conclave des femmes Saint-Merry 9 mars 2013 conclave des femmes ©fc

Mes bien chères sœurs

J’ai lu, avec crainte et tremblement, une enquête dans Le Monde, annoncée en une par le titre racoleur « Des catholiques veulent rendre à l’Église sa virilité » et développée sur une page – une page entière comme pour la crise d’Alep ou l’élection américaine. J’ai appris, mes sœurs, que des « laïcs et des prêtres offrent à des hommes en quête de leur masculinité des camps, retraites, fraternités à l’ambiance virile mais pas bourrin » ! Diable ! ou Diablesse …Les mêmes dénoncent « le mal-être de nos compagnons, le flottement de leur identité masculine, leur virilité menacée, des homélies asexuées, des liturgies trop sucrées » et, nous y arrivons, « l’omniprésence de la figure féminine dans l’Église ». Et c’est reparti pour un tour ! Misogynie quand tu nous tiens…

Que faire mes sœurs ?

Aristophane ne peut nous inspirer mais filons la métaphore : pour notre Très Sainte Mère, mes soeurs, nous ne sommes pas des guêpes mais plutôt des fourmis laborieuses, des abeilles nourricières ou des cigales d’ornement. Donc arrêtons la catéchèse, le secrétariat, les bonnes œuvres, le chant, l’accueil, rayons les saintes du calendrier, mettons sous l’éteignoir nos mystiques et théologiennes… et, si elle survit, l’Institution sera non seulement clérico-centrique mais virilo-centrique. Cauchemardesque !

Oh, mes sœurs, notre vocation est-elle uniquement celle de la Vierge Marie qui garde tout dans son cœur et ne dit rien ?

Ne faut-il pas le regard et la parole échangés pour nous reconnaître femme et homme – avec, en chacun de nous, la part de féminin et de masculin comme le dit Genèse 1,27 – et parfaire ensemble le monde qui nous est donné ?

Mes frères, n’ayez pas peur !

Catherine Charvet

Billet du dimanche 15 janvier 2017

1 Commentaire

  • Misogynie , parlons-en.
    Les démonstrations de virilité qui occupent des lieux d’Eglise comme Paray le Monial, Vézelay m’évoquent non « sans crainte et tremblements » des périodes récentes qui acheminaient à bas bruit au début puis en violence exponentielle des pays comme l’Italie, l’Allemagne dans les années trente et suivantes.
    Machisme fasciste, nazi.Haine du différent., haine du faible, haine du Dieu biblique, (tout homme a du prix à ses yeux) et de ceux qui s’en revendiquent et mettent en pratique l’Evangile
    Cette virilité revendiquée, cette exacerbation de la force virile, consista rapidement à dominer, écraser voire éliminer les plus faibles et ceux désignés comme des non-humains parce qu’handicapés, homosexuels, femmelettes… mais aussi des artisans de paix, résistants aux régimes totalitaires.
    Pour en revenir à ces séances de virilisation, des évêques ne dédaignent pas de leur apporter leur soutien et leur fervente bénédiction .
    Sans plus développer, et puisque nous nous intéressons au politique, (ateliers Foi et Politique) ne fermons pas les yeux sur des signes qui convergent en expression de droitisation extrême de notre société. Nous savons ce que cela veut dire :élimination de personnes qui n’auraient pas le droit de vivre sur terre « chrétienne » pour ne citer qu’eux parmi d’autres.

    Rappelons-nous à titre d’illustration le petit opuscule « Matin brun ». Un matin, le pays se réveille mais trop tard : il est devenu totalement brun (la peste brune)

    Merci à Catherine Charvet.
    Rappel :Il y a eu déjà à st Merry d’autres expressions proches de ce qu’elle exprime.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *