Aux affamés Il donne

… elle a mis tout ce qu’elle possédait,
tout ce qu’elle avait pour vivre

Dimanche 11 novembre 2018

PREMIÈRE LECTURE (1 R 17, 10-16)
« Avec sa farine la veuve fit une petite galette
et l’apporta à Élie »
PSAUME (Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)
Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !
DEUXIÈME LECTURE (He 9, 24-28)
« Le Christ s’est offert une seule fois
pour enlever les péchés de la multitude »
ÉVANGILE (Mc 12, 38-44)
« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres »

At the going down of the sun and in the morning, we will remember them…

Le 11 novembre, une date anniversaire, lourde d’histoire et un sombre rappel des coûts en vies humaines des conflits armés à travers l’histoire du monde – jusqu’à nos jours. Pour l’occasion, la plaque commémorative de la guerre 14-18 qui se trouve dans la chapelle de la
communion a été dégagée. Mais nous voulons aussi ce matin, célébrer l’accueil par l’écoute des textes, nos paroles et des gestes. Bienvenue à tous, surtout si vous venez dans cette église pour la première fois. Un grand et chaleureux Bonjour aussi aux enfants qui vont rester avec nous pour entendre les textes, puis nous retrouver au moment de l’Eucharistie. Les textes de ce jour, centrés sur le « don », nous a menés à une longue discussion et pas mal de questions lors de la préparation lundi soir : Donner  quoi? A qui ? et Comment ? Sommes-nous capables d’offrir l’essentiel de nous-même ? Notre TOUT – comme les deux veuves dans les récits de ce matin? – Et accepterions-nous de s’appauvrir en donnant… En arrivant, vous avez reçu la feuille de chants avec un post-it agrafé. Ces mots, écrits par les visiteurs et déposés sur les panneaux rouges en face, nommé « le mur des mots » par un passant – sont les traces des passages pour notre communauté ; autant de cadeaux à partager, ce que nous faisons aujourd’hui avec vous, comme celui trouvé hier :
« Le pain d’hier est rassis. Le pain de demain, n’est pas cuit. Merci Seigneur pour le pain d’aujourd’hui. »
Et maintenant, dans une geste d’accueil, nous vous invitons à vous déplacer, à rejoindre une personne peu ou pas connue pour échanger vos noms et célébrer ensemble cette eucharistie au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Joséphine de Linde

Commentaire : donner, accueillir

Nous venons d’entendre le dialogue entre la veuve de Sarepta et Elie ; avec l’évangile nous allons porter notre regard sur cette autre veuve, qui se dépouille de son nécessaire pour son offrande au temple. Deux veuves, deux exclues, deux pauvres femmes, et la même attitude excessive, la première, comptant non ce qu’elle donne mais ce qui lui reste à donner et la seconde, toute entière dans le silence de ce geste d’offrande, qui est perte, privation, appauvrissement. Elles épuisent leurs ressources, s’épuisant elles-mêmes. C’est par l’excès de leur geste qu’elles sortent de l’anonymat et que leur souvenir est gravé dans nos mémoires.
Sommes-nous tous invités à ce même paroxysme ? voilà une question troublante et la réponse est en chacun de nous. Une leçon à retenir cependant : ces deux femmes nous enseignent que donner c’est payer de sa personne, et, se faisant, dire son humanité, reconnaître celle de l’autre, maintenir ainsi le lien de fraternité qui nous unit, et nous rassemble non plus dans le service du Temple mais dans la communion et le service d’église.
Ce que ces femmes nous disent du don : un geste sans calcul, sans retour, à perte, nous pouvons l’entendre de l’accueil, le transposer à l’accueil. Car que faisons-nous à l’accueil ?
Un geste, seulement un geste : être là, disponible, dans l’église toutes portes ouvertes, ou presque, à la disposition de chaque visiteur ; un geste répété chaque jour de la semaine, dans le silence ou le dialogue, suivant le désir, la disponibilité ou bien la timidité, la peur du visiteur mais aussi de l’accueillant, car chacun a ses jours de grâce, de confiance en soi ou de malaise diffus. Un geste qui inaugure un face à face dont les modalités sont aussi inattendues que variées : chaleureux, curieux méfiant, coléreux, indigné suivant que le passant souhaite partager sa détresse, sa colère, une tranche de vie douloureuse, le soulagement, la joie après une épreuve, ou bien, que ce passant, touché par telle œuvre ou sensible à un je ne sais quoi de spirituel, d’élevé, de serein qui se dégage de l’architecture, des pierres, de la lumière de Saint-Merry, s’interroge sur l’identité du lieu, son histoire, les raisons de son aménagement.
Contre l’isolement, l’indifférence, accueillir, essayer de répondre à certaines questions, indiquer des secours, mais avant tout témoigner d’une communauté vivante, engagée dans le monde, célébrant Dieu en ce lieu ouvert à tous, et notamment aux artistes d’aujourd’hui. Être là, croiser le regard, s’avouer, se retrouver dans cet échange comme semblables, proches et, parfois, achever ce geste d’accueil dans une vraie reconnaissance avec l’échange de prénoms, une accolade, la promesse de ne pas oublier cet instant partagé.
Voilà l’accueil portes ouvertes, recevoir et être reçu, accueillir et être accueilli, donner, en prenant sur notre misère humaine à l’exemple de la veuve de Jérusalem, et donner sans crainte, comme la veuve de Sarepta

Catherine Charvet

Prière universelle :

En ce jour du centenaire du 11 novembre 1918 ayons une pensée pour tous les morts et tous les blessés de cette guerre et de toutes les guerres qui ont eu lieu et qui ont lieu dans tous les pays. Seigneur aide nous à ouvrir notre coeur pour mettre autour de nous la paix et la justice.
Les curieux qui entrent dans notre Eglise nous questionnent par l’imprévu, la gentillesse, les humeurs, des demandes diverses, le choc ou la joie de la découverte de l’art, de notre façon de célébrer, de nous recueillir. Seigneur aide nous à ce que ces pierres soient habitées et rendues vivantes, qu’elles soient un visage accueillant de l’Eglise.
Nous recevons des anciens, des provinciaux, des parisiens, des familles, des étrangers, des personnes d’autres religions. Merci Seigneur pour tout ce que nous apporte la rencontre avec l’autre, différent, une rencontre qui peut nous atteindre au plus profond de nous-même. Aide nous à ce qu’elle nous fasse cheminer ensemble vers toi.
Merci Seigneur pour tous ces témoignages, la parole partagée sur les panneaux, les remerciements des passants sensibles à la gratuité de notre service d’accueil. Merci Seigneur pour tous les chercheurs de sens, les témoins de fraternité et toutes celles et tous ceux qui contribuent à la beauté de ce lieu.

Hélène et Colette
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