« Au lieu de détruire, il pardonne »

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

14 septembre 2014
La Croix glorieuse
24ème Semaine du Temps Ordinaire
Année ALA VAGUE DE LA FRATERNITE

Lectures
1ère lecture : Le serpent de bronze, signe du salut (Nb 21, 4b-9)
2ème lecture : Glorification de Jésus après son humiliation sur la Croix (Ph 2, 6-11)
Evangile : Le Christ élevé sur la croix pour le salut des hommes (Jn 3, 13-17)

Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix.

Commentaire

D’un côté on a la guerre des étoiles, Terminator 3, Moise qui brandit le serpent de bronze et règle l’ensemble des problèmes de la faim dans le monde – ou tout au moins les conséquences des râleries des juifs – d’un coup de baguette magique. D’un autre côté Jesus, qui est Dieu dépouillé de lui-même, qui s’abaisse jusqu’à mourir, et mourir sur une croix. Nous avons un peu peiné lors de la préparation.

Ce serpent il faut le regarder pour être sauvé.  On a le serpent vivant qui donne la mort (Dieu punit les conneries des Juifs), et la représentation du serpent qui donne la vie – pour peu qu’on la regarde. Et Jesus aussi, dans l’évangile de Jean, est élevé comme le serpent, et « tout homme qui croit obtient par lui la vie éternelle ». Mais dans le texte des Nombres, on a une représentation du serpent, et Jesus n’est pas une représentation de Dieu : d’un côté un objet fabriqué, d’un autre un être de chair. D’un côté un résultat efficace obtenu comme par magie, de l’autre un sauvetage toujours à recommencer parce qu’il est fait de la liberté de l’homme et de son engagement toujours incertain auprès de Dieu.

Il y a aussi dans le livre des Nombres ce mouvement incessant entre Dieu et les hommes, ils font des erreurs, Moise est obligé d’intercéder, Dieu leur pardonne, hop il sort le serpent, les hommes sont sauvés. Les choses ne viennent pas toutes seules. Il faut, dans les trois textes, que l’homme s’engage. Faire peau neuve d’abord en regardant le serpent ? plus sûrement en regardant Jesus – mais de quel regard s’agit il ? Si nous voulons appeler Jesus par son Nom, on a intérêt à s’y mettre fissa, il faut changer de regard.

Alors une première réponse serait la nappe, notre vague de solidarité. Qui est faite de tous nos bouts de rien amenés à la table lors du jeudi saint, cousue de toutes les diversités qui y ont amené qui un bout de tissu, qui un point de couture. Le contraîre de l’idole du serpent (un objet qu’on adorerait), plutôt une forme d’icône (qui décolle de sa dimension immédiate pour nous emmener ailleurs). NAPPE  FRATERNITEPaul parle du Christ ressuscité comme « icône du Dieu invisible ». Pour Jean Luc Marion[1], le Christ est le « seul visage envisageable de l’invisible ». Et aussi, « la gloire du divin ne nous advient que de biais, dans la figure dépouillée du Fils. Rien de plus proprement divin que la gloire masquée et l’absence d’immédiate apparition ».Cette nappe comme le signe de ce regard que nous voulons changer pour voir Jesus. Et peut être pouvoir l’entendre.

Et chacun d’entre nous, dans ce qu’il est un des petits grains de cette communauté et de celle plus large du monde, un des bouts de tissus de cette nappe : qu’il lui soit donné de retourner son regard, de se dépouiller, de prendre cette orientation de biais pour pouvoir voir Jesus. Et peut être l’entendre.

Valérie Le Peltier

[1] Jean Luc Marion, « L’idole et la distance »

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