Amore infinito

Amore infinito

Dans le métro en ce moment, une affiche unie rose quasiment vide avec un dessin étrange en forme de T m’intrigue. Un titre : AMORE INFINITO, un slogan facile à comprendre ! Puis le nom d’une chaîne sportive. Quel rapport ? Au dessus, en petites lettres : « L’événement du mois est à vivre en exclusivité sur… ». Je n’y comprends plus rien…  Cet amour infini sur fond rose, c’est l’amour du sport… ??!!  C’est vraiment abuser !

Je regarde mieux le T : le cliché en noir et blanc montre du dessus une personne casquée avec un maillot de sportif ; tête baissée, bras étendus, paumes ouvertes, et, mais oui, il est en équilibre sur un vélo très profilé…

Je recule un peu.  Pourquoi cette image me gêne-t-elle ? Soudain, le flash ! Elle reprend le Christ de saint Jean de la Croix, par Dali qui reprend un crayon de saint Jean de la Croix lui-même.

Alors là, je bondis ! Encore la profanation, encore le second degré systématique, encore les droits de l’art…

Et puis, dans mon wagon, je ferme les yeux.

Amore infinito, c’est aussi le titre de l’album des poèmes de Jean-Paul II chantés par Placido Domingo, une chanson de Chiara Galiazzo, le refrain de tant de romans et romances, de tous les  romantiques en chacun de nous.

Faut-il rager de voir galvaudés cette image et ces mots ? Faut-il pleurer de voir ainsi détournées trivialement les souffrances d’un crucifié ? Et puis soudain une évidence : son image est devenue maintenant le symbole – validé même commercialement ! –  de l’amour infini dont il a démontré la possibilité sur notre terre.

Alors, n’est-ce pas à nous aussi d’occuper même le métro ?

Marguerite Champeaux-Rousselot

Billet du dimanche 14 mai 2017

 

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