Accueil des migrants, un appel au courage !

C’est l’appel que lance Mgr Benoist de Sinéty, évêque auxiliaire chargé des migrants pour le diocèse de Paris, prochain invité des Grands Lundis du Réseau Chrétien Immigrés (RCI) le lundi 11 mars à 20h, à Saint-Merry.

« IL FAUT QUE DES VOIX SE LEVENT… »

Et la première voix est celle de Benoist de Sinety dans ce petit livre de 130 pages paru en avril 2018 chez Flammarion. Un cri d’indignation, de colère, de revendication, à voir la façon dont sont traités les migrants en France.

La lecture de ce livre roboratif est une bonne occasion de faire connaissance avec le nouvel « administrateur » du Centre pastoral Saint-Merry. D’abord parce qu’il se présente dans un premier chapitre : « jeune prêtre au milieu des années 1990 » dans le XVIIIème arrondissement, membre d’une association humanitaire en Bosnie-Herzégovine en pleine guerre des Balkans, plus récemment curé de Saint-Germain des Prés. Au fil des pages on le retrouve aussi prêtre à Notre-Dame de Clignancourt.

Mais on fait encore mieux connaissance avec Benoist de Sinety à travers son engagement pour les migrants, ces étrangers en qui l’Église contemple l’image du Christ.  Le « déclic », raconte-t-il, s’est fait, alors qu’il était encore jeune prêtre, par une rencontre personnelle (les rencontres personnelles comptent beaucoup pour lui ) : celle d’un adolescent sans papiers venu frapper à la porte de l’église et qu’il a dû, un peu par la force des choses, installer au presbytère puis qu’il a accompagné, avec l’aide de paroissiens, jusqu’à sa vie adulte.

L’auteur balaie les distinctions que font les politiques entre différentes catégories de migrants, entre les « réfugiés politiques » qui peuvent relever du droit d’asile et les « migrants économiques ». Ce sont des « subtilités linguistiques, écrit-il, qui nous empêchent de réfléchir et sont d’une perversité folle : elles nient le droit de ces femmes et de ces hommes à exister ». Fermeture des frontières, enfermement dans des centres de rétention, expulsions… autant de mesures qui visent en vérité à « la suppression physique de celui qui demande à être accueilli. »

À l’origine de ces actes d’une « totale inhumanité » l’auteur fait un constat amer : c’est notre indifférence, notre égoïsme et nos peurs qui nous rendent aveugles. Et il dénonce la responsabilité des responsables politiques en rassemblant une suite de verbatim de Mitterrand, Rocard, Giscard, Chirac, Sarkozy, Valls, Macron, Collomb…   Or, depuis quelques années, tout s’accélère et s’aggrave et « l’Europe est passée à côté de son histoire. Et à côté de l’Histoire »

Ceux qui « élèvent la voix », ce sont des élus locaux et des associations, mais qui les écoute ?  On entend aussi depuis 2013 la voix forte du pape François que Benoist de Sinety inscrit dans la suite des déclarations sur l’accueil des migrants faites par les papes qui l’ont précédé, même parmi les plus conservateurs. Il cite les 21 propositions de François mises à l’étude en août 2017 en vue des pactes signés à Marrakech, mais auparavant il évoque l’intéressante proposition d’un « statut du migrant ». Cette question a retenu l’attention du Réseau Chrétien Immigrés (RCI) qui l’a inscrite, avec son accord, en tête d’affiche de la rencontre du lundi 11 mars à 20 h  à St-Merry, justement avec Benoist de Sinety en « grand témoin ».

Jean Verrier

http://reseau-chretien-immigres.fr/

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