C’est mon fils écoutez le

Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.

Dimanche, 6 août 2017.

PREMIÈRE LECTURE
« Son habit était blanc comme la neige »
(Dn 7, 9-10.13-14)
PSAUME
(Ps 96, 1-2, 4-5, 6.9)
DEUXIÈME LECTURE
« Cette voix venant du ciel,
nous l’avons nous-mêmes entendue » (2 P 1, 16-19)
ÉVANGILE
« Son visage devint brillant comme le soleil »
(Mt 17, 1-9)

Accueil

 

Bonjour à toutes et à tous en ce dimanche du cœur de l’été
et spécialement aux chrétiens de passage.
Bienvenu à chacun dans la communauté du Centre Pastoral Saint-Merry.

Et ce matin, le texte de la Transfiguration… à nouveau Images, son, lumières
comme support d’une autre culture si différente de la nôtre.
Mais aussi paroles : celles de Pierre qui tellement heureux d’être,
en si bonne compagnie vétérotestamentaire, veut installer trois tentes.

Celle du Père surtout, une invitation décisive, Celui-ci est mon fils bien aimé,
en rappel d’une incarnation toujours à l’œuvre. Et pourtant au bout du texte,
c’est le silence provisoire que Jésus demande à ses disciples.
Et c’est devant Jésus, seul, que ces derniers se retrouvent.

La transfiguration de Jésus aura-t- elle transfiguré ses amis ?
Nous transfigure-t-elle, soit individuellement, soit en communauté,
nous qui n’avons ni vu ni entendu ? Mais nous qui pouvons à chaque instant,
accepter d’être transfigurés par nos actes, nos engagements,
nos attentions avec le langage de notre aujourd’hui.

Être transfigurée par un ou une autre ?.
Ou bien la transfiguration, un épisode inutile
parce devenu trop lointain dans sa forme ?

Alain Cabantous

Commentaire

En préparant cette célébration nous nous sommes demandés
ce que la deuxième lettre de saint Pierre disait aujourd’hui à notre communauté.

Tout d’abord, remarquons que cet apôtre – Pierre – comme il le dit dans sa lettre
a été un témoin oculaire de la venue de Jésus, fils de Dieu. Et ce même Pierre
est bien celui qui fût fondateur de l’Eglise, premier évêque de Rome.
Aussi sa lettre s’adresse aux premières communautés chrétiennes
comme à celles qui aujourd’hui forment l’Eglise.

Comme le rappelle Matthieu dans son évangile, Pierre a été, avec Jacques et Jean,
témoin de la transfiguration de Jésus. C’est l’Eglise toute entière qui reçoit cet appel
à la transfiguration, à une transformation continue pour dire Dieu
aux femmes et aux hommes de tous les temps.

Les plus anciens d’entre nous ont été témoins de la transformation de l’Eglise
par le concile Vatican II ; notamment, par la constitution pastorale Gaudium et Spes
« sur l’Église dans le monde de ce temps ».
Elle appelait tous les chrétiens – le Peuple de Dieu – à exercer un discernement
en portant attention aux “signes des temps
pour découvrir la présence de Dieu dans les événements.

C’est une nouvelle transformation de l’Eglise
qu’appelle le pape François depuis son élection au siège de Pierre.
Quand il compare l’Eglise à un « hôpital de campagne », il pense à celles et ceux
qui se trouvent à sa « périphérie » ; il n’oublie pas celles et ceux
qui ont été blessé(e)s, et souvent blessé(e)s par l’institution elle-même.
Eglise… hôpital de campagne !

Quand le 4 octobre 2013, François disait :
« Le peuple de Dieu a du “flair“ pour trouver de nouvelles voies »,
il comptait sur nous pour transformer l’Eglise, il compte toujours sur nous !
C’est trop facile pour nous de compter d’abord sur lui !

Alors, tenons-nous loin “des récits imaginaires sophistiqués“ comme Pierre
nous y invite et dans lesquels certains voudraient nous enfermer.
Notre communauté comme tant d’autres est appelée à faire Eglise nouvelle.
« Comme une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu’à ce que paraisse le jour ».
A Saint-Merry, nous voulons vivre « L’Evangile dans la ville ».
Vivons l’Eglise hors les murs ! Vivons l’Eglise nouvelle !

Michel Bourdeau

COMMENTAIRE

On aurait bien surpris les Juifs, au moment de la naissance de Jésus,
si on leur avait suggéré que Dieu pût avoir un fils.
On les aurait même scandalisés ! « Dieu, un fils ! Vous blasphémez  !
Dieu- l’Unique- ne peut être qu’un Dieu solitaire ! »

Il va pourtant suffire de quelques mots prononcés par Dieu lui-même :
« Celui-ci est mon fils bien aimé » pour balayer cette prétendue évidence.
Quelques mots d’abord entendus sur les rives du Jourdain lors du baptême du Christ
et réitérés, le jour de la Transfiguration, de façon encore plus spectaculaire.

Il faudra beaucoup de temps aux Apôtres pour comprendre la portée de l’événement.
Comment pouvaient-ils réaliser que Jésus leur maître, leur compagnon de route,
était le visage même de Dieu , le Messie de la tradition prophétique ?
Un peu plus tard, c’est Pierre qui, pour convaincre, devra donner des gages d’authenticité :
«  nous étions là, nous avons vu, nous avons entendu. »

Et nous , que disons-nous aujourd’hui de la Transfiguration ? Il faut bien avouer
que le symbolisme qui l’entoure ( la nuée lumineuse, la voix céleste) ,
ancré pourtant dans la tradition biblique est toujours un peu déconcertant
pour nos esprits rationnels ! Mais l’essentiel est ailleurs.

D’abord dans cette mystérieuse relation
qui divinise le Fils et révèle dans le Père un Dieu de tendresse.
Mais surtout dans la place centrale qu’occupe désormais le Christ
alors que Moïse et Elie s’effacent comme si leur mission avait trouvé en Jésus
son accomplissement. Quand Dieu nous lance cette invitation pressante
« Ecoutez-le ! », c’est le texte qui désormais nous interroge
et nous place face à nous-mêmes. Le message du Christ, nous y adhérons
et aspirons à être par lui transformés, transfigurés.

Mais d’où vient que tant de nos élans retombent et que nos pesanteurs
reprennent aussi vite le dessus ? D’où vient cette tentation du repli,
ce besoin de dresser des tentes, de vivre dans un entre-soi rassurant mais stérile ?
Le Christ trouve dans la montagne le lieu privilégié du recueillement et de la prière
mais il ne s’y attarde pas. A sa suite, il nous invite à descendre de nos montagnes
pour retrouver la vie ordinaire et chercher au milieu des autres,
avec eux, pour eux, la voie d’une possible transfiguration.

Michel Lahaie

Envoi

La célébration comme partage de la parole,
comme partage du pain,
comme partage de nos témoignages
et partage de la prière de la communauté.

La célébration, comme un temps du dedans pour mieux vivre le dehors.
Ici aussi nulle tente ne saurait être installée.
Nous redescendons de la montagne.
Le monde ne nous attend pas
mais nous pouvons quand même y témoigner avec le Christ Jésus seul.

Alain Cabantous
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