Pour Jacques et ceux qui liront ces lignes

 

Personne ne peut se vanter de connaître quelqu’un : à la demande qui m’a été faite d’écrire un édito à l’occasion du départ de Jacques, j’ai donc pensé que d’autres subjectivités que la mienne corrigeraient ma vue partielle…partiale pour certains peut-être.J’ai donc contacté des personnes de Notre Dame des Champs, la paroisse où j’ai rencontré Jacques pour la première fois en 1991…et leur ai demandé leurs réactions spontanées quand elles pensent à lui. Je les rapporte après ce qui suit.

Une personnalité qui m’accompagne depuis 1968, Michel de Certeau, a les mots justes, à mon avis, quand interrogé sur la fonction du sacerdoce, il répondait à la question d’une façon surprenante et que je pense juste.

Cette réponse, j’y reviens souvent. Immanquablement, je l’associe à la personne de Jacques. J’ai donc décidé d’en faire part aujourd’hui à ceux qui veulent bien fréquenter le site du CPHB.

Michel de Certeau : « J’aime assez la définition du sacerdoce chez Thomas d’Aquin : « une fonction contre la dispersion de la multitude ». Non pas la constitution d’un centre à partir duquel organiser la multitude, mais le maintien d’une compatibilité entre les différentes caractéristiques de cette multitude. La parole,… le rappel des textes doivent permettre aux membres de cette multitude de se reconnaître, de ne pas être une pure dispersion.

L’idée que le prêtre doit être responsable des autres, qu’il doit porter le malheur du monde, lui donne toujours une place centrale, outre qu’elle est très malsaine psychologiquement. Je croirais davantage à une position « clownesque », à la manière dont en parle Kolakowski dans un conte philosophique, « le prêtre et le bouffon » écrit après son exclusion du parti communiste polonais… Dans toute société, dit-il la fonction sacerdotale répète l’héritage sur le mode de la doctrine et de la liturgie, elle maintient ce que d’autres ont posé : un corpus de textes, une clôture… Kolakowski remarque une autre possibilité : tenir la place du bouffon, du fou qui habite la cour royale sans en faire vraiment partie…Son interrogation qui met en doute les tenants du pouvoir ouvre d’autres possibles.

Admettre cette position faible du clown, c’est justement le moyen d’introduire une parole qui soit validée non par son pouvoir mais par le type d’interrogations qu’elle suscite, c’est l’humilité à laquelle semble être appelé le sacerdoce aujourd’hui. » Mlichel de Certeau

Comme promis plus haut, voici des mots et expressions recueillis auprès de personnes connues à ND des Champs qui croisent ce que je peux entendre à Saint Merry. « Silence, concentration, écoute, liberté laissée à l’autre d’exprimer sa vérité, profondeur et humour, réserve parfois intimidante qui peut éloigner et paraître mettre à distance, confiance en l’autre, profondément créateur et « anar » assumé.

Créateur par sa manière de vivre l’Evangile au quotidien

Une pensée habitée et ancrée dans le concret qui détourne les chemins hors des conventions et des limites trop étroites tracées ici ou là.

Parole vivante, nette et concise qui va droit au but, et permet d’échapper à la pesanteur paralysante des clichés, esprit qui ouvre des espaces hors des sentiers battus, « quelqu’un existe » ce qui peut être ressenti aussi comme trop « personnel ? »

Générosité au service des autres et d’une parole qui laisse à chacun sa liberté… »

« Passionnez-moi, disent-ils »

Marie-Thérèse Joudiou

Invitation

Messe d’action de grâce présidée par Jacques Mérienne

Tous les membres de la Paroisse de Saint-Merry et du CPHB sont invités à y participer.

Dimanche 28 juin à 11 h 00.

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A la rencontre de Jacques

Clément l'a interviewé avant son départ de St Merry. Une belle rencontre...

Pour aller plus loin.

L’Évangile comme repère

Jacques Mérienne a-t-il une baguette magique ?
Non certainement pas : ce n’est pas un magicien ! C’est un homme au désir fou de partager ce qui l’habite (...) Sa passion de l’Évangile et de l’humain est le moteur de son action, de sa réflexion. L’art, est l’expression la plus profonde de sa foi. C’est au travers de l’expression artistique qu’il donne sa confiance, pétrie d’Évangile.

Merci à Florence qui nous propose quelques traces des nombreuses rencontres artistiques, une partie de la mémoire de Saint Merry.

Pour aller plus moins.

Art et foi à Saint-Merry

L’art, un des quatre  piliers de Saint-Merry, une dimension riche et complexe  de la vie de la communauté. Jacques Mérienne nous a confié fin mai 2015 quelques remarques sur ce sujet constitutif de la création du Centre Pastoral.

Au cours des quarante années du Centre Pastoral, l'art a beaucoup évolué, et connu de grands moments, avec Joseph Pierron notamment. Qu’en est-il aujourd’hui ? À l’image de l’art contemporain lui-même, cette priorité pastorale est une dimension riche et complexe de la vie de la communauté. J’en distinguerai trois plans...

Pour aller plus loin.

 

Rendez-vous

Trois représentations

 

les 24, 25 et 26 Juin 2015 à 20h30

Un opéra improvisé à Saint-Merry "Passionnez-moi!"

 

Opéra improvisé avec les musiciens de l’ONCEIM et les chanteurs et comédiens de la PETITE TROUPE.
Réalisation générale Jacques Mérienne
Direction musicale Jean-Sébastien Mariage

Une rue banale d’un quartier populaire. Une chanteuse des rues chante… On peut reconnaître la Passion. Les fils électriques se déploient comme une partition musicale qui sert de perchoir aux hirondelles ou aux vieilles baskets. Les habitants des carrefours y vivent 24h sur 24h, ils s’aiment et se détestent, se harcèlent et se draguent, se volent et se protègent, ils sont unis et seuls. Les bourreaux et les victimes échangent leurs rôles, toute honte bue l’humiliation devient dignité et la haine vanité. « Est-ce ainsi que les hommes vivent ?» (Aragon)

C’est une aventure joyeuse et passionnante à laquelle nous vous convions en vous proposant d’y apporter votre pierre. Son succès nous permettra d’envisager des suites…

Le dossier de presse.

« Ton Père voit ce que tu fais en secret ».

Cette chambre secrète, c’est nous-mêmes, c’est notre vie intérieure.

Le cœur de notre foi c’est que le commandement d’aimer Dieu seul s’incarne en nous dans l’amour du prochain. On passe d’un amour de Dieu qui est extérieur à un amour du prochain qui vient de l’intérieur, qui vient de nous. Nous sommes l’amour de Dieu pour les autres, rien que cela ! Et le prochain, c’est celui...

Anne a retrouvé quelques prises de parole de Jacques, au fil de nos célébrations passées.

Petit florilège de paroles de foi et de vie.