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Beyrouth – La crise et ses effets fertiles

Je suis arrivée à Beyrouth avec l’idée de poursuivre mon projet de Bouillon Public, je place une simple table à l’extérieur et j’invite les passants à partager le repas que je prépare sur place. La rencontre de trois jeunes Libanais a été ma porte d’entrée dans cette ville étrangère. Grâce à leur intérêt et leur encouragement, j’ai trouvé la force de poser ma table sur les rails désaffectés qui reliaient Beyrouth à Bagdad en passant par Damas. Des discussions, une même idée surgit : tous mes invités soulignent les effets bénéfiques et créatifs que les crises humaines et écologiques ont pu provoquer. À propos de la crise grave des déchets que la ville traverse depuis l’été 2015, ils évoquent sa force créatrice : « lorsqu’un problème est visible et odorant, on est obligés d’y faire face, on ne peut pas attendre d’un gouvernement corrompu qu’il résolve le problème, surtout quand on réalise que la source du problème provient d’abord de notre surconsommation ».

Le dysfonctionnement, le chaos institutionnel apparent et la pollution m’avaient d’abord paru étrangers mais à mesure des rencontres, ces problèmes me sont apparus familiers. Nous avons les mêmes, mais nous les camouflons mieux. En réalité notre surconsommation détruit l’environnement et crée des inégalités et des tensions dans le monde entier. Notre génération ne peut plus contourner ces problèmes. Ici de belles initiatives privées ensemencent petit à petit dans la sphère publique. Ne transforment-elles pas la souffrance en force réparatrice ?

Elsa N.

Billet du dimanche 19 mars 2017

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