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Après Jésus. L’invention du christianisme

En 2017, Albin Michel a publié un gros volume collectif, Jésus. L’encyclopédie, sous la direction de Joseph Doré (843 p.) : il s’agissait de faire le point sur l’ensemble des connaissances actuelles sur Jésus. Après Jésus en est la suite. Que sait-on des deux premiers siècles du christianisme, jusque 250 environ ? Que sait-on, mais aussi que ne sait-on pas, car bien des choses restent obscures ? Cet ouvrage fait appel à nombre de spécialistes concernant cette question (quatre-vingts auteurs différents, de différentes confessions chrétiennes, mais aussi juifs ou non croyants), qui apportent informations, questions et éclairages. Différences d’approches, parfois aussi différences d’interprétations. Le tout est richement illustré, ce qui contribue à l’attrait et à l’intérêt de la lecture.

Après Jésus. L’invention du christianisme
Éd. Roselyne Dupont-Roc et Antoine Guggenheim, Albin Michel, 2020, 701 p.

L’ouvrage est structuré en trois livres : I. Des racines et des textes, II. Querelles d’héritage, III. Vers l’Église. De multiples thèmes sont ainsi traités : 

  • Les premiers écrits (chrétiens, juifs, romains) et les différents milieux culturels de la naissance des communautés. 
  • Les premières assemblées chrétiennes (repas du Seigneur et eucharistie) ; la figure et le rôle de Paul et de sa théologie ; le rapport avec les synagogues et plus généralement avec les juifs ; les premières élaborations théologiques sur l’identité de Jésus. 
  • Les premières communautés et leur diversité, les premières structurations de ces communautés, la profusion des expressions intellectuelles à partir du 2e siècle, les extensions des Églises au sein de l’Empire et le lien entre l’unification de l’Empire et celle de l’Église.

L’ouvrage se conclut par une postface très intéressante de Marcel Gauchet : comment comprendre qu’un obscur prophète juif dans une périphérie lointaine en vienne un jour à conquérir l’Empire romain et changer profondément le cours de l’histoire ?
Une table très développée des noms et des thèmes permet de faire différentes recherches.
Le panorama est très vaste, les approches très différentes et complémentaires, pas toujours unanimes. Un livre encyclopédique d’une grande richesse, où on apprend beaucoup de choses, qui aide à dépasser les visions simplistes sur cette période si importante de l’histoire de la foi, et à nuancer bien des approches.
Certains textes se lisent facilement, d’autres sont plus ardus. Il est certes très intéressant de lire le livre de bout en bout. Mais on peut tout aussi bien y piocher à partir de ses propres intérêts ou questionnements.

Cet ouvrage permet de ne pas donner des réponses trop simples ou apparemment évidentes aux questions que nous nous posons aujourd’hui sur les origines de notre foi et de son expression ecclésiale, au sujet de l’eucharistie, des structures hiérarchiques, des ministères, des expressions doctrinales de la foi, par exemple.

Ignace Berten, dominicain belge, théologien

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