Bonnes nouvelles de José Antonio Pagola

Les évangiles ont recueilli le souvenir de trois femmes admirables qui, le matin de Pâques, se sont approchées du sépulcre où Jésus avait été mis. Elles ne peuvent l’oublier. Elles persistent à l’aimer plus que tous. Alors que les hommes ont fui, restant cachés peut-être.

vacances  2013_011Retourner en Galilée.

Un commentaire de l’ évangile de la Résurrection par le Père Pagola.

C’est sur les rives du lac de Galilée que Jésus commença par appeler ceux qui vont le suivre en premier, afin de leur enseigner son style de vie.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensembles, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. (Jean 20,1-9)

Les évangiles ont recueilli le souvenir de trois femmes admirables qui, le matin de Pâques, se sont approchées du sépulcre où Jésus avait été mis. Elles ne peuvent l’oublier. Elles persistent à l’aimer plus que tous. Alors que les hommes ont fui, restant cachés peut-être.
Le message qu’elles entendent en arrivant est d’une importance exceptionnelle. L’évangile le plus ancien dit ceci : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ? Il n’est pas là. Il est ressuscité ». C’est une erreur de chercher Jésus dans le monde de la mort. Il est vivant pour toujours. Nous ne pourrons jamais le rencontrer là où la vie est morte.
Nous ne devons pas l’oublier. Si nous voulons rencontrer Jésus ressuscité, plein de vie et de force créatrice, nous ne devons pas le rencontrer dans une religion morte, réduite à l’accomplissement extérieur de préceptes et de rites routiniers, ou dans une foi éteinte, qui se complait en stéréotypes et formules avariées, vides de l’amour vivant pour Jésus.
Alors ? Ou pouvons-nous le rencontrer ? Les femmes reçoivent cette mission : «Allez dire maintenant à ses disciples et à Pierre : il vous précède en Galilée. Là-bas vous le verrez ». Pourquoi faut-il revenir en Galilée pour voir le Ressuscité ? Quel sens profond contient cette invitation ? Qu’est-ce qu’elle est entrain de nous dire à nous, aux chrétiens d’aujourd’hui ?
En Galilée s’entend pour la première fois et dans toute sa pureté, la Bonne Nouvelle de Dieu ainsi que le projet humanisant du Père. Si de nos jours nous ne l’écoutons pas à nouveau d’un cœur simple et ouvert, nous nous alimenterons de vénérables doctrines, mais nous ne connaîtrons pas la joie de l’Évangile de Jésus, capable de « ressusciter » notre foi.
C’est sur les rives du lac de Galilée que Jésus commença par appeler ceux qui vont le suivre en premier, afin de leur enseigner son style de vie et de collaborer avec lui dans la grande tâche qui consiste à rendre la vie plus humaine. De nos jours Jésus continue d’appeler. Si nous n’entendons pas son appel et s’il ne « va pas au-devant de nous », vers où se dirigera le christianisme ?
La première communauté de Jésus entra en gestation sur les chemins de Galilée. Ceux qui le suivirent vivaient auprès de lui une expérience unique. Sa présence les emplissait. C’est lui le centre. Avec lui ils ont appris à vivre dans l’accueil, le pardon, soignant la vie et éveillant la confiance en l’insondable amour de Dieu. Si nous ne nous mettons pas dès que possible, Jésus au centre de nos communautés, nous ne ferons jamais l’expérience de sa présence au milieu de nous.
Si nous revenons en Galilée, la « présence invisible » de Jésus ressuscité acquerra des traits humains à la lecture des récits évangéliques, et sa « présence silencieuse » retrouvera une voix concrète en recevant le souffle de ses paroles.

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