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Tout simplement…

L’autre jour, en lisant Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, un journal d’une grande profondeur spirituelle que cette juive hollandaise a tenu pendant la Seconde Guerre mondiale, je suis tombé sur cette phrase : « Seigneur, rends moi un peu plus simple. »

Se contenter de peu, vivre sa vie modestement, au jour le jour. C’est beau, et cela rejoint l’invitation du Christ à renoncer à la richesse et à la gloire pour le suivre. Mais pour être honnête, cette phrase me gêne. Car au fond ce qui m’anime en grande partie, ce sont bien ces projets et désirs de réalisations personnelles. Quoi, tous mes rêves d’accomplissement professionnel et artistique, toutes mes envies de maison, de caméra et d’ordinateur, il faudrait y renoncer ? Comment se réaliser pleinement sans réaliser ses propres rêves ? Avons-nous vraiment tous vocation à nous donner entièrement à Dieu et aux autres, jusqu’à un effacement complet de notre personne ?

Peut-être que cette simplicité, au sens d’humilité, nous permet justement de nous libérer de nos angoisses de réalisation personnelle. Elle nous ramène à la fois au temps présent et aux œuvres importantes et belles : celles qui touchent à l’universel, à l’humain, à la vie, et non pas seulement à notre petite personne. Ainsi le critère de simplicité me paraît moins résider dans un certain capital économique et un capital de reconnaissance sociale à ne pas dépasser, que dans la nature désintéressée de notre rapport aux autres et à la vie matérielle. Tout simplement…

Tristan de La Selle

Billet du dimanche 4 février 2018

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