« Allez vous aussi à ma vigne »

« Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées ».

P1040221

21 septembre 2014
25ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A

Lectures
1ère lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)
2ème lecture : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 20c-24.27a)
Evangile : La générosité de Dieu dépasse notre justice (Mt 20, 1-16)

 

« …ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?’
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Que faut-il mettre en pratique de l’Évangile ? (jacques Mérienne)

– Paul aux Philippiens

On connaît la boutade « juive »
Si dieu existe il a intérêt à avoir une bonne excuse !
(i.e. le monde est décevant, injuste, et on en parle pas après la Shoah !)

L’obsession de Paul : faire en sorte que l’excuse de Dieu ce soit nous !
Paul peut s’identifier au Christ car le Christ s’est fait un homme comme lui.

Il ne définit pas l’homme à partir de la société, mais définit la société à partir des hommes et des femmes qui s’identifient au Christ et qui la composent.

L’opposition entre la société et les personnes n’est pas dans sa préoccupation, c’est plutôt la nôtre. Pour lui le Royaume ne s’impose pas d’en haut, de l’extérieur, mais à partir de chacun d’entre nous.

Quand un chrétien s’engage dans les luttes sociale, syndicales, politiques, à gauche comme à droite, il y a un moment où la dignité de l’homme bloque des choix trop inhumains ou radicaux, et les partenaires de ces luttes ne comprennent plus la réserve des chrétiens.

– Parabole des ouvriers de la vigne

Le sentiment d’injustice est exprimé par les travailleurs. Le maître l’écarte.

La disparité de traitement dans l’entreprise cela nous connaît : par exemple la différence de salaire de 20% entre hommes et femmes…

La parabole nous invite à projeter la bienveillance de Dieu sur nos vies : elle exprime la réalité du Royaume et la vision de l’homme qui en découle.

Et si l’on développe cette vision de l’homme cela donne une société où chacun bénéficie de ce dont il a besoin : le propriétaire de la vigne donne à chacun une pièce d’argent, l’équivalent du salaire journalier. On peut dire qu’il donne à chacun son « pain quotidien », comme la demande formulée dans le Notre Père.

Cela veut dire que c’est une utopie si l’on veut convertir cela en projet de société. Mais il faut envisager que l’on n’est plus dans l’économie de l’échange mais dans l’économie du don. Un grand débat d’aujourd’hui.

Que serait notre monde s’il ressemblait au Royaume (cf les kibboutz)

Projeter la résurrection sur nos vies, qu’est-ce ça donne :
une société dont tous les hommes sont dignes, égaux, libres et respectés,
Une  société où les hommes sont frères.

 Digression :
Le racisme contre les musulmans, ravive celui contre les juifs, ravivent bien entendu l’anticléricalisme et le rejet de l’évangile.
Emmanuel Carrère, l’auteur du livre à succès « Le Royaume» et son rejet du « maximalisme catholique ». Pour lui il suffit d’instiller quelques gouttes d’évangile pour améliorer la société, mais il est dangereux de céder au maximalisme moral de l’Évangile. Un homme comme le Père Gérard Riffart qui accueillait des demandeurs d’asile dans son église, est un « homme dangereux ».

 Version catholique de la boutade juive :
Si Dieu n’existe pas, tant pis pour lui !
(i.e. Il aura manqué de participer à l’extraordinaire aventure humaine.)

Paul, encore lui, le voit si bien qu’il souligne comment pour participer à cette aventure Dieu renonce à sa divinité pour se faire l’égal du plus petit des hommes (lecture dimanche prochain de l’épître aux Philippiens).

Vivre la présence du royaume dans notre monde comme une espérance qui ne nous fait pas quitter la réalité mais nous indique dans quel sens la transformer, qui nous permet de façonner notre monde à l’image du royaume.

PRÉFACE
Père,
Tu ne nous juges pas selon nos mérites
Mais selon ton amour
Et justement l’amour ne juge pas, il sauve.
Ton Fils nous invite au don gratuit
De nos biens et de nous-mêmes

Dans un monde où l’inégalité s’étend
La spoliation des pays riches envers les pays pauvres crée la misère et la famine
La haine et l’intolérance provoquent les guerres meurtrières qui ravagent notre monde
LP1040226a cupidité et le gaspillage menacent la survie de notre Terre

Père,
le don que tu nous fais en ton fils est celui de l’innocence en face de ces dérives qui nous laissent impuissants

Devant toi nous n’avons d’autre prière que de te raconter notre humanité
Ce que nous faisons ou ne faisons pas de la vie que tu nous donnes

Pour nous sauver tu nous a donné ton Fils
semblable à nous afin d’aimer en nous ce que tu aimais en lui

Jacques Merienne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.