« Aucune porte ne sera fermée »

Ouvrez les portes d’abord à la confiance et à la louange. Ensuite, ouvrons les portes de nos institutions, pour ne pas en être prisonniers, mais pour être vraiment libres. Ce à quoi Jésus nous appelle, c’est à sortir d’une logique où l’on distingue ce qui est permis et ce qui est interdit, ce qui est licite et illicite, ce qui est légitime de ce qui est illégitime pour entrer dans une logique de vie, d’amour et de liberté, de foi, de charité et d’espérance.

19 octobre 2014
29ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A

                                                                                                                           P1040502(1)(1)

Lectures
1ère lecture : Les empires sont dans la main de Dieu (Is 45, 1.4-6a)
2ème lecture : La foi, l’espérance et la charité de la communauté (1Th 1, 1-5b)
Evangile : À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 15-21)

 

Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu’il a consacré, qu’il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. (du livre d’Isaïe)

Accueil 

Mon Dieu, accueille-nous tous dans ta maison.
Regarde, s’il te plaît, ceux avec quoi nous nous réunissons,
Les femmes de Kobané écrasées sous les bombes, lâchées par de sombres calculs,
La conclusion encourageante du synode sur la famille hier soir, malgré les résistances conservatrices,
Le doute insinué partout dans notre pays, nos institutions politiques,
au point que nous serions « fatigués par la compassion » comme l’écrivait avant hier un quotidien,
Le plein de projets et de promesses de notre assemblée générale du week end dernier, malgré notre petitesse et nos maigres forces,
Tant d’autres joies et peines
Accepte-nous Seigneur tels que nous sommes.

Mon Dieu, aide-nous pour qu’aucune porte ne reste fermée, dans notre coeur, ici et dans le monde.
Fais nous sentir, s’il te plaît, le cadeau de ta confiance, le projet de liberté, de gratuité et d’ouverture que tu nous proposes dans les lectures de ce jour.
Même sans qu’il te connaisse, tu as fait confiance à Cyrus dans le livre d’Isaïe pour ouvrir grands les portes du peuple.
Même si nous ne le savons pas, tu nous as choisis comme dit l’épitre de Paul, en déposant en chaque être le souffle saint, le souffle d’amour et de vie.
Même devant les pièges de l’institution, toi, Jésus, tu ouvres des chemins différents et refuses les questions toutes faites, tu proposes un vrai projet : rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César.
Permets-nous Seigneur l’option de l’ouverture et de l’espérance.

Mon Dieu, ne nous laisse pas nous complaire dans des paroles sans actes.
Aide-nous à discerner, s’il te plaît, les situations où nous sommes un peu les pharisiens d’aujourd’hui.
Que diraient des mots tout faits, si vieux, si insignifiants ?
Que seraient des paroles seules sans le dynamisme, les travaux, la ténacité dont parle Paul ?
Que serait l’idéal, aussi magnifique soit-il, que seraient les discours, aussi intelligents et sensibles soient-ils, si nous fuyons la peine des travaux, et si nous n’avons pas le courage d’une parole politique ?
Que serait notre liberté, si nous ne l’utilisions pas pour le service de l’autre, et pour plus grand que nous mêmes ?
Rends-nous Seigneur capables et heureux d’oser.

Mon Dieu, permets-nous le désarmement, celui de nos egos, de notre suffisance et de nos certitudes, celui de nos armes et de nos paroles meurtrières.
Aide-nous à reconnaître, s’il te plaît, notre fragilité et notre vulnérabilité.
Quel écart entre la puissance et la certitude absolue, les mots de Paul dans certaines traductions de l’épitre, et nos vies hésitantes !
Quel désarroi quand la doctrine stigmatise la fragilité humaine, par exemple celle des couples et des familles !
Quelle joie en revanche quand la bonté prend le pas sur la perfection !
Accorde-nous Seigneur la simplicité et l’humilité, que cela suffise à remplir nos vies, selon ton plan à toi mon Dieu.

 

Jacques Debouverie

 

« Que la grâce et la paix soient avec vous ! ». Comment ces paroles surprenantes peuvent elles raisonner entre nous ? Mesurons nous la chance, en ce dimanche des missions, d’être témoins de la Parole que nous n’accueillons pas comme une parole humaine mais comme la Parole de Dieu même.

Envoyés du Christ, nous le sommes d’abord les uns vers les autres. C’est pourquoi il est peut être bon ce matin de commencer par se saluer, ou, du moins de saluer ses voisins, pour que nous nous remémorions ensemble cette annonce de la mort et de la résurrection du Christ.

Ce matin, le Seigneur va frapper à notre porte, la porte de notre cœur, mais aussi la porte des rues de la ville, qui sont aussi chemins de Dieu

Jean-François Petit

a propos d’Isaïe 45, 1.4-6a

aucune porte ne restera fermée !
J’aime les portes ouvertes.
J’aime tout ce qui est ouvert.
Quand je rentre chez moi, été comme hiver, j’ouvre les fenêtres.
Les courants d’air ne me gênent pas. J’aime la circulation de l’air, du vent…
Si les portes sont ouvertes je peux laisser entrer, non seulement l’air frais mais aussi toute idée fraîche et neuve.
‟Soyez créatifs‟ nous a dit Daniel à l’assemblée générale la semaine dernière. Les portes grandes ouvertes sont un beau moyen de laisser pénétrer le monde et son souffle, à la fois neuf et étrange.
Il nous dérange ce monde !

Les portes sont ouvertes, plus rien pour freiner la différence, l’autre, celui qui n’est pas comme moi, (oh, non mais alors, pas du tout comme moi) et plus rien, plus de portes fermées, même pour arrêter mon pire ennemi : la peur…elle règne partout celle là ! mais j’ai confiance, j’ai confiance en vous, j’ai confiance en ce Dieu qui nous prend par la main.

Comment comprendre ce que je suis, ce que je peux devenir si je ne laisse entrer ce monde dans mon confort douillet.
Je crains de devoir réfléchir et prendre des décisions avec ce qui m’est encore inconnu et devenir peut être…moi même.
Mais n’est-ce pas là la liberté, celle qui entre comme un ouragan, ou discrètement?
Cette liberté, elle m’est donnée ici et maintenant : souvenez vous « Dieu est dans le souffle ténu » et… il m’a choisi…
Alors que vais-je faire de cette liberté si ce n’est la prendre par la main comme Cyrus a été pris par la main.
La prendre pour… l’offrir, cette liberté,
la partager et peut être ainsi faire que chacun puisse vivre SA VIE en sachant qu’il est choisi par Dieu, pour ça.

l'Esprit veille-t-il sur nous ?Et puis… en sortant de l’église tout à l’heure, par la rue Saint Martin, ouvrez…vos yeux, regardez en l’air, juste au milieu de la voussure un oiseau est sculpté et nous regarde, chacun de nous !
Serait-ce l’Esprit ? Mais même avec les portes ouvertes, ce n’est pas un pigeon, il n’entrera pas et reste là haut pour souffler, discrètement, sur nous.

 Florence carillon

 Commentaire de l’évangile

A cette vive interpellation de Jésus, on serait tenté de répondre du tac au tac : d’accord, mais ce n’est pas si simple que cela. Tout n’est pas aussi binaire que tu le dis. Avec ta réponse, tu nous laisses avec nos doutes et nos interrogations, car la question que nous te posons n’est pas si idiote que cela et nous avons vraiment besoin de ton aide, de ton discernement, pour nous aider à agir de manière juste dans des situations difficiles. Par exemple, dans nos actions de solidarité, faut-il coopérer avec des régimes corrompus et oppresseurs, mais au risque de ne pas pouvoir atteindre des populations qui ont besoin de notre aide ? Voilà une vraie question, bien concrète et bien actuelle, et tu ne peux pas te permettre de la rejeter.

Mais si nous réagissons comme cela, c’est que nous n’avons pas compris le vrai message qui nous est adressé. Car Jésus nous dit une seule chose : ne m’enfermez pas dans un piège. Ne vous enfermez dans ce piège de questions biaisées qui n’appellent que de mauvaises réponses.

Au contraire, ouvrez les portes.

Ouvrez les portes d’abord à la confiance et à la louange. Dieu nous a choisis, il nous a pris par la main, et son action est puissante. Sachons reconnaître que tout vient de Dieu et sachons lui rendre ce qu’il nous a donné. Ouvrons lui vraiment les portes de notre cœur, non pas pour répondre une bonne réponse, je dirais une réponse de caté comme celle des pharisiens, mais pour répondre en vérité.

Ensuite, ouvrons les portes de nos institutions, pour ne pas en être prisonniers, mais pour être vraiment libres. Ce à quoi Jésus nous appelle, c’est à sortir d’une logique où l’on distingue ce qui est permis et ce qui est interdit, ce qui est licite et illicite, ce qui est légitime de ce qui est illégitime pour entrer dans une logique de vie, d’amour et de liberté, de foi, de charité et d’espérance. Et les vifs reproches que Jésus faisait aux prêtres de son époque, ne les ferait-il pas encore aujourd’hui à nos Eglises ?

Et il est vrai que sur le terrain de la morale familiale et sexuelle, notre Eglise a encore du chemin à faire, elle qui parle d’unions illégitimes, de comportements intrinsèquement désordonnés, de situations gravement illicites, j’en passe et des meilleures. Le synode sur la famille s’est réuni. Espérons que l’Esprit inspirera à nos évêques durant l’année qui vient les mots et les actes qui conviennent pour parler aux hommes et aux femmes de notre temps.

Mais nous aussi, à Saint-Merry, une semaine après notre assemblée générale, faisons en sorte que notre Communauté ne se comporte jamais comme une institution gardienne sourcilleuse de règles ou de traditions qu’elle aurait inventées. Méfions-nous du conformisme de l’anticonformisme ou de la satisfaction d’avoir eu raison avant tout le monde. Ces portes ouvertes nous apportent du bruit, du courant d’air, peut-être un peu de gêne dans notre célébration, mais cela vaut certainement mieux qu’un entre soi trop confortable.

Alors, si nos portes sont ouvertes à Dieu et aux autres, faisons pleinement confiance à l’Esprit : il saura nous inspirer les bonnes questions et les réponses qui conviennent aux défis de notre temps.

 Vincent Moreau

 

Montée au chœur : Ne pas enfermer la Parole, c’est laisser Dieu nous aimer. Le voici qui vient. C’est l’heure de se mettre à table avec lui pour offrir le poids de nos vies, le poids de nos rencontres. Laissons le faire. Allons à la table comme on va au marché quand on a faim et que la journée sera rude, disait Madeleine Delbrel.

 

Prière universelle

Nous te prions Seigneur,
Le premier synode vient de s’achever et nous lisons dans les conclusions finales que les Pères vont réfléchir aux divorcés-remariés.
Ce  sont de vieux Messieurs,
Toi Jésus tu étais jeune, très jeune,
Tu n’as pas cessé de parcourir  les routes pour dialoguer avec le tout venant et lui annoncer ta Bonne Nouvelle,
Ton corps donné au genre humain comme l’a si bien dit Madeleine Delbrêl,
Fais de nous tes missionnaires,
Que nous sachions dialoguer entre nous dans notre communauté, toujours mieux
nous aimer, être rayonnants tous, prêtres et laïcs, tous.
En ce qui concerne les divorcés-remariés,
je crois pouvoir dire moi qui ai eu le bonheur d’être une femme mariée de longues années,
et qui professionnellement ai passé ma vie à divorcer nos contemporains,
je crois pouvoir dire, j’ose dire qu’il n’y a strictement aucun rapport entre le mariage et l’eucharistie et que nul ne devrait en être privé.
Fais de nous Seigneur tes missionnaires.

 Danielle Mérian

 

Merci, Seigneur, pour le souffle saint qui nous est venu de Rome ces derniers jours, pour l’impulsion qui a été donnée lors du synode extraordinaire sur la famille. Il ne pourra pas rester sans effet.
Que l’année qui nous sépare du synode de 2015 soit, pour ceux qui redoutent les effets d’un nouveau discours officiel de l’Eglise vis-à-vis des homosexuels, une année de prise de conscience de la réalité, dans toutes ses dimensions, et des désirs de nombreux couples homosexuels de placer ce qui a le plus de valeur dans leur vie, leur amour, sous le regard de Dieu, en communion avec leur communauté chrétienne.

Olivier

 Action de grâce
Oui, Dieu notre Père, nous te rendons grâ                                                                                         ceP1040504(1)(1)
C’est toi qui nous as invités
Et qui nous attires à toi,
Depuis toujours, tu créés l’espace nécessaire pour te rejoindre
Là où que nous soyons, là où te cherchons, parfois maladroitement
Tu tentes de te rendre présent
Même si nos yeux sont obscurcis
Et notre pas moins souple
Mais te prier ensemble ce matin
A la jointure de nos vies
Ou quand nous sommes seuls à la maison
C’est le plus grand bien que nous puissions t’apporter
Cette place où tu veux nous rencontrer
Laisse nous la construire avec toi
Laisse nous aller jusqu’au bout de notre possible
Pour que nous ne t’aimions pas passivement
Tu n’as pas besoin de notre louange
Mais pourtant c’est toi nous inspires
De prier pour de bon
Parce que nous te reconnaissons comme le Dieu vivant, vrai et aimant
C’est pourquoi avec tous les peuples de la terre
Pleins de confiance, nous te chantons

 

Père, nous qui allons recevoir à cette table
Dans la joie de l’Esprit Saint le corps et le sang de ton Christ
Que cette communion nous rende capable de vivre comme Jésus
En fuyant toute forme d’hypocrisie, en ne nous payant pas de mots
Mais en prenant avec toi le chemin de la vie
Pour que nous partions
Sans idées fabriquées d’avance
Sans recettes missionnaires préconçues
Mais dans le désir de rencontres vraies
Où tu te laisses reconnaitre

Seigneur souviens toi de ton Eglise répandue à travers le monde
Viens en aide à notre pape François
Faire avancer ses frères évêques
Viens en aide à notre évêque André
Et à tous ceux qui font vivre l’Eglise d’aujourd’hui
Et préparent celle de demain

Souviens-toi aussi de nos défunts
De ceux qui nous ont quittés
Des gens ordinaires
Qui ne cherchaient pas les sensations fortes ou les croisières de luxe
Mais qui auront été reçus, au terme de leur pèlerinage sur la terre, dans les lumières vraies de ton Royaume

Accorde-nous de savoir regarder le monde tel qu’il est
La diversité de nos familles,
La multiplicité des terrains de la mission,
Les contradictions de nos gouvernements

Sans vouloir nous réfugier en manipulant Ton nom
En nous trompant d’époque
En respectant cette « juste autonomie des réalités terrestres »
Pour reprendre l’expression du Concile
Qui invite à rendre César de qui est à César
Et à Dieu ce qui est à Dieu

Accorde-nous d’être des disciples authentiques, vrais dans nos paroles, généreux dans nos solidarités
Mais aussi des citoyens soucieux d’une démocratie
Fondée sur la liberté de conscience, la tolérance,
Le respect des croyances de chacun
Donne nous d’être cohérents dans nos styles de vie,
de ne pas être insoucieux des plus vulnérables de la société
et de l’avenir de ta Création toute entière

Donne-nous un jour d’être près de toi
En ce moment où notre temps
Ne nous apparaitra plus que comme
Un petit pli sur la grande éternité
Où toutes les choses seront pesées
A la seule mesure qui compte, celle de l’amour

Par lui avec lui et en lui
A toi Dieu le Père tout puissant
Dans l’unité du saint Esprit
Tout honneur et toute gloire
Pour les siècles des siècles
Amen

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