Appelés à la liberté

1400 ZE DSC00978le Christ nous a libérés.
Alors tenez bon,
ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.

Dimanche 26 juin 2016
1ère lecture : « Élisée se leva et partit à la suite d’Élie » (1 R 19, 16b.19-21)
Psaume : Ps 15 (16), 1.2a.5, 7-8, 9-10, 2b.11
2ème lecture : « Vous avez été appelés à la liberté » (Ga 5, 1.13-18)
Evangile : « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 51-62)
Accueil.

Bonjour, et bienvenue à chacune et à chacun,
les fidèles de la communauté de Saint-Merry comme les amis de passage.

Nous sommes appelés à la liberté.
Phrase bien connue mais qui mérite qu’on s’y arrête quelques instants.
Quelle liberté ?

La liberté qui nous est proposée ce matin ne fait pas vraiment envie.
Nous voyons très bien ce que nous avons à perdre :
un père et une mère que l’on pas le temps d’embrasser,
des êtres chers que l’on pas le temps d’enterrer,
des activités quotidiennes que l’on n’a pas le temps de terminer.
Bref, pas le temps, et puis surtout,
pas envie d’être arraché à ceux que nous aimons.

En plus, qu’avons-nous à gagner dans l’affaire ?
Ce qui nous est promis, ce sont du sang et des larmes,
pas d’endroit où dormir et personne pour nous accueillir.
Pas très enthousiasmant.

Et pourtant, sans rien cacher des difficultés et des obstacles,
c’est bien à chacune et à chacun d’entre nous
que Jésus s’adresse personnellement en nous disant
« Suis-moi ».
Et à cette question, il attend de chacun de nous une réponse radicale.

Ce n’est pas la liberté en tant que telle qui est importante,
mais c’est l’usage que je choisis d’en faire.
La liberté du renard libre dans le poulailler libre
ou la liberté de me détacher de tout ce qui m’entrave
pour me mettre au service des autres ?

Alors que répondre ?
On prend le risque ou on ne prend pas le risque ?
Face à un tel choix, nous sommes bien seuls.
Et pourtant, nous ne sommes pas abandonnés.

Au début de cette célébration, invoquons l’Esprit,
mettons notre espérance et notre confiance dans le Seigneur.
Il est mon appui dès ma jeunesse.

Vincent Moreau
13eme dimanche après Pâques. Quelques mots après la lecture de l’Evangile.

« C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés »
nous dit saint Paul que José lira dans quelques instants.

Dans le psaume d’entrée, il est dit:
«  Je bénis le Seigneur qui me conseille. Même la nuit mon cœur m’avertit ».
Liberté donnée et proximité de Dieu dans la nuit, dans nos nuits.

Difficile liberté :
le passage d’Evangile de Luc rend compte de la liberté de Jésus proche de la mort.
« Le visage déterminé, Jésus prit la route de Jérusalem »
Déterminé, il envoie des messagers en Samarie, province de mauvaise réputation
nourrissant une méfiance réciproque entre elle et les habitants de la Judée.
Hostilité probable.
Jésus voudrait-il nous enseigner une nouvelle façon
de considérer ceux qui ne partagent pas notre foi ?

Les messagers de paix envoyés par Jésus sont mal reçus.
Au refus prévisible de le recevoir, et face à la proposition de vengeance de Jacques et Jean,
la réprimande immédiate de Jésus à leur égard confirme sa liberté intérieure
devant la tentation de réponse violente des deux disciples.

Ces obstacles dressés devant Jésus
ne peuvent arrêter sa détermination d’annoncer le Règne de Dieu,

c’est-à-dire la force de vie qu’est son amour pour chacun de nous,
et pour tous les hommes :

«  Il est venu pour que tous aient la vie »  La vie, aujourd’hui.

La suite du passage de ce jour condense la tonalité d’urgence du message.
Elle est signifiée par Luc au cour de trois rencontres successives de Jésus
avec trois hommes qui se disent prêts à le suivre :
deux disent « je te suivrai » mais dans le futur du temps, pas tout de suite,
verbes qui encadrent le « suis-moi » au vif du présent
adressé par Jésus au deuxième homme présent sur le chemin.
Chacun se donne une raison de suspendre sa décision de suivre Jésus immédiatement.
Nous pouvons probablement nous reconnaître dans nos hésitations face à un appel.
Manque d’enthousiasme devant le travail de discernement, devant le risque supposé ou bien réel.
Manque de confiance devant l’appel à vivre autrement
sans sécurité apparente mais hors du joug de l’esclavage.

l’appel insistant de Dieu ne nous laisse-t-il pas libres ?

Le règne de Dieu est déjà là disons nous.
C’est vite dit,  mais comment serait-il, sera-t-il visible et réel ?
Sous quelles formes de réalité ? Sommes-nous assurés d’être clairvoyants dans nos choix ?
Pourquoi les faisons-nous ? Où est notre appui ?
La règle d’or que rappelle saint Paul au cœur de notre liberté :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est notre fondation. Notre appui, il est là.

 

Manifester la réalité de ce que nous annonçons est présente au centre pastoral Saint Merry.
Nous tentons non sans débats de la mettre en œuvre.
Elle l’est  grâce à beaucoup d’entre nous engagés dans la solidarité sous de multiples formes.
L’une d’elles, sous les traits de l’hospitalité, a été vécue la semaine dernière
en confiance mutuelle entre des artistes de l’art de la rue, et des membres de la communauté.

Etonnement joyeux  partagé, de voir et d’entendre l’expression des artistes en train de créer
et parler avec les visiteurs et passants  de ce qu’ils vivaient dans l’église, en continuité avec la rue.
Joie de la confiance que nous avons donnée
à laquelle de nombreux artistes ont répondu généreusement avec enthousiasme.
Enthousiasme aussi de visiteurs.

N’est-ce pas une face de notre mission ?

Un film tourné au cœur de la vie bouillonnante de la semaine passée
et présent sur le site du centre pastoral en rend compte.
Nous pourrons remarquer qu’il est rangé
comme toutes nos actions sous le titre qui résume notre mission :
« L’Evangile dans la ville »

Marie-Thérèse Joudiou
Envoi

Etre appelé à la liberté, c’est savoir prendre des risques, le risque de se tromper,
le risque de tomber, mais probablement aussi le risque de réussir et d’avancer !

Pour notre Communauté, il y a le risque de l’accueil, l’accueil d’été, qui
commence dans quelques jours, l’accueil des artistes ou l’accueil d’une famille
de réfugiés que nous avons le plaisir de rencontrer aujourd’hui.

Mais il y a aussi le risque de venir participer à la préparation de la messe,
qui a lieu chaque lundi ou mardi qui précède.
Chacune et chacun de nous est appelé à y participer,
car ce n’est pas la chasse gardée de quelques visages que l’on voit trop souvent.
Au contraire, c’est l’affaire de tous.

Alors, prenons le risque d’y aller et d’y exercer notre liberté d’enfant de Dieu.
Que l’on prenne ou non la parole (personne n’est obligé de le faire),
c’est une expérience extraordinaire qui mérite d’être vécue.

Vincent Moreau

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