« Zazie dans le métro », film de Louis Malle (1960)

Bouche à oreille

Il y a quelque temps, dans une église parisienne plongée dans le noir, des « souffleurs de mots », à l’aide d’une longue canne creuse, répondant au beau nom de rossignol, confiaient, à l’oreille des participants des secrets poétiques, philosophiques et littéraires, et je suis reparti à la fois enrichi et plus léger du secret anonyme reçu : «  pousser sans relâche la langue à scintiller comme un fleuve ».

C’est l’occasion de mesurer l’importance du bouche à oreille, comme partage d’émotions, d’enthousiasmes, comme marque d’attention : « tiens, dis donc, j’ai vu tel spectacle, rencontré telle personne, lu tel livre, eu connaissance de telle possibilité… et j’ai pensé à toi ». Dans la confidence du bouche à oreille, c’est souvent le cœur qui s’exprime. Comme cela est enrichissant pour moi de me laisser guider par ce bouche à oreille d’amis, de personnes que j’apprécie ou d’écrivains : de rebond en rebond, d’aiguillage en aiguillage, je me retrouve souvent loin d’où j’étais parti et pensais arriver, mais plus proche de moi et des autres.

Alors, archaïque et inutile, le bouche à oreille à l’heure du flux continu et omniprésent d’information et d’Internet où chacun peut aller chercher l’information dont il pense avoir besoin, ou plus nécessaire que jamais ?

Il me semble qu’à Saint Merry, nous savons conjuguer la richesse de tous les moyens de communication modernes –avec beaucoup de talent – et le bouche à oreille, en marge de nos célébrations, lors d’un repas partagé ou d’un tête à tête à la terrasse d’un café.

Didier Peny

Billet du dimanche 5 juin 2016

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