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Atelier Michel Foucault (4)

Leçon du 29 avril 1981

Dans cette leçon Foucault aborde le christianisme qu’il traite comme un objet culturel, « qui lie l’individu à et par des recherches de vérité ». La dimension communautaire est complètement passée sous silence. Mais ces processus de véridiction ne sont pas spécifiques au christianisme : Foucault a été marqué par Pierre Hadot (« Exercices spirituels et philosophie antique »), qui visait ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas entrer dans le christianisme pour leur proposer une voie de sagesse. Idée à regarder autour de nous. Le cours de Foucault donné en 1982 (et paru en 2001)  « Herméneutique du sujet », lie la question de la vérité à une forme d’interprétation / herméneutique. Son approche est très complémentaire de celle de Ricoeur, mais celui-ci souligne la nécessité d’un tiers pour valider cette recherche de vérité.

Michel Foucault passe en revue les grandes techniques de vérédiction autour de trois thèmes (page 91) : le christianisme, les aspects canoniques, les pratiques monastiques, qu’il n’évoquera en fait que plus loin. Il montre combien sont proches les philosophes antiques et le christianisme : même souci de soi, d’avancer dans l’existence. S’agit-il d’une « hellénisation du christianisme » ou plutôt d’une « christianisation de l’hellénisme » ?  Par exemple Saint-Augustin reprend certains éléments des philosophies grecques mais pas d’autres. Tertullien remarque : « qu’est-ce qu’Athènes a à voir avec Jérusalem ?». En effet les Actes rapportent la rencontre ratée de Saint Paul à Athènes à propos du « dieu inconnu ». Les pratiques de connaissance de soi de l’Antiquité – socratisme chrétien – sont également citées par Saint-Bernard, et jusqu’à Montaigne, comme présentes dans certaines formes du christianisme.Michel Foucault

Foucault réfléchit dans une optique socio-politique : l’examen de soi des grecs porte sur la richesse, la vie politique, la gloire, qui ont un équivalent dans le christianisme sur l’avoir, le pouvoir, le savoir. Les religieux prennent des engagements sur ces trois points.

Foucault a le souci de donner la cohérence et l’origine des règles de conduite, qui sont intériorisées par les individus, qui s’inscrivent dans un processus d’individualisation.  Il creuse bien loin dans ce qui fait notre bien commun : notre difficulté c’est que nous sommes oublieux de ce bien culturel qui nous a construit et qui ne fait plus sens de la même façon. Comment aujourd’hui, l’écart proposé par Foucault à travers la relecture de ces pratiques nous aide à les orchestrer différemment.

Des questions et des réponses

J.F. P – Michel Foucault est l’anti Levinas, le rapport à l’autre est faible, il n’aborde pas l’altérité. Ainsi pour Dominique Quesada le rapport à l’autre disparaît aujourd’hui pour une notion de « mêmeté ». C’est la société du narcissisme. On va soit vers une différenciation totale – soit on est dans un grand tout unifié materné par la société : ainsi les jeunes : « moi et ma copine, moi et le grand groupe (exemple JMJ) », et rien entre les deux.. Un chercheur d’Angers parle d’«individualisme grégaire ». Foucault est intéressant car il travaille sur une recherche de mise à distance de soi, dans un processus d’individuation.

Qu – Ce qui est frappant dans le dialogue entre Serenus  et Sénèque, c’est qu’il n’y a pas de notion de faute.

Qu – Dans notre forme de communauté de Saint Merry, on ne parvient pas à cette évocation du pardon, à cette reconnaissance de ce qui s’est passé.

J.F. P – A-t-on perdu le sens du péché ? Relation à l’Autre, à Dieu ?. Aujourd’hui la liberté est exaltée. Peut-être faut-il revenir à des traditions qui nous aideraient ? En même temps, où Dieu intervient-il dans la vie de chacun ? Où voit-on la grâce présente ? Souvent pour les catéchumènes au moment des sacrements mais en dehors ? Une grande tradition catholique s’est développée sur le péché : Pascal et le jansénisme puis le XIXè ont apporté de mauvaises réponses à des questions comme la liberté et la grâce. Dans Vatican II le texte important porte sur la Révélation, dans Dei Verbum, plus que Gaudium et Spes. C’est la compréhension relationnelle, et non dogmatique : Dieu rentre en alliance avec nous. Voir aussi la déclaration sur l’interreligieux, un petit texte très important. C’est un renouveau patristique qui a permis cet ce renouveau conciliaire.

 

 

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