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Il les aima jusqu’au bout

 

24 mars 2016

1ère lecture :

Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)

Psaume : 115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18

2ème lecture :

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur »(1 Co 11, 23-26)

Evangile : « Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

 

Aimer jusque où bout
Comme Lui,
le maître qui se rabaisse pour laver les pieds de ses disciples

Aimer jusqu’au bout
Comme Lui,
le prophète qui enfreint les lois de son époque et guérit des malades un jour de sabbat

Aimer jusqu’au bout
Comme Lui,
le Messie qu’on attendait victorieux et qui meurt en croix.


Nous nous sentons bien petits face à ce modèle d’amour
Amour extrême, radical, absolu

Nous nous sentons impuissants face à cette qualité d’amour
Amour sans faille, sans réserve, sans condition.

Nous nous sentons même coupables de ne pas atteindre ce niveau d’amour
Amour entier, intègre, total.


Mais il y a peut-être une autre manière d’entendre cet appel à «aimer jusqu’au bout ».
Et le texte de l’Exode nous en donne la clé.

C’est aussi l’amour de Dieu pour son peuple qui est au cœur de la Pâque juive
Un amour libérateur,
qui préserve le peuple du fléau de la mort
et qui lui permettra de sortir de sa situation d’esclavage en Egypte.

Et pour accueillir cet amour le Seigneur demande une seule chose :
être prêt à quitter et à se mettre en marche.
Le repas de Pâques doit être pris
«la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds
et le bâton à la main ».


L’amour jusqu’au bout,
l’amour qui libère,
n’apparaît pas ainsi comme un modèle parfait à imiter
ni comme un but pré-défini à atteindre
ni comme un baromètre pour se mesurer.

L’amour jusqu’au bout est plutôt celui qui met toujours en marche
d’horizon en horizon

L’amour jusqu’au bout est celui qui nous pousse vers l’avant,
toujours plus loin vers un nouveau possible

L’amour jusqu’au bout est celui qui nous empêche de nous arrêter,
de nous installer, de nous accommoder.


L’amour jusqu’au bout n’est pas un modèle mais un mouvement
C’est ce qui nous tire vers l’avant et vers le haut

Aimer jusqu’au bout ce n’est pas faire preuve d’héroïsme
mais plutôt être toujours prêt à partir,
à quitter ce qui nous sécurise et nous protège
à nous mettre en marche.


L’amour jusqu’au bout c’est une «utopie »
Non pas l’utopie dans le sens du modèle irréalisable
mais l’utopie comme la définit l’écrivain
Eduardo Galeano quand il dit :

«Elle est à l’horizon. Je m’approche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas.
J’avance de dix pas et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin.
J’aurai beau avancer, jamais je ne l’atteindrai.
A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : à cheminer. »


Mettons-nous
la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds
et le bâton à la main

quittons nos sécurités,
nos certitudes et nos peurs
et marchons d’horizon en horizon.

C’est dans la traversée plutôt
que dans l’arrivée
que l’amour atteint son bout.

Elena Lasida
    “La parole de Paul nous envoie vers la table,
aller à la table pour se nourrir ensemble,
aller à la table pour, ensuite, partir,
pour ensuite aller vivre notre quotidien avec tous.
    Et pour vivre ce repas, nous vous invitons à partir 2 par 2 vers la table
en vous manifestant un geste de sympathie, de proximité,
la main sur l’épaule, la main donnée et offerte,…
ou tout autre geste que vous saurez inventer
Allons tout est prêt, le repas est servi !”
Jean Luc Lecat
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Méditation à la manière d’une prière eucharistique

 Dans cette nuit singulière,
déboussolés par l’absurde d’une souffrance qui n’en finit pas,
nous tenons à te rendre grâce, ensemble.

Oui, Dieu notre Père,
nous sommes ici à un moment donné d’une longue histoire,
d’une tradition qui vient de loin, de très loin.
Oui, nos frères juifs, en célébrant la Pâque,
faisaient et font le mémorial de la libération d’Egypte,
promesse et gage d’une vie heureuse dans la liberté et la fraternité.
Nous te remercions pour ce long chemin de découvertes inattendues,
de rencontres insoupçonnées,
de joies au-delà de toute espérance.
Et notre Pâque à nous,
celle dont nous faisons le mémorial avec une intensité particulière
tout au long de ces trois jours,
c’est la Pâque du repas du Seigneur partagé ensemble,
don qui dit et signifie la mort de ton Fils sur la Croix
et qui annonce et désigne sa résurrection et la nôtre.
Un repas partagé dont le sens et la raison d’être n’est autre
que l’amour du service, ou le service de l’amour.
Qui nous l’a dit ?
Qui nous l’a montré ?
Ton Fils, notre Seigneur Jésus.
Pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.
Jusqu’au bout.
Sachant que l’heure est venue,
son heure de passer de ce monde au Père,
d’aller à Toi.
Assumant et acceptant le voyage,
ratifiant le passage,
regardant la mort en face et Toi à travers elle,
oui,
Il nous aima jusqu’au bout.
Il nous donna sa vie.
Sur la croix.
Et ton Esprit qui planait sur les eaux primordiales,
qui animait juges,
sages et prophètes,
cet Esprit,
ton Esprit fit que le crucifié devienne le ressuscite.

Que l’Esprit continue son œuvre
et fasse de ce pain et de ce vin
les signes visibles de sa présence parmi nous,
les signes du Corps et du Sang de notre Seigneur.

Nous célébrons aujourd’hui avec une force particulière
ce qu’il nous a dit de faire lors son dernier repas :
faites cela en mémoire de moi.

Nous célébrons l’amour jusqu’au bout
qui s’est manifesté dans sa vie,
dans sa mort et
dans sa résurrection.

Forts du lien qui nous unit à toi par Lui,
nous l’attendons dans la joie et l’espérance.
La route est longue mais le but de cette marche
n’est pas de s’arrêter,
au contraire,
il s’agit de trouver la liberté en cheminant,
de vivre la communion en marchant avec les autres, pour les autres.

Voilà la raison d’être de la vie donnée,
de l’ « amour jusqu’au bout » que nous avons reçu.
Voici le sens du repas du Seigneur :
un viatique pour la route,
un repas pour la marche,
une nourriture pour la traversée,
une force de vie pour le voyage.

Il faut donc que l’Esprit commence par faire de tous
ceux qui partagent le repas du Seigneur un seul Corps,
l’Eglise de Dieu.

Un seul pain, un seul Corps.

Nous revenons au point de départ,
à cette souffrance qui n’en finit pas,
à ces massacres ici et ailleurs.

Quand comprendrons-nous que l’unique issue,
l’unique chemin,
l’unique défi qui mérite la peine d’être relevé est celui
de la fraternité ?

Forts de cet amour jusqu’au bout reçu,
que ton Esprit nous aide,
Dieu notre Père
à être des germes,
de semences,
des artisans de fraternité.

Jésus Asurmendi

Premier jour de ce triduum, de cette trilogie pascale.

Aujourd’hui où l’on nous rappelle qu’ayant aimé les siens, il nous aima

jusqu’au bout ».

Demain vendredi, où cet amour se fait souffrance

acceptée et mort assumée.

La nuit de samedi où la vie explose.

Nous sommes invités à présent à écouter les paroles et les gestes qui

disent et fondent la fraternité. Paroles et gestes qui instituent la

communion autour de la table où nous mangeons ensemble.

Cette nourriture qui nous ouvre l’horizon et donne la force de marcher,

de cheminer avec les autres, quels qu’ils soient,

pour traverser ensemble la mort et vivre la résurrection,

c’est-à-dire pour vivre du service reçu et du service offert.

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Livre de l’EXODE :

La Pâque : fête des éleveurs de petit bétail,

fête bien plus ancienne qu’Israël.

Fête du printemps,

fête de la fécondité

des bêtes et des hommes

que l’on célèbre avec des rites magiques

pour se protéger : le sang sur les portes.

Fête dont Israël fait l’expression

de la sortie d’Egypte, de l’esclavage.

La fête de la fécondité devient

la Fête de

la vie libre et fraternelle.

 

MOT D’ENVOI

Notre célébration est finie, achevée.

Mais ses harmoniques résonnent encore.

Ses échos nous envoient encore ses reflets.

Notre méditation peut se prolonger encore.

Nous vous invitons à vivre ensemble

un temps de recueillement

et de contemplation

dans le chœur,

à veiller.

 

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