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Assemblée de la communauté de Saint-Merry 18 nov. 2017

Déjà février, … mais il a fallu du temps pour faire la synthèse des ateliers qui ont permis de nous découvrir… Le thème de l’Assemblée communautaire était l’Accueil, qui est d’ailleurs un des axes de notre Texte d’Orientation Pastorale, inspiré par la mission spécifique de Saint-Merry : « s’ouvrir au monde ». Accueillir, dans notre monde contemporain si lesté par la peur et l’individualisme, c’est sortir, aller au-dehors pour se défaire d’une posture de retrait, à l’abri des remous environnants, et se laisser déranger par celui qui est proche, qui est étranger, différent, souffrant, dans le besoin, qui n’est autre que notre frère. Cette attitude doit se prolonger par un regard, une parole, un geste, en un mot une action qui, pour nous chrétiens, prend son sens dans l’Evangile. C’est pourquoi Accueillir, Agir et Annoncer sont dans une relation de réciprocité.

Vous avez ci-dessous une synthèse des points-forts pris séparément, mais vous pouvez également cliquer ici  pour obtenir soit le compte-rendu intégral d’affilée, soit au fur et à mesure cliquer sur chaque point qui vous intéresse pour avoir le texte complet.

Pour commencer, quelques idées-clés proposées par Daniel Duigou  (cliquer ici pour avoir ce texte) : « se construire contre l’autre, c’est le communautarisme.  Le christianisme est à l’opposé : c’est se construire avec l’autre ». « La rencontre avec l’autre, dans l’altérité (…) libère de ce que nous ne sommes pas, pour devenir ce que nous sommes en vérité, dans la liberté. Que la répétition mortelle cesse et que quelque chose de nouveau, de radicalement nouveau, [puisse] se produire dans notre existence. ». C’est ainsi que se vivra la rencontre avec Dieu.
« Dès son commencement, Saint-Merry (le CPHB) s’est tourné vers l’autre : les restos du cœur, le soutien à l’Amérique latine, David et Jonathan, RCI… » L’important était d’abord de tendre la main à l’autre et trouver un vivre ensemble. En vivant cela, le lieu, le culte, le partage du pain et du vin prenaient sens : comme Jésus, rencontrer l’autre dans l’étranger, lui faire place, partager et multiplier la vie.
Dans un monde qui change, (événements, actualité, création etc.),  Daniel Duigou nous appelés à vivre de nouvelles formes de solidarité et de rencontres, d’action, de langage : à oser des expériences qui seront source de théologie. C’est chaque année que notre communauté doit naître et rester vivante.

Ensuite, on a apporté toutes précisions sur l’approche institutionnelle : le mandat de l’Equipe pastorale (cliquer ici  pour le texte 2), le Texte d’Orientation pastorale  (le TOP) désormais complet, (cliquer ici  pour le texte 3) et un rappel sur l’organisation et le fonctionnement du Centre Pastoral Saint Merry (cliquer ici  pour le texte 4)

Le Débat  à mi-journée est revenu  à plusieurs reprises  (cliquer ici pour le texte 5) sur la communication (nécessité de sa qualité, circulation de l’information, articulation en réseau, coordination) : la Communauté regrette de se connaître elle-même insuffisamment …  En particulier,  elle souhaiterait à l’avenir mieux connaître « son » Collège de la Musique comme «  son » Observatoire de la musique, si elle connaît assez bien le Collège des arts visuels.

Puis nous nous sommes répartis en neuf groupes pour faire une analyse critique de nos principales activités. Comment avons-nous su accueillir, agir, annoncer, ce que nous avons entrepris.  Le compte-rendu complet se trouve ici (cliquer ici  pour le compte-rendu complet 6) , mais voici les principales conclusions rangées par thème :

1 Foi et politique.
Bilan sur la période préélectorale passée : très active, diversifiée, elle s’est passée  calmement et utilement à saint-Merry. Face aux prochaines élections, nous ne partirons pas de zéro pour mieux participer à la vie citoyenne en dehors de la communauté, accueillir les avis divergents des autres (avec une initiation méthodologique ) et lier foi et vie politique pour que chacun puisse enraciner davantage ses convictions dans l’Evangile et puisse, quand cela est possible, l’annoncer explicitement.

2 Temps spirituels.
Pour certains, ils sont indispensables pour se ressourcer et agir. Leur surgissement dépend d’une demande de la base, d’où  leur variété et leur durée de vie parfois courte,  d’où ensuite un problème d’information à leur sujet (on en découvre plusieurs !). Le groupe est parfois trop réduit ou trop homogène : il serait sans doute bon d’avoir plus de lien avec la paroisse, de partager le Claustra avec l’Art autour de la dimension spirituelle de l’Art, d’intégrer le souci de spiritualité dans toutes les activités (jeunes, accueil, art…)

3 La Nuit sacrée
De très nombreuses suggestions et idées sont proposées pour augmenter son lien avec la Communauté en amont  (choix à faire) et la participation de celle-ci, ainsi que  pour rendre ses apports plus profonds et les relations établies plus durables, dans une réalité plus spirituelle que spectaculaire, valorisant le mot « sacré », point commun entre les différentes traditions spirituelles entre lesquelles il faut veiller à garder un équilibre.  Il serait bien de maintenir ensuite des liens de transversalité, de solidarité, et il faut poursuivre la collaboration avec l’association Coexister.

4 Nuit blanche
Les nuits blanches passées ont été mémorables (le bateau, la crèche, les misères). Celle de 2017 a été préparée assez passivement à Saint-Merry ; le bruit, la lumière et le plan vigi-pirate ont handicapé les échanges qui ne pouvaient se faire que sur le parvis. Mais Saint Merry faisait partie du circuit officiel et nous avons donc de bons contacts avec la mairie du IVe arrondissement. Beaucoup de jeunes ont  été heureusement surpris par cette Eglise … et sans doute y songeront-ils encore comme à un lieu où ils peuvent revenir. Pour la suivante, réussir à impliquer la Communauté dont tout doit partir, et bien se poser ces questions : pourquoi  Saint Merry accueille-t-il  la Nuit blanche ? Quel lien avec la pastorale ?

5 Concerts
Le public est nombreux et varié ; il y a des échanges, mais le contact est encore trop rapide… La communauté est active surtout pour accueillir les concerts réguliers du samedi et du dimanche : comment faire pour qu’un accueil  plus « présent » devienne plus signifiant, soit une « annonce », permette une vraie rencontre, et ceci sans risquer de faire croire à du prosélytisme ?

6 Expositions
“L’art et la foi ont quelque chose à voir ensemble”. Les expositions peuvent être “une fenêtre qui s’ouvre sur la transcendance”. Elles sont « des prétextes à des échanges entre nous et l’étranger qui peut expliquer ce qu’est son église à lui. » L’église devient un lieu où l’on propose une ouverture à quelque chose qui dépasse les personnes, leur vie quotidienne et leur smartphone. L’église devient quelque chose de plus que le bâtiment du XVIe siècle.”
Mais comprendre le lien entre telle exposition et la mission pastorale, avoir été plus associée aux choix en amont, rencontrer les artistes, entrer en résonance avec leur quête, voilà ce qui relierait la communauté à ces expositions qu’elle aimerait spontanément ou apprendrait à apprécier, et lui  permettrait de bien mieux accueillir les visiteurs  et faciliterait « l’annonce ».

7 Les nouvelles solidarités
Ces actions sont nombreuses et diverses. Faut-il privilégier leur originalité qui correspond souvent à des besoins précis, ou plutôt travailler avec des associations, organisations non gouvernementales (la Cimade, le CCFD, etc.) ?Il ne suffit pas de donner de l’argent, c’est pourquoi on développe des liens en créant des projets solidaires et réciproques (chants dans l’église le vendredi après-midi pour les passants, concert annuel de collégiens de quartiers défavorisés, etc.).
Ce souci doit être transversal à Saint-Merry

8 Célébrations :
Agir et accueillir y sont quasiment confondus. Il faut donc sortir du piège de l’entre soi, s’ouvrir aux gens périphériques, solliciter et donner la parole aux laïcs, aux femmes, à plus de personnes venant de l’extérieur, y compris des artistes et des créateurs.
Lutter contre la césure entre la vie et les célébrations : les enrichir au niveau du corps  (gestes), de nos préoccupations  (témoignages),  du style et du contenu  (la vie et la Bonne nouvelle avant la théologie et la morale). Bref, faire que l’église soit davantage dans la vie.

Nous avons entendu ensuite Elena Lasida, professeur à la Faculté des Sciences sociales et économiques de l’Institut Catholique de Paris, nous  partager sa vision globale du monde contemporain ( cliquer ici  pour le texte intégral 7). Notre vécu change en matière de temps  (nous sommes dans l’immédiateté due aux techniques d’information et de communication),  d’espace (notre corps se situe autrement sur la Terre mais aussi biologiquement et génétiquement)  et d’écologie (nous vivons autrement la gestion des ressources naturelles et les modèles de développement).
Le monde se construit et se reconstruit : quels sont donc les défis que nous avons à relever ?
Se laisser accueillir par la personne qu’on accueille et donc penser l’accueil en termes de réciprocité ; porter une bonne nouvelle, mais aussi reconnaître la bonne nouvelle portée par les autres ; compter dans les résultats de l’action également le type de relation tissée.

Les grandes crises du vivre ensemble : les NTIC en lien avec la crise financière, la financiarisation et la mondialisation, la crise migratoire, la concurrence  à outrance, le repli identitaire ; la révolution biologique en lien avec les questions de bioéthique et la réévaluation des rapports entre sexes ; la crise écologique en lien avec notre manière de consommer et de produire, de nous déplacer et d’habiter l’espace… bref notre manière de vivre ensemble.
Comme toute crise, ces crises ont réveillé notre conscience et ont suscité des initiatives : économie sociale et solidaire, et richesse et intérêt des relations ; valeur retrouvée du corps et du langage symbolique et affectif ;  réappropriation de notre “ maison commune”, partage, sobriété heureuse…
En conclusion, c’est une nouvelle “terre promise” vers laquelle marcher.

Un échange a clôturé la journée : réactions à ce qui précède et propositions pour l’avenir (cliquer ici pour le texte 8).
Nous avons pu encore approfondir la liaison entre l’art ou notre église classée  et le spirituel. Un vrai sujet se dessine autour du langage pour dire Dieu aujourd’hui (y compris en catéchèse) : un groupe travaillerait-il ces questions ?Une belle liberté d’expression, très créative, existe à saint-Merry, mais elle serait plus grande en étant plus fraternelle encore : nous devrions apprendre à faire confiance à l’autre, à nous écouter et nous accepter dans nos différences,  à  échanger d’une manière plus conviviale.

De nouvelles initiatives sont récentes :
La Marche de la Fraternité islamo-chrétienne, Initiative du Réseau Spiritualités Fraternité qui s’adresse particulièrement aux jeunes, elle se déroulera du 14 au 22 juillet 2018 du Mont Saint Michel aux Sept Saints-Vieux Marché, Côte d’Armor.
Le Pass Découverte qui permettra  à ceux qui font une démarche ponctuelle de découvrir transversalement  les autres propositions de Saint-Merry.

L’équipe pastorale remercie toutes celles et tous ceux qui ont participé à la préparation de cette assemblée, notamment celles et ceux qui ont pris des notes pendant les groupes de travail et qui nous ont permis d’en rédiger un compte-rendu : Marianne Grilhé pour Foi et politique ; Vincent Moreau pour les Temps spirituels ; Marie Jo Ledru pour la Nuit sacrée ; André Letowski pour la Nuit blanche ; Catherine Charvet pour les Concerts ; Odile Guillaud pour les Expositions ; Claire Saconney pour les Nouvelles solidarités et Marguerite Dauny pour les Célébrations.
Myriam Glorieux et Bruno de Benoist ont centralisé toutes les informations pour en faire ce compte-rendu aussi complet que possible !

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