8 février 2015
5ème dimanche du Temps Ordinaire
Année B

Lectures de la messe
1ère lecture : « Je ne compte que des nuits de souffrance » (Jb 7, 1-4.6-7)
2ème lecture : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16-19.22-23)
Evangile : « Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)

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Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »
                                                                                 Mc 1, 35-38

Les textes d’aujourd’hui nous parlent de l’annonce de l’Evangile, de l’annonce de la Parole de Dieu.
Lors de la préparation de cette célébration, il nous est apparu important de revenir au fondement de notre foi : le Dieu dans lequel nous croyons s’est incarné. Le Verbe s’est fait chair. Et ça change tout :
Ce n’est plus une Parole qui tombe d’en haut,
Ce n’est plus une Parole qui domine, comme un dogme,
mais, c’est une parole vécue, c’est une parole à hauteur d’homme. « Avec les faibles, j’ai été faible » nous dit Saint Paul,
C’est une parole qui n’enferme pas, mais qui libère.
C’est une parole qui remet debout et qui met en mouvement,
C’est une parole qui est faite pour nous habiter. Etty Hillesum disait : “Je te porte en moi comme mon bébé encore à naître, seulement je ne te porte pas dans mon ventre mais dans mon cœur, c’est aussi un endroit plus convenable.”
C’est donc une parole que nous sommes tous appelés à vivre et à porter, ensemble et avec nos frères, comme l’ont fait ces grands témoins d’une parole incarnée qu’ont été François d’Assise, Ignace de Loyola, Gandhi, Martin Luther King, Simone Weil, Madeleine Delbrel, Jean Vannier, l’Abbé Pierre, Christian de Chergé, pour ne citer que ceux là !

Avant de partager cette parole qui nous nourrit, rappelons-nous que nous nous rassemblons ici au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Michel Bouvard

Il y a sans doute bien des façons d’entendre cet Evangile… Et vous, comment l’entendez-vous ?
On peut être surpris par la vivacité de Jésus et de ses disciples… A peine sortis de la synagogue, les voilà qui vont dans une maison particulière, comme si la distance entre le sacré et le profane devait être abolie… il y a là de quoi penser le rapport Eglise/monde assurément. Le salut se réalise dans le monde, même si les conversions les plus rudes sont peut-être à réaliser dans les Eglises !
On peut être étonné de cette fièvre… qui n’est certes pas due aux intempéries, mais sans doute à la relation entre ce Simon, que Jésus semble avoir soustrait à sa belle-mère pour en faire un disciple. La maladie n’est-elle pas la protestation contre ce nouveau chemin de vie qui s’offre aussi bien à lui qu’à elle qui se rebiffe encore ?
On peut être admiratif devant la dextérité de Jésus  avec la malade… Il se laisse toucher par et il touche la malade. Précisément, il prend sa main, il la relève.  Il prend en charge la maladie. Il ne pose aucune question sur l’origine de ce mal mais il redresse cette femme. Il n’a pas peur. Il ne demande pas de déployer un périmètre de sécurité et n’abuse pas du principe de précaution. Bref, il s’engage, physiquement, spirituellement. Le mal çà ne s’explique pas, çà se combat. Dans une économie de mots et des gestes, un relèvement, une résurrection, une réintégration a été effectuée
On ne peut qu’être ébahi devant la façon dont la belle-mère a été retournée : de résistante à l’action de Jésus, elle est devenue disciple, diaconesse. Elle se met au service de tous. D’ennemie, elle est devenue alliée. Pas besoin de réfléchir  ici sur les ministères laics ou l’ordination des hommes mariés. Regardons d’abord ce qui se passe ici pour cette femme. Le jour de son salut était arrivé. Elle se met au travail, sans crier gare, sans se confondre en remerciements ou demander d’aller dans une maison de convalescence. Elle reprend sa place et redistribue en actes concrets indistinctement des personnes le fruit du dévouement de Jésus.
On peut se dire enfin, que bien avant les réseaux sociaux, la réputation de Jésus est déjà faite : tout converge désormais vers lui. Lui qui fait du bien agrège, fédère, attire, parce que le bien se reconnait. Il y a quelque chose de rassurant dans cet Evangile, qui nous dit que celui qui aime, qui agit, qui est utile, est vite repéré, y compris par ceux qu’une activité bienfaisante dérange dans leur volonté de dominer les autres, qui ont intérêt à la division, à ce que les choses ne changent pas.
En conséquence :
Diantre,  elle va avoir du boulot, la belle-mère de Simon !
Si sa maison se transforme en « hôpital de campagne » (dixit le pape François), elle va devoir embaucher ! Ironie de l’histoire : pas de « sanctuarisation » de  cet espace privé, car justement, c’est le lieu du salut, de l’évangélisation. L’Eglise domestique commence dans chacune de nos maisons, de nos foyers, de nos communautés…  Pas la peine d’aller au temple, si c’est pour ne rien faire chez soi…

Mais regardons encore  un peu cet Evangile et laissons-nous regarder par lui : plus la rumeur enfle – et la rumeur semble avoir des aspects démoniaques –plus Jésus éprouve le besoin de la discrétion, de la retenue, de la liberté… et par-dessus tout du lien intime avec celui qu’il appelle son Père.
Mystérieuse respiration humaine que cette prière, qui lui permet de reprendre souffle, de donner vie, de se recentrer sur l’essentiel. A aucun moment, ce lien vital n’est rompu, comme si rien d’important pour Jésus n’avait pu s’accomplir sans cet espace-là, qui  conjugue intériorité et extériorité, engagement et dégagement. L’engagement réalise ce qu’il est, Dieu. Mais il ne s’effectue  que par un équilibre avec ce dégagement, ce ressourcement nécessaire, indispensable à toute vie
Alors, non,  l’écart qui se réalise  à la fin de cet Evangile n’est pas une fuite ! Mais c’est une ouverture. Jésus  est venu pour tous. Il part pour déployer son action dans les terres inconnues de la Galilée des nations. Dieu est sorti. Il a voulu rejoindre nos routes humaines et spirituelles. Il brouille les frontières entre l’humain et le divin, le temporel et le spirituel, le profane et le sacré.

Jean-François Petit

Comment la Parole de Dieu nous déplace et nous invite au partage ?

Envoi

Il parcourut toute la Galilée nous disait l’Evangile de Marc, cette Galilée des nations, dans laquelle le Christ envoya ses disciples.
Cette Galilée des nations, qui n’avait pas très bonne réputation, et où cohabitaient toutes sortes de peuples de différentes origines, ne symbolise-t-elle pas la mondialisation, n’est-elle à l’image de notre planète, dans laquelle le Christ nous envoie aujourd’hui vivre sa Parole ?

Michel Bouvard

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