« Aujourd’hui s’accomplit l’Écriture »

Pour la 100e journée mondiale du Migrant et de du Réfugié, le Pape François a donné le ton : « Un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous : le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation, à une autre qui ait comme base la culture de la rencontre. » Notre célébration.

 

Dimanche 19 janvier 2014 Journée mondiale du Migrant et du Réfugié

P1000724

Lectures
  • Livre d’Isaïe 49, 3, 5-6
  • Évangile de Jésus Christ selon Luc 4, 16-22

« Bienvenue à tous, les habitués de St Merry et ceux qui passent ou viennent nous rejoindre pour la première fois. Mais surtout, bienvenue à vous migrants ou réfugiés ! Aujourd’hui, nous fêtons  la journée mondiale du Migrant et de du Réfugié, une Journée préparée par le Réseau Chrétien Immigrés ici à Saint Merry en collaboration avec les membres du groupe accueil et du pôle solidarité. Le Réseau chrétien Immigrés, est né ici même, dans la  communauté de St Merry. En lien avec d’autres associations, il donne des cours d’alphabétisation et de FLE, partage des repas pour des rencontres entre migrants et non-migrants,  tient aussi une permanence d’accueil et apporte une aide juridique aux démarches de régularisation des étrangers. Pour cette 100e année de la journée mondiale du Migrant et du Réfugié, le Pape François  donne le ton : « Un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous : le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation, qui en fin de compte correspond à la culture du rejet, à une attitude qui ait comme base la culture de la rencontre. » La culture de la rencontre : c’est exactement la visée du Réseau Chrétien Immigrés.  Nous la plaçons au centre de cette célébration. La rencontre qui transforme et les uns et les autres, migrants et non-migrants… Dans l’évangile de Luc que nous avons retenu, Jésus dit : «  C’est Aujourd’hui que s’accomplit l’écriture de la bonne nouvelle » Nous, femmes et hommes, aujourd’hui, migrants et non-migrants, nous avons à continuer à écrire la bonne nouvelle ».

2. Introduction au texte de Diaconia

Depuis sept 2012, des membres du Réseau Chrétien Immigrés se sont engagés dans une aventure, celle du groupe « Place et paroles des Migrants » avec pour premier objectif de préparer leur intervention à l’évènement du Forum  Diaconia à Lourdes en juin 2012 Ils se sont retrouvés de nombreuses fois pour réfléchir ensemble sur des thèmes qui émergeaient. A partir de ces échanges, ils ont rédigé un texte commun qui parle de nous tous, migrants et non-migrants, de ce que nous vivons, de ce que nous aimerions vivre ensemble, dans le respect de l’autre, sans jamais lui couper la parole, ni s’opposer à lui. Chacun a accepté que l’on puisse penser autrement, que l’on puisse apprendre ensemble. Alors peu à peu, se construit une pensée commune, par associations, en écho, en dialogue.

Il y a une différence entre toi et moi : je suis un migrant, toi, tu es chez toi. Cela crée une inégalité : par exemple, c’est une injustice de ne pas avoir les mêmes droits, de ne pas trouver un bon travail quand on en a les qualifications.
Nous, migrants, nous ne sommes pas chez nous. Quand on arrive, on manque de tout. On ne peut même pas avoir le petit confort qu’on a laissé. Des fois, on n’arrive même pas à manger. Ici, c’est une société organisée, cette organisation ne nous permet pas de subvenir à nos besoins les plus élémentaires, parce qu’on n’a pas le droit de travailler. Or on vient ici pour travailler, pas pour avoir des aides ! C’est la misère.
La misère, pour un migrant, c’est être déraciné, perdre ses attaches, être en précarité. On ne connaît personne, on n’a plus de repères, on est en souffrance affective.
La souffrance affective, c’est de ne pas être avec les siens, de ne pas être chez soi. Tout le monde peut connaître cette souffrance : être dans un autre pays que le sien.
Et puis le regard de l’autre est traumatisant pour moi, il m’isole, je me sens différent, stigmatisé. Même si je suis en situation régulière, le regard que me jette la société est un rejet, qui me dit : « Rentre chez toi, rentre chez toi, tu n’as pas le droit d’être ici ! » Il y a une sorte de haine. Ce regard, je crois que c’est un « vrai » regard, alors c’est du poison qui entre dans le cœur et je m’exclus moi-même.
Comme je ne connais pas l’autre ou que je ne veux pas le connaître, je le crois extrêmement différent, je pose des barrières, c’est de l’ignorance. Alors vient la peur : l’autre me semble tellement différent, à partir même de la couleur de sa peau. Le racisme, c’est le requin, c’est une bête qui tue. Le racisme parle de tout le monde, du blanc, du noir, de l’être humain qui n’a pas un regard d’amour sur son proche.
Ceux qui sont racistes se sentent supérieurs, et nous les migrants, nous nous sentons inférieurs !
J’ai ce sentiment d’infériorité parce que ce sont les colons qui ont apporté d’autres coutumes dans mon pays. Par exemple, je n’ai pas l’habitude de manger à table : je prends mon assiette, je m’assieds et je mange. Quand je dois aller à table avec eux, ici, et vivre selon leurs codes, je pense qu’ils vont me regarder, qu’ils vont rire. J’ai le sentiment d’être maladroit.
Et pourtant, je suis un homme comme toi ! Si tu me vois comme ça, il n’y a plus de racisme !
Bien sûr, si je fais une erreur au travail, on me sanctionne. C’est normal ! Ce n’est pas que le chef est raciste !
Il y a comme une méfiance absolue, un refus obstiné d’aborder l’autre sans idées reçues, sans préjugés ! Cela peut venir des Français, mais aussi des migrants : ça fait partie de notre humanité commune. Nous avons tous du mal à accepter l’autre, complètement. Ce n’est pas facile de respecter une façon d’être qui n’est pas comme la mienne. Celui qui est différent, je pense qu’il n’a pas les mêmes capacités que moi ou parce qu’il n’est pas comme nous, je pense qu’il est mauvais.
La peur, c’est un sentiment intérieur d’insécurité, un adversaire qui m’empêche de vivre pleinement, une gangrène. Elle est destructrice, il faut l’affronter, lui faire face.
Les migrants ont peur parce qu’ils ne connaissent pas le pays dans lequel ils arrivent. Cette peur se renforce d’expériences négatives, par exemple à la préfecture, ou de remarques sur des manières de vivre qui ne sont pas celles du pays.
La peur vient de cette tension en nous : on s’accroche à des choses culturelles, symboliques, comme si ça nous définissait, comme si ça nous protégeait : comme si on n’était pas sûr de son identité. On pourrait vivre une intégration positive si chacun acceptait de « laisser quelque chose ».
Quand deux personnes entrent en relation, chacune est amenée à changer !
Il faut commencer par nous connaître pour vivre ensemble, briser les idées reçues qui créent des malentendus. Pour sortir de cette impasse, il faut que je change mon regard en dépassant ma peur : alors je peux dire et faire ce que je sens, ce qui est le meilleur selon moi. Pour y arriver, il est bon d’aller vers les autres, de ne pas rester enfermés entre nous, étrangers.
Connaître l’autre me renvoie à la connaissance de moi-même : grâce à l’étranger qui me demande qui je suis, je peux réévaluer chaque élément de ma culture : « Qu’est-ce que je veux garder ? Est-ce que ça a du sens ? »
Il faut changer pour vivre ensemble : d’abord « s’apprivoiser », s’approcher de l’autre, lui donner un nom, entrer en dialogue. Avoir de la curiosité, établir une relation harmonieuse, égalitaire, qui tienne compte des valeurs des uns et des autres.
Il faudrait toujours de la réciprocité dans la relation : les accueillants de leur côté, les accueillis, aussi.
Il y a nécessité de mixité, brassage, métissage, mais ne pas confondre l’autre et moi, et savoir mettre ensemble ce qui vient de lui et ce qui vient de moi. « Qu’est-ce que nous avons à mettre ensemble dans le même panier, pour que, une fois ce panier remué, cela donne quelque chose de beau ? »
Parce que nous avons tous quelque chose en commun, nous sommes faits de la même pâte humaine, universelle. Quand je vois l’autre, je me dis : « Il est comme moi, on rit des mêmes choses, on pleure des mêmes choses, on s’émerveille des mêmes choses ! » Notre vie, de façon basique, est organisée de la même façon !
Cette connaissance a des limites qu’il faut accepter : l’autre reste un mystère, on n’épuise pas cette connaissance.
Ma mère dit toujours : « Le ventre d’une personne, c’est comme un pays, ou une nation, ou un continent, tu ne peux savoir tout ce qui est caché ».
Alors, finalement, c’est quoi un migrant ? Un migrant, c’est d’abord quelqu’un ! Ce n’est pas un phénomène migratoire ! C’est quelqu’un qui est en marche vers de nouvelles expériences et de nouvelles rencontres. C’est un déplacé : il est parti, il a quitté son lieu d’origine, il a vécu la séparation.
Il a abandonné ce qui lui était familier, ceux qu’il aime, mais souvent il part pour partager avec les siens. C’est un nomade, quelqu’un qui amène son troupeau pour le faire paître, pour le faire boire.
Comme il doit physiquement « tout quitter » pour recommencer, il fait le ménage, il choisit ce qu’il laisse et ce qu’il emporte. Il doit apprendre à vivre avec l’imprévu : il a de la créativité, des ressources, des compétences pour vivre avec l’inconnu…
C’est un chercheur de trésor, mais il ne sait pas quel est ce trésor ni où il se trouve !
C’est un chasseur qui n’a pas trouvé à manger et il part chasser différemment. Peut-être lui-même a-t-il été chassé (par la guerre ou des conditions de vie indignes). Mais il n’est pas toujours le bienvenu, il ne se sent pas accueilli, il peut être chassé à son tour.
Il est toujours le dernier, mais il veut cette place parce qu’il a toujours à apprendre avec n’importe qui !
La migration est une expérience de reconstruction de vie : on recommence par un départ, et on va faire des adaptations, de ce que l’on connaissait vers ce que l’on ne connaît pas.
Un migrant est quelqu’un qui se trouve, se retrouve dans l’expérience de la migration : en quittant ceux qu’il aime, il découvre qui il est.

3. Introduction témoignages

Trois témoignages P1000718vont faire écho à L’évangile de Jésus qui vient de dire : aujourd’hui la bonne nouvelle s’accomplit Trois témoignages à partir de 3 expériences différentes, celle d’un migrant puis celle d’un non-migrant faisant partie du groupe « Place et parole des Migrants » enfin, le témoignage d’un membre du Réseau Chrétien Immigrés.

La bonne nouvelle, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. (Lamartine Valcin)

Il y a 10 ans, j’ai quitté mon pays, Haïti, pour immigrer en France. Ayant du tout abandonner derrière moi et surtout ma famille, je me sentais seul, isolé, coupé du monde.

J’ai eu souvent l’occasion, au fil des années de revenir sur mon parcours de migrant, dans différents rassemblements chrétiens. Ces interventions m’ont permis, certes, de me faire connaitre, de m’exprimer… mais au plus profond de moi, je ressentais de plus en plus l’envie d’entendre une parole qui change, qui m’envoie à la connaissance de moi-même et qui m’ouvre aux autres. Car, me semble-t-il, c’est l’autre qui nous fait avancer sur une route où tout est à découvrir. Et cela, dans un pays où le migrant est noyé dans l’expression « phénomène migratoire, », un pays où il est décrit comme un prédateur redoutable, un bon à rien qui vient toucher  « des aides » de toutes sortes.

Par l’expérience du groupe « Place et Parole de Migrants », j’ai pris conscience que s’ouvrir aux autres est un premier pas vers un monde fraternel, un nouveau vivre ensemble où chaque individu, quelle que soit son origine ou son histoire, trouve sa place.

C’est pourquoi, chaque jour, je rassemble tout ce qui est bon en moi pour mettre de côté mes idées préconçues et considérer l’autre dans toute son humanité car l’autre, au-delà de ses différences ethniques, sociales, religieuses ou culturelles, l’autre est d’abord quelqu’un.

La bonne nouvelle, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.

Nous avons ouvert la permanence d’accueil des migrants, à St JB de Belleville, en 2002.
Avec d’autres du RCI, certains sont présents ici, avec la Cimade, nous recevons « portes ouvertes » sans RV,  tous ceux qui viennent et reviennent,  pour des questions ou des informations, pour constituer un dossier de régularisation etc. Dans le temps de l’accueil, nous  pouvons recevoir jusqu’à 15 personnes: c’est dire si nous voyons des situations, des difficultés, des « cas » divers, nombreux et encore toujours inédits…
Dans les débuts, enthousiasme : « être utile, résoudre des  difficultés », mais peu à peu, je ressentais comme un malaise. La place qui me revenait était celle du savoir, et même du pouvoir et en face, le migrant était à la place de la souffrance, du besoin. Parfois, dans mon impression, les personnes se confondaient les unes et les autres ; moi-même,  je me voyais agir comme mécaniquement. Je me surprenais blasée, comme en train d’étouffer, de ne plus entendre.
Or, le migrant ne se réduit pas à l’étiquette « migrant »  (même si l’expérience de la migration est sans doute fondamentale dans sa vie) ! Il raisonne, il évalue, apprécie, il a des choses à exprimer, à inventer, à faire ! Comment rencontrer cette personne ?
Le travail du groupe « Place et Parole des Migrants »  produit en moi  comme une délivrance: les migrants parlent d’eux, ils disent une décision, un avis, voire une erreur. Moi-même je peux dire ce que je pense, ce que je ressens. Nos différences, mises en mots, sont devant nous, nous pouvons les accepter pour avancer ensemble. Et nous pressentons ce que peut être la richesse du vivre ensemble à partir de cultures différentes.
Céline Dumont

La bonne nouvelle, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.
Je peux le dire en tant que membre du RCI : depuis le début, il y a plus de 10 ans, le RCI a cherché à multiplier les lieux de rencontre entre migrants et non migrants, convaincus que cette rencontre était porteuse de bonne nouvelle et pour les uns et pour les autres. Mais malgré nos efforts, nous n’avions pas réussi jusqu’à présent à faire l’expérience d’une véritable rencontre. Nous sommes restés souvent au seul niveau du témoignage de ce que le migrant vit et des difficultés qu’il rencontre dans son pays d’origine comme en France.
Le groupe « Place et Parole des Migrants », appelé PPM, a rendu possible cette rencontre tant recherchée
–        PPM s’est donné le temps de la rencontre : plusieurs réunions qui ont permis à chacun de se laisser progressivement déplacer par les autres. Ils nous disent ainsi que la confiance ne se décrète pas, qu’elle se construit.
–        PPM s’est donné des règles pour l’échange : chacun est invité à donner son avis mais personne peut contester l’avis de l’autre. Ils nous disent que la parole de chacun est sacrée.
–        PPM a transformé la plainte en invitation : à quitter ce qui est connu pour aller ver l’inconnu de l’autre. Ils nous disent qu’il faut commencer par quitter pour se connaître soi-même.
Oui, PPM est pour le RCI la bonne nouvelle d’une rencontre qui ouvre au radicalement nouveau.

Prière de remerciements Vraiment, il est juste et il est bon de te rendre grâce, de t’offrir Seigneur notre action de grâce … aujourd’hui, à l’occasion de cette journées des Migrants et des Réfugiés, par Jésus ton Fils bien-aimé. Car il est ta Parole vivante par qui tu crées mystérieusement toute chose dans ce vaste chantier de l’homme qui n’est qu’à ses débuts mais qui nous semblent trop souvent sombrer dans le chaos et le non sens. En donnant chair à ton Verbe, tu as donné chair à la parole de l’homme, de tout homme, homme ou femme, quelque soit la couleur de sa peau, de sa culture, de son histoire et même de sa religion. Ton don d’amour. Non seulement tu nous appelles à annoncer cette bonne nouvelle, mais, surtout, et par-là même, tu nous invites à en faire de même, à donner  nous aussi à tout homme et à toute femme le droit à la parole, à la parole libre et engagée, pour qu’il (ou qu’elle) puisse dire dans son propre langage son désir de vivre et sa façon d’aimer, sa colère devant le mal et son projet d’un monde meilleur. En nous envoyant porter  ta Lumière  jusqu’aux extrémités de la terre –  comme nous le dit Isaïe – tu fais en fait de chaque étranger une lumière de ton royaume, un porteur d’espérance et de vérité, une part d’humanité sans lequel ton royaume n’en serait pas un. En le recevant dans sa parole comme ce matin à Saint Merry, c’est-à-dire en nous nous mettant à l’écoute de sa différence, nous recevons paradoxalement par lui ta Lumière et le Salut que tu nous promets. Et ainsi, cet étranger venu d’ailleurs, en ayant rien de nous, nous apporte tout de nous.

C’est pourquoi, avec les anges et les saints de tous les temps, nous chantons l’hymne de ta gloire ….

jour migr

Daniel Duigou

Prière eucharistique

Seigneur, cette prière eucharistique est celle de la communauté de Saint Merry réunie en ce jour.  Nous la célébrons en lien avec le pape François qui ne cesse de dénoncer la mondialisation de l’indifférence, en lien avec notre évêque André, en lien surtout avec tous ceux et toutes celles qui s’engagent quotidiennement dans l’aide aux migrants et aux réfugiés. Qu’en partageant le pain de la vie et le vin du royaume, nous nous rappelions nos gestes visibles ou invisibles, simples ou héroïques, qui nous associent quotidiennement à l’humanité en marche et qui nous rendent solidaires de la détresse des hommes mais aussi responsables des bonheurs qui enthousiasment notre vie. C’est vrai, le baptême fait qu’en quelque sorte, nous sommes des étrangers de ce monde-ci et des citoyens d’un monde à venir. •  Nous sommes devenus les nouveaux « migrants » d’un monde qui change actuellement de logiciel, plein de prouesses technologiques et d’avancées sociales, certes,  mais  aussi, malheureusement, plein de violences humaines, au service parfois d’un vaste mensonge qui nie l’homme. •  Mais notre baptême fait aussi de nous les « sans papier » d’un monde à venir, d’un autre monde qui se construit déjà avec les jeunes épris de libertés et de vérités, de justice et bonheur.  Un monde qui se construit aussi avec les moins jeunes qui ont, eux, à vivre la joie de transmettre précisément le goût de la responsabilité, le droit et l’audace de l’inventivité. Ce que sera demain, nous ne pouvons l’imaginer : les jeunes en sont pourtant les architectes et ce monde leur appartient déjà. Seigneur, fait qu’en partageant donc ce pain et ce vin de la promesse, qu’en nous replongeant dans l’eau de notre baptême faisant de nous des hommes et des femmes nouveaux, fait que nous nous nourrissions dès maintenant  de ton amour, que nous ré-enchantions  le monde qui a perdu sa poésie, et que nous anticipions un monde où, à nouveau, le rêve participera au réel de l’homme, à la réalisation de l’éros dans une nouvelle communion avec « l’autre », dans une nouvelle façon d’être faisant de l’Autre notre lumière. Une nouvelle modernité dans laquelle l’homme retrouvera pleinement sa place et le plaisir d’exister, dans un nouveau style de vie, pour une liberté qui soit signature de l’amour vrai, souffle de l’Esprit du Dieu des vivants.

Daniel Duigou

4. Conclusion

L’expérience vécue par ce groupe, Place et parole des Migrants, est un témoignage d’espérance pour nous tous, participants à cette assemblée : à travers nos rencontres, nous pouvons vivre une forme nouvelle de relation, qui change en profondeur les rapports entre nous,  migrants et non-migrants. A nous, en tant que communauté ou en tant que citoyen, de nous engager d’une façon ou d’une autre pour prouver que nous le croyons vraiment. A nous de vivre notre foi dans une pratique qui la réalise. P1000726

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *