction de Jérusalem).

Etre juif, c’est alors appartenir à une religion monothéiste (Dieu a fait alliance avec son peuple, un peuple issu d’Abraham) ; l’appartenance se transmet par filiation matrilinéaire. Dieu est unique et donc le Dieu de tous les hommes, même s’il n’y a pas de prosélytisme (mais une nombreuse diaspora toutefois) ; le terme juif est donné par les non juifs et ce à partir du 2éme siècle ; les juifs se désignant comme « peuple d’Israël ».

Les non juifs intéressés par cette religion ont 2 choix :

  • celui de « craignant Dieu » : ils participent aux prières dans les synagogues, respectent les prescriptions qui s’imposent aux juifs mais ne sont pas circoncis et donc pas totalement intégrés

  • celui de prosélytes qui seront circoncis, mais modérément intégrés.

A l’intérieur existe divers courants, qui ont chacun leur propre interprétation de la loi, chacune persuadée qu’elle est la seule vérité : les pharisiens (les scribes spécialistes des textes sacrés et du droit appartiennent majoritairement à ce groupe), les esséniens, les baptistes, les saducéens (attente d’un messie prophète), les zélotes, les samaritains (considérés comme schismatiques à partir du 2éme siècle, avant comme des parias), voire les chrétiens jusqu’au début du 2éme siècle, mais la grande majorité des juifs ne se retrouvent dans aucune sensibilité. Il n’y a pas d’orthodoxie définie, mais des maitres influents au sein des différentes sensibilités et de nombreux débats, qui suscitent une dynamique de rassemblement, notamment dans les temps difficiles (rédaction de la Mishna et du Talmud)

D’autres courants sont le fait d’hommes en position sociale ou politique (notamment les zélotes et leur doctrine messianique) ; parmi ces derniers, les publicains considérés comme des collaborateurs (ils collectent les redevances dues à Rome et se servent au passage).

L’attente du messie est largement répandue, mais la notion de messie est complexe et diffère selon les sensibilités : roi descendant de David, prêtre du lignage d’Aaron, prophète à la mode de Moïse ou d’Elie, incarnation d’un personnage de nature divine ; le messianisme populaire a un caractère très matérialiste et nationaliste avec de nombreux mouvements de rébellion à caractère messianique renseignés par Flavius Joseph : an 6, celui de Judas dit le « galiléen », relayé par ses fils et les zélotes, puis Simon esclave d’Hérode qui se dit roi, Athrongés le berger, un messie prophète samaritain, plus tard Theudas « nouveau Moïse » en 44, Menahem ben Judas en 66 avec les zélotes, Simon ben Koseva en 132-135, la rébellion la plus aboutie.

Il y a un écart important de représentation entre le peuple et les élites religieuses.

Le ministère de Jésus et sa condamnation se situent dans ce contexte.

 

2éme partie : où situer Jésus ?

Parmi les pharisiens ?

La situation de conflit fréquent présentée par les évangiles, passées au tamis des sources juives, devient moins schématique.

Ces derniers, très influents, n’ont aucun rôle politique ; ils sont maitres de la loi et commentent celle-ci avec une valeur identique à la loi elle-même ; ils établissent des comportements qu’ils respectent eux-mêmes. D’un point de vue dogmatique, ils croient en la responsabilité individuelle, à la rétribution personnelle après la mort, à l’immortalité de l’âme et attendent la résurrection des défunts. Les sages appelés à reconstruire après la chute du temple sortiront de leurs rangs.

Dan Jaffé et certains de ses confrères sont persuadés que Jésus était l’un des leurs.

Jesus, un contrevenant aux observances ?

  • Guérir un jour de sabbat : pour lui une obligation rituelle doit céder devant la nécessité de faire action bonne ou de répondre à une urgence imprévue ; le talmud et la torah, concernant l’amour du prochain, ne disent pas autre chose ; de plus, le monde juif à l’époque de jésus est en pleine élaboration de ce qu’est réellement le sabbat. On ne saurait parler de transgression dans la mesure où les règles ne sont pas fixées. L’attitude de Jésus parait conforme à celle des pharisiens libéraux de son temps.

  • Les épis arrachés : en Galilée, la tradition de la loi tolère le froissement des épis (ce que Luc exprime), alors que les autres évangélistes diront épis arrachés, qualifiant cet acte de faute envers une tradition admise ici, mais pas là. D’après le Talmud on ne peut moissonner un jour de sabbat ; mais la définition du terme « moissonner », c’est utiliser un outil approprié et que le végétal ramassé soit d’une grosseur supérieure à une figue. Ce qui n’est pas le cas ici.

  • Les règles de pureté : la pratique exemplaire des pharisiens implique un strict respect des règles différenciant le pur et l’impur ; celui qui s’est rendu impur doit se purifier par des ablutions ou des offrandes sacrificielles selon la gravité du cas.

Jésus enfreint les règles de pureté en mangeant avec les publicains, en touchant les lépreux et s’affranchit de la purification des mains avant de se mettre à table.

A l’époque, c’est le lavage des mains après le repas qui est obligatoire, et non avant le repas ; ce propos ne proviendrait-il pas d’un conflit opposant dans les années 60-90 judéo-chrétiens et pharisiens ?

  • Les obligations cultuelles : Jésus les respectent scrupuleusement : repas pascal, montée au temple pour les grandes fêtes, paiement de l’impôt dû au temple (même si beaucoup de juifs de l’époque s’en dispensaient, fréquentation régulière de a synagogue) ; toutes ces pratiques, reprises par les sages du talmud, sont strictement conformes au comportement d’un pharisien.

De plus le milieu galiléen, contrairement à ce qui est souvent admis, a un niveau intellectuel largement supérieur à celui de Jérusalem, avec une érudition et une pratique religieuse très développées, un milieu dont est issu Jésus ; il donne l’image d’un sage nourri d’une culture religieuse qui le met largement au-dessus de le moyenne des juifs de son époque.

Comme les maitres pharisiens de son époque, Jésus est entouré de disciples attentifs et fidèles, qui se font les propagandistes de son enseignement.

Parler du pharisaïsme de l’époque comme sensibilité religieuse uniforme serait une erreur ; il faut parler de pharisaïsmes, tant sont diversifiées la réflexion et la pratique enseignées par les différents maitres ; les historiens y voient non un signe de décomposition de la vie religieuse, mais un signe d’extrême vitalité.

Les plus influents, du moins les mieux documentés, sont Hillel l’Ancien et Shammaï, de peu antérieurs à époque de Jésus, mais demeurés très influents.

Hillel l’Ancien résume son commandement dans « aimez son prochain comme soi-même » ; il est indulgent envers les juifs marginaux ou séparés ; bien que strict sur les règles de pureté, il se montre accueillant pour les non juifs. Ses disciples s’accommodent de la situation politique, se positionnant comme pacifistes.

Shammaï est par contre adepte de l’observance rigoureuse : respect strict du sabbat, hostile à tout non-juif ; ses disciples, recrutés dans les classes aisées, sont proches des saducéens. Ils sont bellicistes face à l’occupant romain.

La notoriété et l’indépendance dont fait montre Jésus en fait une 3éme autorité, parmi les pharisiens : il est le représentant d’un courant libéral désirant démocratiser et populariser l’enseignement de la loi afin de la rendre accessible à une majorité de juifs, leur permettant de s’approcher davantage du divin.

Les pharisiens sont des personnalités de grand savoir qui n’hésitent pas à mettre en commun le résultat de leurs interrogations et pratiquent la pédagogie des questions/réponses, ce que fait Jésus.

Cf le texte d’évangile sur le roi préparant un banquet, où les invités se refusent à venir, ou encore celui de vierges folles et sages, que l’on retrouve dans le banquet décrit par Ben Zakkai.

Nombre d’enseignements de Jésus sont basés sur des commentaires interprétatifs des textes canoniques comme le font les sages du Talmud ; même proximité quand Jésus montre une certaine liberté dans son interprétation de la loi. Enfin Jésus ne débat pas avec ses contradicteurs autrement que selon la casuistique utilisés par ceux-ci.

De nombreux concepts sont utilisés par Jésus et la littérature talmudique ; le royaume des cieux, le pardon, le repentir, la résurrection des morts.

Alors pourquoi Jésus invective-t-il les pharisiens ?

Différents courants du pharisaïsme travaillent à élaborer la thora orale chacun à leur manière ; on s’invective ; on se traite d’hypocrite, une accusation qui figure aussi dans le Talmud. Jésus ne serait donc pas le seul à être en désaccord avec ses confrères.

Le meilleur exemple de ce dérapage est dans Matthieu qui s’adresse à une communauté de judéo-chrétiens, époque où ceux-ci se différencient de la communauté juive, laquelle est amenée à les exclure du fait que les chrétiens ne veulent pas prononcer la Birkat ba-minim, les 18 malédictions élaborées par les sages vers 90-100 à l’encontre des juifs déviants ; c’est aussi une époque marquée par le développement des communautés pagano-chrétiennes et pas la déconsidération des juifs en révolte contre l’autorité en place (les chrétiens considérés rebelles par l’autorité romaine, risquant d’être confondus avec les juifs dont ils sont issus) ; car les juifs des années 70 sont des pharisiens, les seuls continuateurs et héritiers du judaïsme du second temple.

Par ailleurs, dans le même temps, les accusations proférées par Jésus se retrouvent dans la littérature talmudique critiquant certains pharisiens (prêcher une chose et en pratiquer une autre, arrogance et conduite ostentatoire, orgueil).

Toutefois, Jésus se différencie du pharisaïsme

Les maîtres pharisiens visent avant avant tout l’interprétation de la Loi reçue de Moïse (portant sur des aspects concrets, matériels de la vie quotidienne des juifs, faisant en sorte que le respect des prescriptions passe devant les commandements bibliques); chez Jésus cette priorité n’est que seconde (il entend alléger la pratique, ce qui l’amène à relativiser la Loi), derrière l’annonce de la proximité de l’avènement du Royaume de Dieu, un nouveau commencement en regard de « l’Israël éternel » ; seule importe la vie future, l’avènement du royaume messianique. Cette proclamation classe radicalement Jésus en dehors du judaïsme.

Jésus différencie dans les prescriptions de la Loi, celles qui expriment la volonté de Dieu et les autres ; il distingue les lois éthiques (importantes) des lois rituelles ; l’autorité de l’Ecriture est supérieure à l’autorité des maîtres ; enfin l’avènement proche du Royaume de Dieu ne nécessite pas ce travail/débat sur l’interprétation de la loi, mais la tension vers ce Royaume (discours sur la montagne).

Pour les pharisiens, la morale n’a pas en soi de valeur rédemptrice, alors que Jésus s’adresse à l’individu dans l’intime de sa conduite et de sa conscience ; il évalue le comportement de l’homme par rapport à l’autre, alors que les pharisiens se situent par rapport à l’intérêt de la collectivité et de l’état. Ajoutons que Jésus n’est probablement pas marié, ce qui est en contradiction flagrante avec le devoir social et religieux de procréer qui s’impose à tout juif.

En conclusion, un grand nombre d’historiens juifs situe Jésus dans la sensibilité religieuse du pharisaïsme. Les conflits recensés par les évangiles doivent aussi être lus au contexte historique de leur écriture. Les pharisiens apparaissent comme le faire valoir des enseignements de Jésus, formant la toile de fond sur laquelle se détache la nouveauté de son message.

Avec les Hassidim

Ce sont des juifs pieux, des personnalités individuelles, dans la mouvance des pharisiens (entre le 1er siècle avant JC et le 2éme siècle après JC) ; Ils règlent leur comportement selon leur propre interprétation individuelle de la Thora et donnent plus d’importance à la pratique religieuse, à la prière, à la bienveillance envers leur contemporains, plus qu’à l’étude de la Loi. Ils justifient leur liberté de comportement en tant que fils de Dieu, familier de sa maison.

Ils ne sont « visibles » que dans le talmud (où certains sont considérés comme des modèles de sainteté), pas dans la littérature juive profane, ni les évangiles.

Ils partagent quelques traits communs avec Jésus : issus de Galilée, personnages très charismatiques, très écoutés par d’importants auditoires, une présence inhabituelle et nombreuse de femmes dans leur environnement, pratique des bonnes œuvres, vie dans la pauvreté.

Hanina ben Dosa, quasi contemporain de Jésus vit pauvrement, guérit par la prière (même à distance), en véritable intimité avec Dieu.

Jésus agit à la manière des Hassidim : vie pieuse, compatissant envers tous, fréquente des hommes issus de toutes les catégories de la société, prêche le pardon, une véritable de relation avec Dieu à qui ils parlent avec simplicité et hardiesse (Dieu est leur père, avec qui ils sont en confiance mais peuvent parler avec Lui pied à pied) ; s’adresser à son Père, n’est donc pas le seul fait de Jésus à cette époque.

Pour Jésus, à la différence des Hassidim, c’est l’action qui permet d’accéder au Royaume de Dieu. Il s’intéresse à l’esprit de la Loi, alors que les Hasidim n’en sont pas totalement affranchis ; ils y sont immergés.

Par contre, le comportement de Jésus se rapproche de celui des Hassidim : la relation aux biens de ce monde (pratique personnelle du détachement de l’argent, ce qui n’est pas essentiel pour les autres pharisiens) et l’accomplissement de miracles et d’exorcismes (que l’on accepte facilement dans mes cultures juive et gréco-romaine) ; le miracle est reconnu quand il est le résultat de l’intervention d’un homme dont la prière a un pouvoir exceptionnel ; toutefois Jésus commande directement aux éléments, sans passer par la prière.

Proches dans leur action de faiseurs de miracles, les Hassidim comme Jésus encourent la méfiance des pharisiens ; leurs signes ne sont pas reçus comme témoignage d’une vérité.

Avec les Baptistes

Ce sont plusieurs mouvances religieuses sans réelle unité entre elles ayant en commun la pratique de rituels de purification : inciter les personnes à se purifier personnellement de leurs fautes à travers des rites d’immersion dans l’eau courante.

Cf l’enthousiasme des foules décrit par Flavius Josèphe en direction de Jean-Baptiste ; ce dernier, tout rempli de l’attente de la venue imminente du Royaume de Dieu, s’adresse à toute personne et pas seulement aux juifs, incite au repentir immédiat, les exhorte à écarter toute malhonnêteté, et encourage à se montrer charitables les uns envers les autres. Considéré comme un prophète selon la tradition prophétique juive ; il se distingue des esséniens par un baptême de conversion et non de purification rituelle.

On peut supposer que Jésus aurait rejoint ce mouvement (Jean-Baptiste avait à sa suite des disciples), avant de s’en détacher, entrainant à sa suite des disciples de Jean-Baptiste (au moment où celui-ci est condamné), sans qu’il y ait concurrence ni conflit entre les 2 maîtres, et reprenant la suite de l’enseignement de Jean-Baptiste. Les historiens penchent pour une forte influence de Jean-Baptiste, sans que Jésus ait été son disciple

Jean-Baptiste aurait été exécuté selon Flavius Josèphe par crainte des troubles populaires suscités par cet exalté, tandis que les évangiles l’expliquent par les reproches insupportables sur la vie dissolue d’Hérode. Quant à la parenté entre Jésus et Jean-Baptiste, seules les évangiles en parlent.

Ressemblances et différences entre Jésus et Jean-Baptiste

Comme Jean-Baptiste, Jésus insiste sur la conversion personnelle devant l’imminence du Royaume; comme lui, Jésus se retire au désert avant son ministère. Mais Jean-Baptiste enseignait un Dieu de colère, Jésus un Dieu d’amour ; Jean-Baptiste prône l’ascétisme, Jésus non, mais le détachement des biens. Jean-Baptiste fait venir à lui les populations, alors que Jésus va au-devant d’elles dans des lieux de vie. Jésus ne baptise pas, la conversion intérieure se passant d’un rituel. Jésus accomplit de nombreux miracles, Jean-Baptiste aucun. Pour Jésus, le Royaume de Dieu est présent, et n’est plus à attendre, alors que chez Jean-Baptiste il est imminent.

Dans la proximité des esséniens ?

Flavius Josèphe, Pline l’Ancien, Pilon d’Alexandrie et les Pères de l’Eglise considèrent les esséniens comme une population étrange : vie en communauté d’hommes célibataires, attachés à des rites de pureté minutieux et contraignants, vie ascétique et pauvre à l’écart du monde, en fait une secte fort méconnue ; ils font sécession, convaincus qu’ils sont le petit reste authentique du vrai Israël, fidèles à l’alliance. Une figure décrite par Flavius Josèphe, Bannos.

Jean et Jésus partagent avec les esséniens la même espérance messianique ; les premières communautés chrétiennes vivent une même pratique de vie communautaire ; Jésus mettrait ses pas dans le serviteur souffrant de Qumram ; enfin le frère de Jésus Jacques aurait été essénien.

Jésus n’est toutefois pas en phase avec les esséniens : il est un homme libre de tout cadre constitué, alors que chez les esséniens existe une stricte hiérarchie ; son mode de vie n’est pas ascétique ; il ne vit pas en communauté fermée ; il enseigne la résurrection des corps, les esséniens celui de l’âme seulement ; enfin son comportement envers les règles de pureté est à l’opposé des esséniens.

Jésus, un messie, un prophète ?

Ces deux qualificatifs désignent un envoyé de Dieu, chargé d’une mission particulière.

Le prophète est volontiers moralisateur, accusateur et redresseur de conduites blâmables ; les sages succéderont aux prophètes. Les juifs du 1er siècle attendent le retour d’un prophète ; Elie n’est pas mort puisqu’enlevé au ciel ; on attend son retour, annonciateur du « jour » où le Seigneur jugera le monde.

Le Messie est l’oint de Dieu, restaurateur de l’ordre ancien ou d’un ordre nouveau, il sera de la lignée de David ou d’Aaron ; fin de ce monde ou fin du monde ? Mais de toute façon un libérateur ; les uns et les autres, s’ils attendent le messie ou un messie, ont des représentations et des attentes différentes dans un contexte de soumission à Rome.

Ces 2 concepts jouent un rôle important dans le procès de Jésus.

Selon Dan Jaffé, le messianisme juif, en grand développement, plonge ses racines bien avant dans la littérature apocalyptique, notamment le livre de Daniel ; il ne concerne pas un lointain futur, mais une espérance, une fin des temps proche où le peuple d’Israël a son rôle à jouer.

Selon Dan Jaffé toujours, l’apocalypse est la transmission d’une révélation divine par un être surnaturel qui interprète les réalités du monde présent en vue du salut eschatologique ; une approche, très répandue dans les milieux populaires, qui alimente les espoirs messianiques. Cette approche est commune à toutes les sensibilités religieuses du temps de Jésus, quoique souvent réfutée (et refusée par les saducéens).

Depuis Jésus jusqu’en 135 de l’ère romaine toutes les révoltes messianiques ont échoué.

Le Jésus historique se présente-t-il sous la qualité de messie ou lui a-t-on attribué ?

Si les évangiles lui attribue souvent le titre de messie ou prophète, Jésus se présente plutôt sous la dénomination «  fils de l’homme ». De fait à l’époque c’est le peuple qui dans un 1er temps attribue l’appellation de messie, en second temps, la personne concernée se nommant comme telle.

En ce qui concerne les historiens, il n’y a pas d‘accord ; les évangiles le qualifie aussi de « Fils de David » ; le jour des rameaux, le peuple fait bien sur référence au messie libérateur du joug romain ; mais Jésus s’enfuit pour que l’exaltation de la foule ne le fasse pas roi ; Jésus récusera ces titres notamment devant Pilate. Jésus serait donc un messie prétendu.

Le discours sur la montagne recommandant un comportement plus éthique, que recommande aussi le Talmud, n’est pas le renouvellement qu’attend le peuple. Ceci étant, les thèmes essentiels de la prédication de Jésus sont focalisés autour de l’avènement du royaume, de la rédemption arrivée.

Par ailleurs, selon Eyal Regev, les traditions chrétiennes les plus anciennes n’attribuent pas de caractères messianiques à Jésus.

Ainsi les historiens juifs sont-ils divisés sur le fait que Jésus se percevait ou non comme messie.

Jésus, un prophète ?

Jésus en adopte tous les traits : c’est aux juifs qu’il s’adresse : il insiste sur leurs comportements fautifs, et leur annonce un châtiment s’ils n’y renoncent pas ; sa mission est de les inciter à corriger leurs erreurs avant que n’advienne un monde nouveau, dont l’arrivée est imminente ; il fait appel aux prophètes anciens ; son comportement envers les pauvres et les petits est typique des prophètes, de même que la notion de services et de sacrifice pour la multitude ; comme les autres prophètes, il se heurte à la non reconnaissance.

Reste toujours la question de savoir si l’écriture des évangiles n’est pas à l’origine des termes de messie ou et de prophète appliqués à Jésus.

Alors Jésus, un inclassable ?

Jésus serait simplement un maître spirituel, tel que d’ailleurs la source Q et Marc le décrivent : un maître de sagesse enseignant à ses disciples la meilleure façon de vivre au quotidien.

Mais un maître extérieur au judaïsme, puisqu’il ne se réfère à aucun autorité (celle d’autres maîtres pharisiens) ; son enseignement ne pouvait alors s’inscrire en continuité dans le judaïsme.

Finalement pour nombre d’historiens juifs, Jésus est une figure « sui generis ».

Expliquer la condamnation de Jésus

Une matière épineuse

La résurrection n’est en rien un fait historique, mais elle relève de la théologie et de la foi ; c’est pourtant un des éléments essentiels de fracture entre juifs et chrétiens. Alors qui est responsable de la condamnation de Jésus, point qui intéresse particulièrement les historiens juifs ? L’objectivité est-elle possible ? L’insuffisance des sources sur l’évènement, sur les institutions et les hommes en cause ouvre la porte à bien des extrapolations.

Exceptionnelle est la recherche de Elias Joseph Bickerman qui entre dans la structure juridique du procès de jésus en confrontant les données des 4 évangiles, avec les données philologiques et juridiques de ce temps, et les commentaires issus du christianisme primitif et de la patrologie.

La seule source directe sont les 4 évangiles, avec des récits détaillés, circonstanciés et développés, mais quelques fois contradictoires et « orientés » dans la mesure où ils conduisent à la résurrection.

D’autres sources ? Le testamonium Flavianum rapporte une condamnation de Jésus par Pilate sur dénonciation des juifs.

Les écrivains romains ne font que mention d’une condamnation au supplice de la croix, sujet d’étonnement quand ils constatent qu’un individu, ayant eu une fin si peu glorieuse, ait encore des partisans : dans les Annales, Tacite et par ailleurs Pline le jeune, Suétone, et plus tard le grec Lucien de Samosate et le latin Celse.

Les historiens juifs disposent d’une autre grille de lecture, en recourant à la confrontation de la procédure (les données juridiques transmises dans le Talmud) avec les 4 évangiles :

  • ainsi Geza Vermes conteste la rédaction des évangiles relative à la comparution devant le sanhédrin et la condamnation de Jésus à mort : la Misna exige l’unanimité des témoins entendus individuellement pour prononcer une telle sentence, ce qui n’est pas le cas dans les évangiles.

  • Ou encore Haïm D. Mantel qui juge irrecevable les chefs d’accusation selon le Talmud.

Les chefs d’accusation : le point de vue romain

L’autorité politique a pour tâche de maintenir l’ordre ; une responsabilité sensible au moment des célébrations religieuses où des juifs de tout horizon se rassemblent, auditoire disponible à tout fauteur de trouble. A ceux qui troublent l’ordre public, et selon l’ordre romain, quel que soit la nature de la subversion, la condamnation est la crucifixion.

Pilate a aussi la responsabilité de faire respecter les lieux de culte (reconnu comme sacré ; sa destruction et reconnue comme un crime), les tombes et des dispositions spéciales, privilèges reconnus de facto.

Pilate au moment de ces grandes fêtes quitte Césarée pour Jérusalem, afin de prévenir tout mouvement de contestation.

Des déclarations de Jésus, 2 chefs d’accusation touchent son domaine :

  • Les propos de Jésus sur la destruction du temple, un sacrilège, d’autant plus important que Pilate intervient dans la nomination du grand prêtre et qu’un sacrifice quotidien est offert au temps en l’honneur de l’empereur ? Ce propos manifeste un affabulateur dangereux, susceptible de troubler l’ordre public

Jésus a-t-il prononcé ces mots sacrilèges ? Eyal Regev en doute (le temple ne sera détruit qu’en 70, époque où sont écrits certains des évangiles), mais est persuadé que cette charge a été retenue contre Jésus.

  • Jésus est accusé de pendre le pouvoir à travers le temple, par les hiérarques juifs, une prise de pouvoir qui le place en conflit direct avec Pilate.

Un fait illustre : Jésus chassant les marchands du temple ; aux yeux de Pilate, il s’attaque aux cadres de la société juive dont l’aristocratie est considérée comme alliée des romains ; Pilate a un devoir de protection de ces édiles.

Autre fait encore, Jésus et l’impôt ; si les évangiles expriment qu’il faille s’en acquitter, les hiérarques juifs accuseront Jésus du refus de le payer.

Et puis, un messie voire roi des juifs, ou prétendu messie, c’est un trouble annoncé à l’ordre public, parce qu’il est suivi par tout un nombre de partisans ; le grand prêtre se devait de livrer Jésus aux autorités romaines.

Pilate inscrit sur le titulus (panneau qui explique pourquoi cette condamnation) comme chef d’accusation « roi des juifs » ou séditieux politique en révolte contre l’autorité, la seule accusation qu’il retient ; une accusation qui s’appuie sur la foule qui voulait faire roi Jésus.

Les chefs d’accusation du point de vue juif : rien ne condamne Jésus à la mort

La littérature évangélique fait des juifs les principaux responsables de l’arrestation et de la condamnation à mort de Jésus, ceux relatifs aux romains venant en second lieu. Jésus mettrait en cause la légitimité du culte à travers son attitude envers le temple ; il serait un faux messie et prophète et donc un blasphémateur, un ferment de destruction de la judéité. Les historiens juifs démontent chacun de ces chefs d’accusation.

Par ailleurs, les saducéens, souvent en conflit avec les pharisiens, groupe peu nombreux, mais très influents, alliés des autorités politiques, ardents défenseurs du temple dont les bénéfices matériels leur reviennent, seraient-ils les vrais responsables de l’arrestation de Jésus ? Ils disparaissent en 70, alors inutiles pour les autorités romaines, et sans doute aussi parce que dépourvus de convictions religieuses ancrées.

Jésus et les marchands du temple :

Hors les ventes de marchandises pour le culte, le temple est aussi le lieu où l’on reçoit la dime, où bien d’autres activités économiques sont exercées (orfèvrerie, fabrication d’instrument de musique, forgerons…) et font partie du fonctionnement habituel, approuvé par les autorités religieuses. Jésus dans cet acte se pose comme rebelle au fonctionnement du temple et aux autorités religieuses, ce qui contribuera à son arrestation.

Jésus n’est pas opposé au temple en lui-même ; prophète messianique, il veut y établir un ordre intègre, ce qui bouscule la caste sacerdotale, qui en retour accuse Jésus.

L’annonce de la fin du temple, est-ce une infraction religieuse pour les juifs de l’époque ?

Selon la Mishna et Haïm D. Mantel c’est un faux chef d’accusation ; à l’époque, on parlait aussi du temple céleste, une notion spirituelle ; d’autres prophètes ont aussi prophétisé la destruction du temple. Les plus en phase avec cette accusation sont les saducéens.

Jésus condamné pour blasphème (outrage au divin)?

Un certain nombre de chercheurs pensent qu’une profession de foi messianique n’est en rien blasphématoire dans la société juive de l’époque de Jésus. Plutôt que de parler de blasphème il faudrait parler d’outrage ; en référence d’ailleurs les critères du blasphème selon la Mishna montrent que les propos de Jésus n’ont aucun caractère de blasphème.

Se dire Fils de Dieu, apparait à l’époque comme une appellation neutre.

Se dire messie : après Jésus, plusieurs messies sont apparus ; s’ils ont tous été combattus et leur mouvements réduits pat l’autorité romaine, aucun n’a fait l’objet d’un procès devant le sanhédrin, aucun n’a relevé de lois pénales juives selon lesquelles ils auraient mérité la mort.

Par contre, l’accusation porte sur le mensonge, le fait d’un faux prophétisme, ce que le Talmud de Jérusalem dit de Jésus (texte postérieur à la chute du temple) ; ceci étant, ce chef d’inculpation n’est pas assez grave pour entrainer la mort.

Les procédures

Faire arrêter toute personne condamnable et fauteur de trouble est un devoir incombant naturellement au grand prêtre, lequel est comptable au nom du peuple juif des intérêts de Rome.

Mais les choses se déroulent de façon suffisamment inhabituelle pour qu’il soit possible d’y voir la main des romains (arrestation de nuit, sur dénonciation, à la veille de la célébration de pâques) ; sans doute y a-t-il eu une sorte de complot autour de cette arrestation : comment expliquer que le grand prêtre ait déjà réunit chez lui de nuit les membres influents du sanhédrin !, si Jésus est arrêté pour des motifs religieux, pourquoi l’est-il par une patrouille romaine ? A contrario, une arrestation par les gardes du temple ne se justifie pas si les motifs sont politiques.

Le sanhédrin est une assemblée présidée par le grand prêtre, constitué par les groupes influents de la société juive (les anciens les prêtres, les scribes) ; le grand prêtre est à cette époque un saducéen, nommé chaque année par l’autorité romaine, en situation de grande instabilité parce qu’aux mains du gouverneur.

En matière de condamnation à mort (il s’agit alors de lapidation), le sanhédrin est limité aux infractions religieuses et aux adultères ; en cas de litige, le juifs doivent s’en référer aux tribunaux romains qui tranchent en dernier ressort.

Noter que dans aucun des évangiles relatifs à la condamnation, on ne parle des pharisiens ; leur absence est étrange notamment si Jésus est l’un des leurs ; on ne parle que des saducéens.

Le grand prêtre interroge Jésus pour corroborer les accusations portées contre lui, ce qui est contraire à ce que définit le traité Sanhédrin de la législation juive ; obtenir des aveux pour inculper un accusé est un procédé typique du droit romain ; cet interrogatoire est copie conforme des interrogatoires auxquels étaient soumis les chrétiens à l’époque de la rédaction des évangiles.

Pour le spécialiste de l’histoire du sanhédrin Haïm D ? Mantel la comparution de Jésus est impossible puisqu’il n’est coupable d’aucun des chefs d’accusation que cette juridiction est habilitée à juger.

Le rôle des témoins

Pour condamner dit la Mishna, la faute doit être attestée par 2 témoins, entendus séparément et parfaitement concordants ; à la suite de quoi, les juges votent individuellement. Que disent les évangiles : des témoins en désaccord, des assistants qui interviennent en cours d’interrogatoire.

Le jugement selon Marc et Elias Joseph Brickerman est une condamnation passible de mort (la condamnation définitive étant du ressort des romains) et non une condamnation à mort.

Le sanhédrin avait la possibilité des faire flageller Jésus, ce qui est souvent appliqué, sans en référer aux autorités romaines

Et si le sanhédrin n’avait joué aucun rôle (puisqu’aucune accusation en direction du religieux ne tenait), version de quelques historiens !

Le transfert à Pilate

Il est conforme à la législation, d’autant que l’accusation de fauteur de trouble est le fait de l’autorité romaine.

Le procurateur est obligé en droit de reprendre les choses à zéro, sachant qu’une instance ne peut être introduite que par un dénonciateur.

La 1ere étape consiste à interroger le prévenu sur ce dont il est accusé, un aveu de sa part donnant acceptation de la qualification donnée à la faute, d’où l’interrogatoire serré à propos de sa qualité de roi des juifs, à laquelle Jésus ne répond pas. Pilate tente de faire que les accusateurs renoncent à leur action ; devant leur refus, s’ouvre la séance solennelle, ou les accusateurs se situent dans le champ politique.

Quelques éléments étranges :

  • la bienveillance de Pilate, guère explicable en direction d’un séditieux, contraire à ce que l’histoire sait de la personnalité de ce procurateur.

  • le fait que Pilate se lave les mains est une pratique impensable pour un magistrat romain ; elle est une pratique juive

  • on ne retrouve pas dans les évangiles les éléments constitutifs d’un procès romain

Pour les historiens juifs, la réalité a été dévoyée ; ce sont les romains qui ont organisé la condamnation et voulu la mort…Une écriture des faits dans le contexte des années 70 où il valait mieux pour les chrétiens se concilier les autorités romaines et accuser les juifs avec qui les conflits étaient marquants.

Les toutes premières autorités chrétiennes selon Salomon Zeitlin n’ont pas accusé le peuple juif de la mort de Jésus.

Prise de notes par André Letowski

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