« Ascension du Seigneur »

En faisant le récit de l’Ascension Luc nous invite à entrer dans le temps de l’Esprit. Le temps de l’Esprit, c’est le temps de la Création

 

L'Ascension, enluminure de Niccolò di ser Sozzo, Sienne (1334 ca - 1363)
L’Ascension, enluminure de Niccolò di ser Sozzo, Sienne (1334 ca – 1363)

Ascension
Jeudi 29 mai 2014
Année A

Lectures :
Commencement du livre des Actes des Apôtres Ac 1, 1-11

Première lettre de saint Pierre Apôtre aux Éphésiens 1 P 3, 15-18
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 28, 16-20

«Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Réflexion sur l’Ascension

C’est dans un langage poétique qu’en faisant le récit de l’Ascension Luc nous invite à entrer dans le temps de l’Esprit. D’ailleurs, de nombreux auteurs parlent des Actes des Apôtres comme de l’Evangile de l’Esprit.
Le temps de l’Esprit, c’est le temps de la Création. Nous pouvons mettre en parallèle le récit de l’Ascension avec celui de la Genèse. Leur logique (ou leur logiciel ou leur matrice, qu’importe le nom) est le même : c’est la séparation (que l’on peut associer à la rupture, au manque, à l’absence, au deuil) qui permet à la nouveauté d’advenir. Jésus est mort ; ses disciples interprètent ses paroles et ses gestes pour comprendre et vivre ; leur interprétation du sens est une véritable création (ou une nouvelle parole ou un nouvel espace) qui les conduit à  celle de l’Eglise.
En fait, Luc est un historien, mais un historien de la foi. Il écrit l’histoire et il fait l’histoire. Il écrit l’histoire en racontant les premiers temps du christianisme. Et il fait l’histoire car, en utilisant l’image de l’Ascension, il introduit une nouvelle donne qui modifie la vision de l’histoire. En particulier, cette image est subversive et structurante. Subversive car, en quittant ses disciples, il leur demande d’aller témoigner jusqu’aux extrémités de la terre. L’idée que chaque homme et chaque femme, juive ou nom, est appelé par Dieu était révolutionnaire. D’autre part, l’image de l’Ascension est structurante car, en citant l’action de l’Esprit, Luc précise les fondements de l’Eglise en tant qu’institution qui prend la place de Jésus et poursuit son œuvre dans l’histoire.
Au final, pour nous lecteurs au XXIe siècle, face à la mort (la nôtre et pas seulement celle de Jésus) et à la conscience de la finitude, nous sommes invités par Luc à entrer dans le temps de l’Esprit, celui de la création dans notre propre vie, à la suite de Jésus, au cœur même de la Résurrection. Une remarque au passage : dans les Actes des apôtres, ce n’est pas la croix qui sauve, c’est la Résurrection.
Avec l’image de l’Ascension, Luc nous invite à couper nos amarres et à partir à l’aventure. A quitter nos certitudes et nos habitudes pour aller jusqu’aux extrémités de notre humanité. A accepter les inévitables ruptures que nous impose la vie pour vivre l’absence créatrice et le désir qui, en nous, se retrouve à nu.
Pour faire de notre aujourd’hui un commencement.

 Daniel Duigou

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