Annoncer l’Évangile ? C’est aujourd’hui le moment favorable !

Annoncer l'Évangile, c'est bien le moment, même si l'on n'oublie pas que la foi est par essence intransmissible ; mais ce n'est pas parce que l'homme sera toujours libre de son « oui » que cela empêche le témoignage, bien au contraire.

En quoi l’Évangile est-il une Bonne Nouvelle pour les hommes d’aujourd’hui ?
À quelles conditions le témoignage des croyants est-il crédible ?
Comfondamentaux de la foiment transmettre l’intransmissible ?
par le père Christoph Theobald, s.j. théologien

Compte-rendu
Annoncer l’Évangile ! C’est aujourd’hui le moment favorable !

C’est bien ce que nous a redit le père Christoph Théobald, jésuite, théologien parmi les plus actifs dans les débats actuels dans l’Église de France, lors de sa conférence du 6 janvier dernier.
Oui, le moment est favorable parce que notre époque est en crise ou au moins en déséquilibre, parce que les lieux de fractures sont multiples, parce qu’un certain appauvrissement de l’Église est une chance pour une parole vraie et libre.
Annoncer l’Évangile, c’est bien le moment, même si l’on n’oublie pas que la foi est par essence intransmissible ; mais ce n’est pas parce que l’homme sera toujours libre de son « oui » que cela empêche le témoignage, bien au contraire.
Rappelons ici les trois grandes parties de la conférence du père Théobald. Une question permettra à chaque fois de prolonger le débat.

1/ L’Évangile est pour tous 
L’Évangile est d’abord une Bonne Nouvelle, toujours nouvelle, de la bonté radicale de Dieu. Même si l’époque est au pessimisme, le monde a besoin d’entendre qu’il est bon et que la vie est toujours possible. Le Christ lui-même fait faire cette expérience aux aveugles, paralytiques, hémorroïsse, que leur foi élémentaire permettait une nouvelle naissance. « Ma fille, ta foi t’a sauvée ». Cette foi n’est même pas formulée, loin du Credo de l’Église, c’est une « foi en la vie ».
Ces personnes guéries ne feront en général pas partie ensuite de la communauté des disciples. C’est le « premier étage » de la fusée qu’on peut appeler aussi « proto-Évangile ; premier Évangile » : Dieu est bon et ce qu’il fait est bon.

Question pour aller plus loin :
Aujourd’hui, spécialement dans les milieux les plus humbles, cette foi élémentaire en la vie semble problématique. Y a-t-il déjà, chez les familles accueillies pour un baptême par exemple, foi en soi-même ou dans les autres, foi en l’avenir ? Sur quoi s’appuyer pour ce premier étage de l’annonce de la Bonne Nouvelle ? Peut-on le faire sans une référence déjà explicite à la personne de Jésus, même encore élémentaire, comme c’est le cas lors des guérisons de l’Évangile ?

2/ Devenir disciple de Jésus et croire en lui 
La seconde étape de l’annonce concerne l’apôtre lui-même, qui doit grandir comme disciple, dans ses attitudes et dans sa foi. Le témoignage est crédible si le témoin est crédible, c’est-à-dire cohérent. Le disciple doit être en concordance avec lui-même, authentique. Il doit être en concordance avec les autres, compatissant sans prendre la place d’autrui. Il doit être enfin en concordance avec son espérance ultime et ne pas craindre la mort.
C’est un processus d’imitation et de suite de Jésus, qui conduit le disciple à vivre l’Évangile de manière unique. C’est dans la lecture commune de La Bible et dans la prière que le disciple devient conforme à Jésus-Christ et un « aîné dans la foi ».

Question pour aller plus loin :
Faut-il attendre d’être des saints pour être apôtres ? Le père Théobald précisait que « reconnaître son péché fait partie de sa propre crédibilité ». Ne peut-on pas aller plus loin et reconnaître la crédibilité du témoignage dans l’œuvre de Dieu capable de faire de bonnes choses au cour de notre faiblesse et même de nos incohérences ?

3/ La première annonce
La troisième étape, aboutissement du propos du père Théobald est l’urgence de la première annonce de l’Évangile de Jésus-Christ. La première annonce est au service de la foi de quiconque et une invitation faite, à chaque fois que c’est possible, à croire en Jésus. L’auditeur est libre de croire ou non et libre ensuite d’appartenir ou non à la communauté.
Il n’y a pas à faire de choix de lieu ou de projet pastoral, l’Église doit se mettre en condition de cette annonce. Les lieux peuvent être aussi bien institutionnels, (accueil en paroisse lors des mariages, funérailles, etc…) que dans la vie quotidienne. Ce qui se passe à l’improviste mérite une attention particulière. Le disciple doit être proche et attentif à tous les petits événements pour y saisir l’occasion d’entrer dans un dialogue sur l’essentiel de qui fait vivre. Le plus important est dans la disponibilité intérieure.

Questions pour aller plus loin : Le père Théobald a remis en valeur dans cette dernière partie les « visites ». Dans les visites peuvent se vivre les trois étapes de l’annonce, du témoignage implicite de la bonté de Dieu à l’annonce explicite du Christ, quand le dialogue aboutit à ce questionnement.
Sans enfermer le travail de l’Esprit dans des projets pastoraux, comment remettre nos communautés dans un dynamisme de visite ? De quelle façon nos paroisses, nos mouvements, nos services, et les chrétiens de manière personnelle, peuvent-ils être encouragés à retrouver les chemins de la rencontre gratuite, capables ainsi, de témoigner implicitement, ou explicitement quand le dialogue y conduit, de la Bonne Nouvelle du Christ ?

Oui, le moment est favorable pour l’annonce de l’Évangile, ne le laissons pas échapper.

Yves Delavoix

Newsletter

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *