Au risque de l’Evangile. J.F. Petit sur la dernière Assemblé du Cphb

1. Nous pouvons difficilement échapper à la conflictualité du social actuelle : en période de crise économique les luttes sont nombreuses (pour la préservation de l’emploi ou la dignité de travail bien fait, pour la défense des retraites, etc.). Ne faisons pas comme si ces conflits ne nous imprégnaient pas et ne généraient pas une angoisse diffuse ou une agressivité latente. Celle-ci rejaillit sur nos propres comportements (impatience, crispation…) sans même parfois que nous nous en apercevions !

On peut ajouter : Nous avons besoin non de nous en remettre au savoir des experts mais de construire avec eux une théorie critique du social pour aujourd’hui, dans le sillage de la pensée d’Alex Honneth par exemple.

2. Le CPHB est engagé sur des terrains difficiles (mariage pour tous, conception et place de l’art dans le monde contemporain, type d’ecclésialité souhaitable…). Il est donc normal que nous soyons parfois en désaccord sur ce qui fait débat dans la société, sur ce qui interroge nos représentations, notre manière d’être et de croire. Mais c’est la mission de la communauté d’oser et d’organiser le débat sur ces « zones frontières » où se joue notre humanité et notre foi. La communauté est beaucoup plus regardée à l’extérieur qu’elle ne le pense (cf par exemple article de « La Croix » sur la « Nuit Blanche »).
La façon dont elle peut aboutir à des prises de position communes et des compromis raisonnables a une valeur non seulement pour l’Eglise de Paris mais aussi au sein de la société : il peut s’y jouer quelque chose de prophétique.

On peut ajouter : le CPHB bien aux « périphéries existentielles », telle que le souhaite le pape François. Mais, pour l’heure, il n’y a aucune véritable stratégie pour encourager  ce mouvement. Quand l’effet «pape François » sera retombé, il sera trop tard. Il y a déjà urgence.

3. Un tel état de la situation devrait nous pousser à mieux organiser une culture de prévention des conflits potentiels au sein du CPHB : quels sont les lieux de régulation des questions délicates ? Comment sont rendus les arbitrages nécessaires ? Comment éviter les « prises de pouvoir » d’un côté et les « chantages » de l’autre ? Pourquoi le CPHB est aujourd’hui en situation de « surchauffe » A cause de ses très nombreux projets ?

On peut ajouter : l’Evangile nous donne tout ce qu’il faut pour aborder sereinement ces problèmes.

Jean-François Petit (Porte-parole de son groupe de réflexion à l’Assemblée générale du Cphb)

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