Le Sueur, Eustache 1617–1655. ©fc

La bonne part, c’est le Seigneur communiqué dans sa parole qui rend libre de sa liberté à Lui.

Dimanche 21 juillet 2019

PREMIÈRE LECTURE  (Gn 18, 1-10a)
« Mon seigneur, ne passe pas sans t’arrêter
près de ton serviteur »
PSAUME  (Ps 14 (15), 2-3a, 3bc-4ab, 4d-5)
Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
DEUXIÈME LECTURE  (Col 1, 24-28)
« Le mystère qui était caché depuis toujours
mais qui maintenant a été manifesté »
ÉVANGILE  (Lc 10, 38-42)
« Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part »

Commentaire des deux textes du jour

Nous avons choisi -vous l’avez remarqué – de faire entendre les deux textes l’un après l’autre, sans pause ni commentaire entre les deux: pour nous, lors de la préparation de cette liturgie de la parole, a surgi une question :  pourquoi, aujourd’hui, cet évangile de Marthe et Marie est-il placé après le texte de la Genèse dans lequel Abraham reçoit la visite de messagers ? Ce n’est pas fortuit, n’y a -t-il pas à rechercher une relation ?

1/ Au-delà des époques et des langues différentes, on note des similitudes entre les 2 textes :

  • il s’agit d’hospitalité, donc de mettre à l’aise des hôtes en leur offrant ce que l’on a de meilleur à manger et à boire, en préparant un repas. Et si Jésus semble « attendu », sans doute invité  par Marthe, l’arrivée de ses hôtes n’est pas tout à fait prévue par Abraham. Certes, le verset 1 du texte de la Genèse dit  simplement « Dieu apparut à Abraham » et juste un peu plus loin « il [Abraham] leva les yeux et vit trois hommes ».
  • Les lieux sont précisés : si le village où va Jésus est près de Jérusalem (où il était précédemment), le chêne de Mambré est à Hébron. Depuis le chapitre 13 de la Genèse, quittant l’Egypte (où Abraham était allé à cause d’une famine et dont il a été chassé par Pharaon), « Abraham démonta sa tente et vint habiter dans la plaine de Mambré, qui est à Hébron, et il y construisit un autel pour le Seigneur. »
  • Le décor ? Il est sobre pour Marthe et Marie : un village (on suppose par l’évangile de Jean que Marthe, Marie et Lazare vivent à Béthanie) et présente une scène, avec un aspect pictural. (Elle est d’ailleurs représentée en tableau)

2/ A un niveau plus profond, on peut entendre des échos plus forts entre ces 2 textes, comme des symétries entre les postures et les attitudes, et l’élan du cœur. La Genèse plante un décor, une tente, un chêne (pour l’ombre), « à l’heure la plus chaude », y met une personne, Abraham, assis devant sa tente, au repos. [Quand on est né dans ces régions et que l’on est habitué à ce climat, la chaleur et l’heure peuvent favoriser un état de suspens, de vide paisible] Comme en méditation ?  Abraham se tient ouvert à l’imprévu et lorsqu’il voit arriver trois hommes (en hébreu « anashim »), tout s’anime et devient un grand moment de vie, comme dans un petit film ultra rapide, en accéléré : «  Dès qu’il les voit, il court  à leur rencontre depuis l’entrée de sa tente où il est assis et…

il se prosterne à terre. » Comme Marie est assise aux pieds du Seigneur

  • Et il retient ses hôtes en leur proposant de « reprendre des forces avant d’aller plus loin ». « Il se hâte d’aller trouver Sara » qui va préparer des galettes, « il court » du troupeau où il prend le veau gras, à l’autre troupeau pour le lait et le fromage blanc…

« il court…  il court,..  il demande de… ». Comme Marthe, accaparée par les nombreuses occupations du service ….

  • Et quand tout est apporté devant ses hôtes, il se tient debout près d’eux, sous l’arbre, et là, il écoute, il répond à leurs questions et reçoit du Seigneur un parole d’alliance à savoir, à nouveau la promesse d’une naissance pour l’année suivante. Comme Marthe écoute finalement ce que Jésus lui dit, comme Marie, depuis l’arrivée de Jésus

Abraham emprunte à la fois à Marthe et à Marie :  il accueille ses hôtes du mieux qu’il peut, il accomplit tous les actes de l’hospitalité matérielle, mais reste disponible à l’écoute et même au dialogue. Plus encore : son élan pour servir les autres rend plus intenses son écoute de la parole et sa rencontre avec son Seigneur.

« Une seule chose est nécessaire » dit Jésus : Abraham nous le montre, c’est recevoir la parole, et pour cela, il est bon de
-préparer l’accueil de celui ou de celles et ceux qui apportent la parole,
-se préparer soi-même, préparer son coeur en se mettant en disponibilité, en ouverture, en attente active.
Loin d’être opposées, ces « deux » manières d’être en sont « une » seule : à nous de chercher cet équilibre, de chercher à le vivre.

Céline Dumont

Marthe et Marie

Le texte de l’Évangile selon Luc que nous venons d’entendre est situé entre la parabole du bon Samaritain et l’enseignement du Notre Père. Nous pourrons nous en souvenir tout à l’heure. Il nous parle d’accueil, de réception, d’hospitalité, et insiste sur la place qu’y tient l’écoute. L’accueil du prochain, l’accueil du Seigneur. Toujours indissociable : En recevant n’importe quel homme, a fortiori s’il est visiblement dans la détresse, ou en refusant de le recevoir, c’est Jésus que nous accueillons ou que nous rejetons.

Ce rôle de l’écoute dans l’accueil peut se résumer ainsi : la vraie réception suppose l’écoute, donc le calme, la disponibilité, le silence. Car l’accueil est avant tout le moment où une réponse est donnée à une parole ; et aussi, si l’on veut bien, à la Parole. Luc met en scène Marthe, qui reçoit le Seigneur, et Marie. Une incompréhension survient entre les deux sœurs sur la matérialité du geste de l’accueil. Marthe n’accepte pas que sa sœur ne participe pas au service avec elle. Elle a le sentiment d’être obligée de rester à l’écart.

Que peut nous dire ce texte aujourd’hui ? Voici quelques propositions. D’abord, Jésus ne se laisse pas récupérer au gré des intérêts de ses interlocuteurs, de nos chicayas. Il veut nous aider à changer de perspectives, à procéder à un retournement, à sortir de nos egos pour adopter le regard du Seigneur. Il nous dit ensuite que recevoir est un geste complexe. On pourrait être tenté de le scinder entre une part active et une part passive. En Marie apparaîtrait l’aspect passif de l’accueil. Mais est-ce réellement faire preuve de passivité que d’écouter ? Luc nous montre d’ailleurs l’écoute de la parole du Seigneur moins comme une dépendance de Marie vis-à-vis du Seigneur que comme une union entre elle et Lui. Sans que l’on puisse savoir qui est à l’origine de cette union, celui qui parle avec autorité ou celle qui écoute avec docilité.

Autre enseignement que l’on peut trouver dans ce texte : Jésus ne reprend pas Marthe sur ce qu’elle fait, mais sur sa manière de le faire : le souci, l’affairement inquiet et tendu, le trouble et, par suite, la dispersion dont elle fait preuve. Il n’y aurait pas eu d’hospitalité s’il n’y avait eu que Marthe ou que Marie. Si recevoir, c’est d’abord écouter, une écoute sans se demander si l’autre a faim, soif ou sommeil ne peut pas être hospitalière. A cet égard, l’idéal serait d’avoir une écoute qui agit et des mains qui écoutent.

Bien sûr, chacun accueille, et même ne peut recevoir qu’à partir de ce qu’il est, avec sa vérité. N’est-ce pas d’ailleurs en accueillant l’autre que je révèle qui je suis ? Et que je le deviens en vérité ? En réalité, l’opposition soulignée par le texte est plutôt entre les multiples soucis, par nature éphémères, de Marthe, et l’unique et constante attention de Marie pour la parole du Seigneur. Marie est non seulement unie au Seigneur ; elle est unifiée par cette écoute, par cette communion.
« Une seule chose est nécessaire ». L’écoute de la parole du Seigneur est la bonne part – selon le texte grec de l’Évangile et non « la meilleure part », comme le disent ses traductions latines – et seule Marie l’a choisie. Marthe a-t-elle fait un choix ? Ce n’est pas dit. Chacun, quelles que soient ses orientations naturelles, peut choisir d’écouter la parole du Seigneur. Seule peut être l’objet d’un choix cette bonne part. Les conséquences de ce choix sont aussi irrévocables que le don de la parole, qui se donne à écouter jusque dans l’intime.

La bonne part, ce n’est rien d’autre que le Seigneur communiqué dans sa parole ; sa parole qui rend libre de sa liberté à Lui. Marie a choisi la liberté qu’Il lui donne. Quiconque reçoit un hôte peut en même temps accueillir le don du Seigneur, celui qui nous unit à sa liberté.

Olivier Coutor

Prière universelle

Aujourd’hui, avec la présence de Aldebert et de François, et en union avec José, nous pensons particulièrement à la République Démocratique du Congo, à sa situation politique fragile, mais aussi en ce moment, à l’épidémie de Ebola. qui sévit dans l’Est du pays.
Dieu, nous te prions, sois proche des malades, soutiens les soignants. Veille sur ce pays, inspire ses responsables politiques.

Aujourd’hui, nous voulons prier avec des mots que les passants ont laissé dans l’église cette semaine, ils témoignent d’ aspirations, de difficultés, de doutes, d’espérances. En  voici  5, de plusieurs langues :

– Seigneur Jésus, moi, fils de Jak et de Jeannette que tu as repris avec toi, je me remets à toi. Tu connais les difficultés que je traverse en ce moment : financières – logements – physique – spirituelle. Oh Jésus, que ton Saint Esprit descende sur moi

– Help the World !

– Signore, guidami tu !

– Te pedimos para tener una mejor vida y que ayudes a los mas nesesitados

– Je sais que je ne t’ai jamais rencontré mais j’espère que tu existes. Dans cette église, tu seras toujours là dans mon coeur.

Dieu, nous te prions, reçois ces cris et ces prières.

 

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