La Bible par l’hébreu : « Les Dix Paroles »

La démarche d’Elisabeth Smadja part des mots de la Bible dans leur langue d’origine : l’hébreu. Elle ouvre à de multiples sens permettant de nouvelles lectures. Cette année, trois sujets sont explorés : les Dix Paroles, le Notre Père, les Béatitudes.

Extrait de la conférence d’Elisabeth Smadja sur « Les Dix Paroles » donnée à Saint-Merry, le dimanche 19 février 2017.

« A Pâques, les fils d’Israël sortent d’Égypte, ils traversent la mer rouge et au bout de 50 jours, ils reçoivent les Dix Paroles au pied du mont Sinaï. Dix Paroles et non pas commandements. Ces dix paroles sont le fondement de la justice d’Israël. Sur elles, vont s’articuler tout le droit civil, pénal, juridique et cultuel, formant la Torah.

Le midrash dit que Dieu ne se limita pas à la langue sainte mais résonna dans les 70 langues de l’humanité. La tradition enseigne que ces Paroles ont été données dans le désert, un terrain qui n’appartient à personne, pour montrer que bien que confiées à Israël, elles ont une portée universelle. Lors de la fête de Pentecôte ou don de la Torah, on lit le rouleau du livre de Ruth, première convertie, arrière-grand-mère de David, souche qui donnera vie au Messie, sauveur d’Israël et des nations.

Le Don de la Thora eu lieu en l’an 2448 c’est en dire en -1313 avant JC.

Le mot Torah TVRH, a été traduit à tort par « loi » faisant de la religion du peuple juif une religion légaliste et rigide. Ce mot signifie « enseignement » et pourrait venir soit du verbe HVRH qui signifie : montrer le chemin, enseigner ; soit de la racine TVR qui signifie : circuler, explorer, examiner, mais aussi collier et tourterelle. On peut aussi rapprocher le mot Torah de la racine YRH qui signifie : lancer, jeter, comme dans l’expression « lancer une flèche ». Une flèche pour toucher le cœur de l’homme, le cœur de Dieu.
On nomme Torah aussi bien les Dix Paroles que l’ensemble des cinq rouleaux que Moïse écrivit sous la dictée de Dieu au mont Sinaï. Ils sont connus de nous sous le nom de Pentateuque. Le nom hébreu de chacun de ces livres nous dit que Dieu est relation et qu’Il désire avoir une relation personnelle avec chacun de nous.
Ces Dix paroles ne sont à aucun moment appelées dans la Bible « commandements », il s’agit là d’une « traduction-trahison ». Dieu ne commande pas, Il n’est pas un tyran, Il est Parole, Il vient à notre rencontre, Il nous parle. Il s’adresse à Abraham puis à tout un peuple issu de lui et, dans le Christ, à chacun d’entre nous quelle que soit la nation à laquelle il appartient. Il nous offre Dix paroles par lesquelles nous pouvons entrer en relation avec Lui, avec les autres, avec nous-mêmes afin que nous puissions vivre de Son amour et être comblés de Ses bénédictions.

La première de ces paroles est : « Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Égypte. »

Je suis, anokhi, moi, est l’acrostiche de la phrase en araméen : « ani nafchi ktavit yahavit qui signifie : « Moi, mon âme Je la donne dans l’écriture ». Dieu se donne à nous, tout entier, dans Son livre. Comme dans toute relation, il y a d’abord les présentations. Il nous dit qui Il est. Il est celui qui a entendu notre plainte et qui nous a délivrés en nous faisant sortir du pays de la servitude, ici l’Égypte, Mitsraïm en hébreu, mot qui peut se lire métsarim, « limites », « tristesses ». C’est uniquement lorsqu’on sort de ses prisons personnelles, de sa déprime, que l’on peut entendre Sa voix, la marche commune peut alors commencer. Dieu dit « je » et il nous dit « tu ». Il ne dit pas vous, il ne nous englobe pas dans un collectif, il parle à chacun d’entre nous, à chaque individu car ce qu’il désire c’est avoir une relation intime et personnelle avec chacun d’entre nous. »

Elisabeth Smadja

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