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Dis-moi comment tu t’appelles

Dans le métro, des affiches annoncent le prochain retour sur scène du chorégraphe Benjamin Millepied. Son nom a déjà valu à l’ex-directeur de la Danse bien des taquineries. Mais l’un de ses illustres prédécesseurs ne s’appelait-il pas déjà Marius Petipa ? Les exemples abondent de ces noms prédestinés que les linguistes appellent des aptonymes. Nul besoin d’être lecteur assidu de L’Equipe pour deviner en Jérémy Pied un footballeur, en Arnaud Demare un redoutable sprinter ou en Mickaël Gelabale un basketteur accompli. L’incontournable contre-exemple venant de Pierre Plouffe, champion du monde de ski nautique !

Mais si l’aptonymie prête à sourire, elle est bien plus qu’une aimable curiosité linguistique. On sait qu’à l’origine, les noms de famille sont des aptonymes liés au caractère ou au physique, à la résidence ou au métier. Dans la Bible déjà, le nom est le révélateur de la personnalité. Dieu n’hésite d’ailleurs pas à le changer pour signifier à ceux qu’il appelle leur vocation nouvelle. Simon, fils de Jonas, deviendra Pierre (« sur cette pierre.… »), Saul de Tarse,  «  l’avorton de Dieu », choisira le surnom latin de Paul qui veut dire ‘petit ou faible’.

Aptonyme ou pas, notre nom orienterait-il consciemment ou non nos choix de vie ? Difficile de le penser sérieusement, surtout en ce dimanche de Pâques où le Christ ressuscité nous appelle à devenir libres et créateurs, à nous affranchir de toutes nos servitudes, même patronymiques !

Michel Lahaie

Billet du dimanche de Pâques 2018

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