Appel à projets artistiques 2020-2021

L’église Saint-Merry, depuis 5 ans, construit ses expositions et grands évènements à partir d’appels à projets. Comme le contexte évolue, l’équipe en charge d’accompagner les projets d’artistes (Collège des arts visuels, Réseau Voir et Dire) a précisé ses nouvelles ambitions pour les partager avec des artistes.

Un appel à projets artistiques très ouvert

Au cœur d’une métropole qui bouge

L’église, située sur un axe piétonnier très dense va connaître un afflux de visiteurs supplémentaire avec : l’ouverture d’une nouvelle institution, le musée Pinault à la Bourse du commerce, alors que le Centre Georges Pompidou se rénove pour accueillir les JO 2024, la place de l’Hôtel de Ville devenant un lieu permanent de rencontres et de fêtes. Aux portes mêmes de l’église, sur l’espace public, une nouvelle micro-initiative culturelle innovante a vu le jour : LeSocle.Paris y expose une jeune génération de plasticiens.

Saint-Merry est bien plus qu’une paroisse et ses rapports à la ville changent[1]. Alexandre Denis, à la fois nouveau curé de la paroisse et responsable du centre pastoral, a pris ses fonctions en septembre, une nouvelle équipe pastorale de laïcs a été élue ; l’intérieur comme l’extérieur est appelé à se transformer.

Ce sont les flux de personnes de tous les pays qui rythment la vie de cette église vivante et exprimant une spiritualité, sa foi dans des termes renouvelés. Mais, désormais, il y a bien plus de visiteurs qui viennent voir les richesses patrimoniales du bâtiment et ses évènements que de paroissiens venant à la messe. L’accueil et l’art voient leur horizon s’élargir, alors que la liturgie demeure un des piliers. D’un côté, Saint-Merry n’est ni une galerie, ni un musée, ni une salle de concert ; d’un autre côté, le culte et les engagements des membres n’y sont pas dissociés du culturel le plus surprenant.

L’ambition est désormais d’associer plus finement les artistes exposés au devoir d’hospitalité, à la bienveillance à l’égard de tous ceux qui passent le seuil. Avec ses moyens propres, l’artiste contribue à arrêter visuellement le visiteur, quelles qu’en soient les origines ou les motivations, à favoriser par ses œuvres un temps de relations, à proposer à chacun un temps de mise en retrait temporaire d’une ville bouillonnante. Il est aussi proposé à l’artiste d’être proche, par sa présence ou/et par ses œuvres, d’une communauté croyante et de paroissiens qui doivent renouveler progressivement les formes de leur ouverture au monde.

Un public et des artistes

Quand un visiteur quitte les rues Saint-Martin ou de la Verrerie où tout est mouvement, il entre pour découvrir, pour faire, seul ou avec ses proches, une expérience personnelle, quelles qu’en soient les raisons (tourisme, concert, repos rafraîchissement l’été, dévotion en des termes qui lui sont propres, etc[2].).

La belle architecture de Saint-Merry est la première expérience spatiale du visiteur, elle augmente la perception de ce dernier ; les fresques, tableaux, sculptures du passé et tout ce qui touche aux liturgies apportent d’autres dimensions. Il est demandé aux artistes contemporains choisis de rentrer dans cette dynamique et de contribuer à faire du visiteur « une femme ou un homme augmenté(e ) », qui s’arrête, qui reprend son souffle, qui peut entrer en relation avec d’autres dans l’église même (avec l’équipe d’Accueil par exemple). Et, on l’espère, en relation avec elle ou lui-même…

Les réponses doivent intégrer l’identité du bâtiment du XVIe, le public mais aussi la présence de la communauté aux attentes différentes à l’égard de l’art. Accueillir le public et l’artiste : des attentions permanentes à Saint-Merry.

L’église et les artistes

Saint-Merry accueille tout autant de jeunes artistes qui ne sont pas liés à des galeries que des artistes plus confirmés. La qualité, la pertinence, la sincérité, la portée, le sens et l’originalité des œuvres priment. Le champ dépasse l’espace habituel du religieux.

La réponse doit être en résonance avec ce que l’artiste perçoit du monde, ses convictions et foi artistiques, ou encore avec ce qu’il connaît des quêtes de l’individu contemporain et de son désir d’intériorité. Dans ces conditions, les sujets peuvent être les plus divers (la planète, la société, le politique, le religieux, l’expression de la foi, notamment celle de l’artiste, la relecture des Textes, l’art et la culture, la vie, etc.)

L’œuvre doit surprendre le visiteur dans sa déambulation, par sa beauté, par son originalité, par son interpellation artistique. Elle doit être accessible au plus grand nombre. Insérée avec justesse dans l’espace, elle est compatible avec l’exercice des liturgies et doit respecter les consignes de sécurité données par la régie.

Contrairement à d’autres églises où l’art est cantonné à certains endroits, la quasi-totalité de l’espace est ouverte et riche en opportunités d’accrochage ou d’installations.

  • Le transept est devenu un espace prisé par les artistes, certains se voyant même proposer d’élaborer des retables contemporains (peintures ou photos).
  • Le claustra est un bel espace dépouillé, un lieu de méditation ; il est réservé à quelques œuvres rares et singulières qui valorisent les murs naturels anciens et cet espace clos.
  • Le baptistère est un petit espace qui est délaissé depuis de nombreuses années, mais il peut devenir un espace d’exposition intéressant à l’entrée même de l’église par la rue Saint-Martin.
  • La crypte est un espace envoûtant très frais l’été, un peu humide l’hiver. Ses contraintes et ses qualités sont spécifiques.
  • L’église s’est transformée dans ses usages durant les dernières années. Ainsi la Chapelle de communion est devenue un espace d’accueil convivial avec ses tables multicolores et ses stands d’information. Il est cependant possible d’y mettre des œuvres.

Globalement le nombre de cimaises s’est réduit ; aussi le baptistère est une occasion d’en trouver de nouvelles.

Il est vivement conseillé aux candidats de se rendre sur place ou de regarder tous les documents fournis sur ce site, de découvrir les multiples espaces, de se laisser inspirer par le lieu et de concevoir leurs œuvres, ou de choisir des œuvres déjà réalisées en fonction de ce qu’ils ont perçu de Saint-Merry et de son atmosphère. L’art est en dialogue avec la communauté.

Les rubriques de Voir et Dire sur cet accueil et sur les lieux possibles  donnent des références utiles sur les potentialités et leurs contraintes. Vous pouvez accéder à une visite virtuelle ou à un récent film en italien si vous ne connaissez pas encore le bâtiment.

Choix des expositions par les candidats

Les expositions ou manifestations relèvent de logiques différentes :

–                Le « temps ordinaire » : les expositions (3 à 6 / an) sont programmées pour une durée de trois semaines. Elles peuvent être individuelles, collectives, thématiques.

–                L’exposition d’été : elle dure du 10 juillet au 30 août environ et s’adresse à un public plus international

–                La Nuit Blanche est un évènement majeur bénéficiant de subventions spécifiques, quoique très limitées, et reçoit l’aide au montage de membres de la communauté, tandis que d’autres deviennent médiateurs. Il s’agit d’un moment très fort pour Saint-Merry, mêlant visuel, son, émotion, réflexion et rencontres nouvelles. Les œuvres proposées englobent une très grande partie de l’espace et doivent être pensées en fonction des foules (entre 15 et 30 000 visiteurs dans la nuit).

Toutes les expositions doivent être financièrement équilibrées, car l’église est pauvre. Il appartient à chaque artiste de s’en assurer et de préciser les conditions matérielles et financières du montage.

Saint-Merry dispose d’un peu de matériel et de petits appuis financiers pour du transport par exemple. En dehors des discussions préalables, le temps de la régie (montage, mise en sécurité) est facturé.

Présentation des réponses

Les candidats sont invités à présenter leur projet sous la forme d’un dossier concis (5 pages maximum) en pdf, aussi léger que possible, dont toutes les caractéristiques sont données sur le site de Voir et Dire

Les réponses à l’appel à projets artistiques doivent être transmises avant le dimanche 8 mars 2020.

Consulter la programmation des expositions des premiers mois de 2020

Jean Deuzèmes

Appel à projets à diffuser largement. Merci

[1] Le cadre de Saint-Merry est celui d’un hypercentre de la ville monde qui perd de sa population résidante mais qui se transforme rapidement, tiré à la fois par la culture, le commerce et les évènements tout au long de l’année.

[2] Quels sont les traits distinguant aujourd’hui les églises dans un tissu urbain ?

La liste est longue, mais on peut insister sur certains : bâtiments repères dans la ville ; espaces d’hospitalité bienveillante par tradition ; bâtiments de mémoire singuliers  branchés sur l’espace public parfois dans le prolongement de celui-ci (Saint-Merry rue Saint-Martin) ; ayant une densité patrimoniale reconnue et culturelle et des potentialités connues de découvertes, donc très visités, de plus en plus par des étrangers ; dotés de dispositifs d’accueil très différents de l’un à l’autre ; gratuits au milieu d’un univers de consommation intense ; ouverts à tous sur de grandes plages horaires ; calmes dans un univers de bruit donc espaces de repos éphémères ; attirant le respect et aux actes d’incivilité limités ; permettant la dévotion pour les croyants et la halte sur soi à titre individuel ; offrant une possibilité de relation d’altérité ; gardant la fonction, même limitée, de ciment d’une vie sociale de quartier ; fortement résilients dans le changement climatique (fraîcheur en été notamment). Le dimanche matin, elles prennent les habits de la pratique religieuse.

 

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