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Le Centre pastoral Saint-Merry accueille le Cardinal André Vingt-Trois

Être appelé à une vie nouvelle, cela ne veut pas dire être approuvé de ce que l’on vit déjà, cela veut dire s’interroger, se remettre en question de ce que l’on vit pour vivre autre chose. Cela s’appelle, dans la tradition biblique, depuis les prophètes jusqu’à nos jours, la conversion.

Au cours de la messe célébrée le 17 avril dans l’église Saint-Merry, le cardinal André Vingt-Trois nous a donné une homélie que vous trouverez ici ;

Puis à la fin de la célébration il a tenu à s’adresser particulièrement à la toute communauté présente ce matin là par ses mots :

« Au cours des trois années écoulées, le Pape, à plusieurs reprises, a employé une formule qui donne à réfléchir sans que l’on trouve toujours la solution immédiate : « Ce qui est premier, ce ne sont pas les espaces, ce sont les processus ». J’ai médité souvent sur cette formule qui a un peu varié – ce ne sont pas les lieux, ce sont les temps ; ce ne sont pas les espaces, c’est le temps – pour essayer de comprendre ce qu’il voulait bien dire.

Alors évidemment, j’ai été éclairé par d’autres propos du pape qui donnent accès à sa pensée : il faut que les Églises sortent, qu’elles aillent vers les périphéries, ou bien encore : il ne faut pas se laisser engluer par nos propres pensées, mais il faut nous remettre constamment dans la pensée du Christ.

En réfléchissant, je me suis dit que les espaces ou les lieux, ce sont des endroits qui sont définis parce qu’ils sont fixes ; quand on y est, on est fixé, fixé quelque part et fixé dans un statut. Le processus et le temps, c’est l’indicateur d’un cheminement, d’une histoire, d’une éventualité, d’une possibilité de changer, de progresser, de ne pas se laisser nécroser par les habitudes, par le savoir-faire, par l’histoire… Le Christ nous appelle toujours vers un en-avant !

Je pense que cela nous aide à mieux comprendre notre propre vie, comment nous-mêmes nous sommes invités à ne pas nous définir d’abord par des lieux, mais par un chemin, par une histoire, par un développement. Et nous sommes invités aussi à voir les autres avec ce regard qui ne laisse pas conditionner par le lieu, à ne pas se laisser saisir, arrêter par la « niche » où l’on a fixé quelqu’un en pensant qu’il n’en sortira pas, qu’il ne voudra pas vivre autre chose. Nous sommes invités à nous laisser conduire par l’espérance que chacune et chacun est appelé à une vie nouvelle.

Être appelé à une vie nouvelle, cela ne veut pas dire être approuvé de ce que l’on  vit déjà, cela veut dire s’interroger, se remettre en question de ce que l’on vit pour vivre autre chose. Cela s’appelle, dans la tradition biblique, depuis les prophètes jusqu’à nos jours, la conversion. Il n’y a pas de vie nouvelle là où il n’y a pas conversion. Il n’y a pas de conversion si on est fixé dans les espaces plutôt que dans les processus.

Cette approche m’aide dans ma responsabilité à comprendre la mission des paroisses qui sont, non seulement des lieux, mais des bâtiments, des espaces définis destinés à rassembler. Cela m’aide à réfléchir pour aider chacune de ces communautés à passer de la notion de lieu ou d’espace, à la notion de processus, de mission, d’accueil, bref à aller vers les autres.

Je suis sensible au fait que, dans le tissu pastoral de la Ville de Paris, avec tant de visages différents, les participants de cette paroisse Saint-Merry et de son centre ont été capables de se laisser porter pour être décentrés, pour laisser leurs rencontres, leur accueil, leurs dialogues avec les autres, donner forme à leur expérience dans la foi, à leur expérience de la vitalité du Christ et poursuivre la mission qui leur a été confiée il y a 40 ans dans un monde qui n’était pas tout à fait le même qu’aujourd’hui mais où les impératifs de la mission sont demeurés les mêmes, c’est-à-dire que nous soyons toujours davantage capables d’aller à la rencontre du monde qui nous entoure. »

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