Non à la fatalité ! Oui à la fraternité !

Le centenaire de la guerre de 1914-1918 va-t-il continuer à être commémoré aussi intensément en 2015 qu’en 2014 ? Si toutes les atrocités de cette guerre ont fait l’objet de visibilité, les médias ont consacré moins d’émissions aux causes profondes de cette boucherie et encore moins aux voix qui se sont élevées contre celle-ci. À moins d’être assassiné comme Jean Jaurès, une voix pacifiste reste dans l’oubli.

Dans le Journal de Genève des 22-23 septembre 1914 paraît un article de Romain Rolland (1886-1944), prix Nobel de littérature 1915 ; ce texte intitulé d’abord Au-dessus de la haine est à la fois credo pacifiste et profession de foi d’un grand Européen. Y sont détaillées responsabilités et lâchetés des chefs politiques, des intellectuels, des scientifiques des principales nations avant la tragédie.

Les solutions pour la paix, R. Rolland en donne quatre qui n’ont pas pris une ride en un siècle : 1) « Ne pas faire peser sur les autres nations son ombre orgueilleuse ». 2) « Ne pas annexer les peuples contre leur volonté ». 3) « Faire une répartition équitable du travail fécond et des richesses du monde ». 4) « Malgré les crimes subis…, continuer à aimer les hommes comme des frères ». À cette « recette », un dernier ingrédient est ajouté : le courage…, car « la fatalité ! c’est ce que nous voulons ! c’est aussi, surtout, ce que nous ne voulons pas assez ! ».

Ainsi, pour R. Rolland, l’humanité sera « une symphonie de grandes âmes collectives ».

On se prend à rêver que des extraits de ce texte de feu figurent un jour dans nos manuels scolaires.

Jean-Marc Noirot

Billet du dimanche 28 décembre 2014

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