Piero della Francesca, Baptême de Jésus - XVe s.

Baptême de Louise et Christophe : « Soyez dans la joie »

…en ce dimanche 7 juin fête de la Sainte Trinité – « Soyez dans la joie, vous qui cherchez Dieu. Cherchez le Seigneur et sa force, sans vous lasser, recherchez son visage. » (Ps 104, 3-4).

La préparation de ce baptême fut un long parcours spirituel, d’environ un an et demi, à raison d’une fois par mois de septembre à juin, balisé par la traversée de quelques textes bibliques, la découverte des évangiles, la lecture commune du Credo, l’approche de la messe, des sacrements, les  échanges autour de l’Eglise et du lien qu’on peut y vivre entre appartenance et liberté. Le parcours fait place au libre questionnement des catéchumènes et à leur expérience de vie. 

Ce baptême n’est pas un aboutissement, ni une aventure uniquement personnelle, mais plutôt une étape dans un processus d’entrée dans la grande communauté d’une Eglise vivante, représentée par la communauté de Saint-Merry. Tel baptisé a choisi de s’y impliquer en intégrant l’équipe de préparation au sacrement de la sérénité, tel autre dans celle qui accompagne le baptême des petits enfants. D’autres encore ont préparé ou préparent  leur mariage avec  l’équipe de Saint Merry. Deux catéchumènes se sont inscrits au Centre d’Intelligence de la Foi… 

Les nouveaux baptisés sont invités à rejoindre, s’ils le désirent, le groupe « post-catéchuménat », un groupe très fraternel où avec les baptisés de ces dernières années, ils partagent leur expérience des premiers pas dans la vie de foi, et discutent avec les accompagnateurs de tous les sujets d’interrogation… On y refait ensemble tout le cycle des questionnements : un cheminement pour donner sens et vie à ce baptême.

Présentation de Christophe

 » Je vais vous dire mon parcours qui m’amène aujourd’hui à demander le baptême. Issu d’une famille de 3 enfants, je suis le benjamin. Mes deux frères ont été baptisés. Pour mon baptême, mes parents ont voulu que ce soit à moi d’en décider. Je suis né quelques mois avant mai 68, alors peut-être qu’un vent de liberté commençait déjà à souffler en France au moment de ma naissance ?
 » J’ai travaillé pendant 20 ans dans le domaine des ressources humaines en entreprises et parallèlement je pratiquais le chant lyrique.
 » A l’âge de 43-44 ans, je décide de changer de métier, de me reconvertir professionnellement et je me forme à l’art-thérapie, la musicothérapie ; cela fait 7 ans maintenant que j’exerce ce métier. Je travaille avec des personnes atteintes de démence, dont la maladie d’Alzheimer, des personnes en fin de vie et aussi des personnes atteintes de troubles autistiques.
 » Dans le cadre de mes activités de musicothérapie, je suis confronté à la mort de personnes que j’accompagne. Il m’a fallu trouver rapidement un rituel, un rituel de séparation. Alors, de façon spontanée, je suis entré dans une église, j’ai allumé un cierge, je me suis recueilli. Et je l’ai fait plusieurs fois et je me suis aperçu que ça me faisait du bien. Puis un jour, j’ai assisté à une messe. J’ai observé ; ça m’a plu sans trop savoir pourquoi, puis j’y suis retourné. C’est devenu une habitude, c’est devenu mon rituel, c’est devenu un automatisme. Je sentais bien qu’il se passait quelque chose en moi sans pour autant y mettre des mots. Au fil des mois, au fil des années, les deux mots que m’ont dit mes parents lorsque j’étais enfant – « il choisira » – résonnaient en moi. Je me suis dit que le moment était venu. Je choisis d’être baptisé.

 » Alors j’ai frappé à la porte de Saint-Merry. Pourquoi Saint-Merry ? Parce que c’est une église connue et reconnue à Paris pour accueillir toute personne, telle qu’elle est, sans idée préconçue. J’adhère totalement aux valeurs humaines que prône Saint-Merry. Et puis aussi parce qu’il y a à Saint-Merry une dimension artistique forte. L’ouverture d’esprit, l’accueil de l’autre, les valeurs humaines, la présence artistique sont les raisons pour lesquelles j’ai choisi Saint-Merry.
 » Avant de vous parler de mon parcours de catéchumène, j’ai le grand plaisir de vous présenter ma marraine et mon parrain. J’ai rencontré Solange ma marraine lors de ma formation en art-thérapie. Nous avons été formés pendant 4 ans ensemble. Thierry, mon parrain, je le connais depuis plus de 20 ans. Mon voeu le plus cher était que Solange et Thierry acceptent d’être ma marraine et mon parrain. Je les ai choisis pour leurs valeurs humaines, leur amitié, leur fidélité, leur intégrité, leur confiance. Je vous remercie d’avoir accepté ; cela me touche profondément.
 » Mon parcours de catéchumène ressemble à petite échelle à un parcours de vie. J’ai fait de très belles rencontres, j’ai vécu des moments de joie, des moments où les larmes ont coulé, des moments d’interrogations, des moments de doutes. J’ai été confronté à des événements aussi inattendus que surprenants. J’ai vécu tout cela avec sérénité et en me disant que Dieu était avec moi et qu’il avait choisi ce chemin pour moi.
 » Être baptisé en étant adulte, c’est vivre tous ces beaux moments de partage mais c’est aussi prendre conscience que je suis passé à côté d’une éducation, d’une culture religieuse si riche. Alors je rattrape le temps perdu et je vais passer le reste de ma vie à continuer de m’enrichir au contact de la culture catholique.
 » Tout au long de mon parcours de catéchumène, j’ai eu la chance d’être accompagné par trois personnes passionnantes : Claude Plettner, Danielle Mérian, Marc Saint Raymond. Merci Claude, merci Danielle, merci Marc, du fond du coeur pour votre accompagnement si bienveillant, si chaleureux et tellement instructif. Un grand merci aussi bien sûr au Père Alexandre pour son écoute profondément humaine et rassurante, au Père José et aussi à l’équipe pastorale de Saint-Merry.
 » Si je devais ne retenir qu’un seul mot de mon parcours de vie jusqu’à ce jour, ne retenir qu’un seul mot de mon parcours de catéchumène, ne retenir qu’un seul mot pour expliquer pourquoi je veux être baptisé, eh bien ce mot, c’est le mot « foi ».
 » Avoir la foi, c’est d’abord avoir confiance en soi et confiance dans les autres. Avoir la foi c’est aimer. Avoir la foi, c’est cette petite voix intérieure qui me dit que je suis sur le bon chemin, avoir la foi c’est cette force non visible et non palpable qui me porte, qui m’élève et m’aide dans les moments difficiles. La foi c’est ce qui me lie dans ma relation avec Dieu.

Christophe Bizet

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