A toi, le bonheur !


… un homme qui partait en voyage :

il appela ses serviteurs
et leur confia ses biens.

Dimanche, 19 novembre 2017

PREMIÈRE LECTURE (Pr 31, 10-13.19-20.30-31)
« Ses mains travaillent volontiers »
PSAUME (Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5)
Heureux qui craint le Seigneur !
DEUXIÈME LECTURE (1 Th 5, 1-6)
« Que le jour du Seigneur
ne vous surprenne pas comme un voleur »
ÉVANGILE (Mt 25, 14-30)
« Tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup »

Commentaire du livre des proverbes

 

Cet extrait qui termine le Livre des Proverbes
nous parle de la Sagesse de Dieu.

L’allégorie qui est utilisée pour personnifier cette Sagesse
est celle d’une femme… parfaite… évidemment !

Elle sait diriger sa vie car elle craint le Seigneur
– non pas qu’elle ait peur- mais au sens
où elle répond à l’appel de Dieu par l’amour et la fidélité.

C’est une femme debout, qui a le goût du bonheur,
porteuse de vie pour son couple et sa famille,
mais aussi active dans l’espace public et social :
elle travaille intelligemment de ses mains,
mais aussi avec sa tête et son cœur
et sait tendre la main au plus pauvre.

Laissons-nous inspirer par la poésie de ce texte :
« revêtue de force et de splendeur, elle sourit à l’avenir »,
la Sagesse de Dieu (v25 du texte non sélectionné)

Bernadette Capit

Commentaire de l’Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (25, 14-30)

Après avoir lu cet évangile de Matthieu,
la petite équipe qui a préparé la célébration, s’est dit :
« Attention ! Évitons de tomber dans certains pièges ».

Le premier piège était de penser que Jésus, par cette parabole,
nous inciterait à spéculer, à planquer nos capitaux dans des paradis fiscaux.
Le maître partant en voyage était immensément riche :
huit talents, c’est beaucoup d’argent dans cette monnaie antique ;
cela correspond au salaire hebdomadaire d’un millier d’ouvriers.
Aujourd’hui cet homme riche devrait être soumis à l’ISF…
Mais, laissons de côté cette histoire d’argent
qui nous entraverait sur une fausse piste.

Le deuxième piège, dans lequel nous aurions pu tomber,
était d’entendre le mot “talent“ comme l’aptitude
que nous avons à faire telle ou telle chose :
filer la laine comme cette épouse “parfaite“ de la première lecture,
jouer de l’orgue comme Jean-Marc ou Stéphane… ou tout autre exercice
dans lequel chacune, chacun excelle mieux que quiconque, évidemment !

Pour échapper à ces pièges, nous sommes partis vers la Genèse
pour y rencontrer le bien connu : « Croissez et multipliez ! ».
La tradition rabbinique le traduit par « Fructifiez »
comme André Chouraqui dans sa Bible.
Entendons bien cette parole : « Fructifiez »,
prononcée par Dieu au moment même de la Création.
Depuis ce jour-là, nous sommes invités à « fructifier », à porter des fruits.
Depuis ce jour-là nous sommes associés
comme co-créateurs au dessein de Dieu sur la Création, sur l’Humanité.

Prenons-nous bien au sérieux la responsabilité qui nous est confiée par Dieu ?
Comme le fit ce maître en confiant sa richesse à ses serviteurs.
Ceux qui ont été de bons serviteurs, ce sont ceux qui l’ont faite fructifier,
pas celui qui – mort de trouille – a préféré ne rien tenter, ne prendre aucun risque.
Il craignait sans doute le jugement de son maître,
comme si nous avions à redouter le jugement de Dieu
alors que c’est l’homme qui se condamne lui-même
par son inertie, sa couardise, sa lâcheté.

Or, Dieu veut l’homme et la femme debout.
Il veut leur bonheur.
A chacun, à chacune, il dit : « A toi, le bonheur ! »
Comme si Dieu disait à toute femme, à tout homme :
« A toi de t’en saisir »…

Nous sommes donc renvoyés à notre responsabilité.
Quelle est-elle aujourd’hui ? :
– Faire fructifier les richesses qui sont en nous
pour les mettre au service du bien commun.
– Abandonner nos peurs, avoir le courage de prendre des risques
pour répondre à l’appel de Dieu.
– S’engager pour faire grandir la société en humanité.
– Rendre le monde plus respirable, plus équitable, plus humain.
– Participer à la création pour sans cesse la parachever.

Pour finir, en faisant écho à la responsabilité
qui fut la mienne comme référent du Pôle Art,
je citerai une phrase cueillie au Grand Palais, une pensée de Paul Gauguin :
« L’art est une abstraction ; on doit penser plus à la création qu’au résultat,
c’est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme Lui : créer. »

A nous de créer du nouveau dans le monde et dans l’Église.
A nous de créer un monde nouveau ! une Église nouvelle !

Michel Bourdeau
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