Des agents de sécurité, la plupart réticents, sont en stage obligatoire sur la communication. Je suis leur formatrice et accueille leur colère. La confiance s’installe. À partir de photos, chacun parle de ses valeurs. Un grand gaillard prend l’image d’une femme hospitalisée et de ses visiteurs. Il évoque la qualité de présence offerte à un collègue malade. Des larmes perlent à ses yeux. Le groupe accueille en silence. L’enchaînement se fait tout simplement sur l’inutilité des techniques de communication sans intention d’écoute vraie.

À la pause, une représentante des ressources humaines venue observer la formation m’apostrophe : « Qu’est-ce que vous faites ? L’émotion n’a pas sa place en entreprise ! ». Je lui rétorque : « Pas d’émotions au travail ? Vous savez, un agent de sécurité qui n’aurait pas peur, moi j’en aurais peur ». L’effet de surprise passé, j’essaie d’accueillir ses craintes et sa manière de voir le « comment garder son sang froid ». Je parle aussi de mes découvertes dans ce sens : « Du rôle d’alarme des émotions dans la gestion de nos besoins et de leurs manifestations pour une meilleure attention à soi-même et aux autres ». Mais ma gestionnaire des ressources humaines n’en démord pas : « gérer ses émotions, c’est mettre un couvercle dessus, surtout pour des professionnels ».

Vous l’avez compris : les agents de sécurité qui passent leur vie à vérifier que les signaux d’alerte incendie ne sont pas obstrués, doivent savoir mettre un couvercle sur leurs émotions et les laisser au vestiaire… Et vous, qu’auriez-vous dit ?

Alexandra

Billet du dimanche 26 novembre 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *