Assemblée générale. Une quarantaine de contributions

La quarantaine de contributions reçues par l’équipe pastorale dans la perspective de l’actualisation du projet d’église du CPHB liée à son quarantième anniversaire sont la preuve de la forte implication, du foisonnement des idées et de l’importance des attentes des membres de la communauté. D’une grande diversité au niveau de leur style (critiques, idées personnelles, projets ficelés, propositions établies par un groupe) et des orientations qu’elles proposent, elles ont été regroupées en sept chapitres pour les besoins d’en faire une présentation synthétique (même si certaines propositions relèvent de plusieurs chapitres).

L’accueil

Plusieurs propositions invitent à repenser l’aménagement de l’église pour en valoriser la dimension d’accueil des visiteurs (ex. : prévoir des cartouches pour les œuvres exposées ; mettre en place un écran tactile) et y installer un espace consacré à la prière et au silence. Il est parallèlement proposé d’ouvrir l’église le soir en week-end et de créer un café-accueil. couple Certains membres souhaitent aller à la rencontre de nouveaux publics : en faisant une enquête sur les désirs des plus jeunes ; en mettant en place une cellule de réflexion sur l’accueil des jeunes adultes ; en prévoyant un système de parrainage pour les nouveaux arrivés qui le souhaitent.
Plusieurs personnes évoquent le besoin de nouvelles formes d’accueil liturgique et spirituel. Pour les couples qui demandent le mariage, une cérémonie de la parole pourrait être organisée pour ceux qui ne souhaitent pas se donner le sacrement du mariage. Des bénédictions pourraient être proposées aux couples qui ne peuvent pas recevoir ce sacrement (divorcés remariés, couples de même sexe) après avoir engagé une réflexion avec des théologiens. Des accompagnements spirituels personnels pourraient être mis en place.
La création de nouveaux lieux d’accueil mutuel, d’écoute et de solidarité est également envisagée : un groupe d’écoute des personnes à partir de la lecture de textes bibliques ; un groupe de réflexion et d’appui pour les personnes qui sont en souffrance dans leur vie professionnelle ; un groupe de réflexion ouvert qui permette au plus grand nombre de s’associer à l’accueil dans l’église et de développer des actions vis-à-vis de nos partenaires associatifs, mouvements laïcs ou religieux.

La solidarité
Plusieurs contributions invitent à la réflexion mais en vue de l’action, car « il faut privilégier l’agir sur la réflexion » : Quelle fraternité voulons-nous manifester vis-à-vis des foules qui subissent les catastrophes liées au dérèglement climatique, à l’épuisement des ressources naturelles, plus généralement aux causes structurelles de la pauvreté ? Quels engagements pour changer de mode de vie, vers une société plus solidaire et une consommation éthique et responsable ? Il est aussi proposé de réfléchir sur le « vivre ensemble » avec des communautés musulmanes (et l’aide de sociologues).
Certains proposent de poser des actes symboliques : jeûner pour le climat ; former des cercles de silence sur des causes qui nous tiennent à cœur ; donner une suite à la « vague » de cet été, vue comme un signe de fraternité. D’autres souhaitent mettre l’accent sur le partage : en donnant plus de visibilité aux engagements personnels externes des membres de la communauté ; en donnant une plus grande visibilité aux migrants ; en recourant aux associations de l’économie solidaire lorsque nous organisons des repas dans l’église ; en développant des échanges mutuels via internet avec des étudiants en français de l’Université Al Aqsa de Gaza.
Certaines des actions proposées visent à se mettre au service d’autrui : en luttant contre les déterminants sociaux de l’échec scolaire (grâce à la présence de nombreux enseignants au CPHB) ; en proposant diverses formes d’aide aux migrants durant leur parcours de régularisation ; en offrant un accompagnement pour les couples en difficulté ; en constituer une équipe d’accueil des blessés de la vie familiale ; en organisant un espace de médiation pour aider au règlement des conflits, notamment au sein de la communauté ; en mettant en place des groupes de solidarité de proximité.
D’autres visent à développer des actions sur le terrain économique : en créant une Cigale (pour accompagner ceux qui se lancent dans la création ou le développement d’une entreprise) ou une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP – pour établir des liens de solidarité entre agriculteurs et consommateurs).P1000738
Enfin, de nouveaux lieux de solidarité pourraient être instaurés : des groupes de quartiers ou toute autre initiative de construction de liens communautaires ; des groupes de partage qui tiennent compte de l’état de vie et de l’activité professionnelle des personnes pour qu’elles y expriment leurs engagements et refassent ainsi connaissance ; un groupe d’étude des demandes de financement d’urgence ; un groupe solidarité-fraternité internationale pour mettre l’actualité étrangère au cœur des célébrations et entretenir des liens à travers le monde. Des voyages culturels / religieux pourraient aider à tisser des liens.

La formation et la recherche
Plusieurs personnes attendent du CPHB qu’il propose des réflexions théologiques rigoureuses qui aient à rendre plus audible dans la société et l’Eglise une parole catholique ouverte sur la société : écrire une parole ouverte qui porte à la réflexion et au questionnement plutôt qu’à l’exclusion et au jugement en matière d’éthique, de nouvelles formes de famille, de chômage, d’émigration… Il faudrait réfléchir à la place de la communauté dans l’Eglise.

logosDebatParmi les propositions de thèmes d’étude, on peut noter les dialogues interreligieux et œcuméniques, la liturgie comme lieu du symbolique, la vulnérabilité et le care, le post-humanisme, le prolongement des travaux sur les écrits de Michel Foucault (avec l’édition d’une plaquette sur le parcours de l’année dernière et un débat sur M. Foucault et le Christianisme), un enseignement sur la langue et la culture arabes pour être mieux outillés face aux risques de fracture de la société. Sont également évoqués un atelier d’écriture de psaumes, ainsi qu’un atelier de réécriture de textes bibliques avec des mots simples, en liaison avec la vie quotidienne, pour se les réapproprier.

La gouvernance du CPHB
Plusieurs contributions mettent l’accent sur les atouts et les risques de dérive : le CPHB doit se voir comme une pépinière de projets, ce qui implique un mode de fonctionnement qui laisse la place à beaucoup de liberté. Il doit aussi travailler en réseau avec des communautés vivantes qui nous ressemblent. Il faut aussi donner plus de visibilité, en interne comme en externe, aux activités du CPHB. Il faut lutter contre les tentations de « l’entre-soi frileux », de la suffisance, de l’intolérance, de l’ostracisme, de la transformation en cellule d’un parti politique. Les groupes ne devraient pas fonctionner en « forteresses quasi inaccessibles ». Il faut retrouver une parole circulante, respectueuse, solidaire, active et transformatrice et donner plus de place aux débats internes, ce qui suppose de se faire confiance et de laisser la parole toujours libre. Des pratiques d’évaluation pourraient également être développées.
De manière concrète, il est proposé de repenser la pratique de la coresponsabilité entre laïcs dans les groupes : quelle est la place laissée à la cooptation ? Quel degré d’ouverture des groupes ? Le mandat des responsables devrait avoir une durée limitée (3 ans?). Il faudrait encourager le départ des responsables au bout d’un certain temps, même en l’absence de relève. Il faudrait aussi réfléchir à la place et au rôle du prêtre au CPHB et expérimenter des ministères laïcs. Enfin, il est proposé d’organiser des petits groupes ponctuels où l’on pourrait prolonger la réflexion engagée lors d’un événement.

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