« C’est la Pâque du Seigneur ! »

Bien des siècles après cet évènement inaugural, Jésus et ses disciples vont à leur tour célébrer la libération de leur peuple dans un autre repas, la cène, que nous commémorons aujourd’hui.

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Jeudi 17 avril 2014
Jeudi Saint

Lectures

►  livre de l’Exode Ex 12,1-8.11-14
►  première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1 Co 11, 23-26
► Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 13,1-15

 


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 le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi.»

Bonsoir. Bienvenue à tous, particulièrement à ceux qui viennent pour la première fois ou qui ne fréquentent que rarement le Centre Pastoral.

Nous allons célébrer ensemble, ce soir, le dernier repas de Jésus avec ses disciples, « la Pâque du Seigneur ». Dans la tradition juive, en plus du repas pascal, existaient des repas communautaires, appelés toda, la louange, toujours liés, donc, à la louange et au remerciement à Dieu. Cette coutume était bien établie chez les juifs de la diaspora : Flavius Josèphe nous rapporte en effet qu’à la fin du premier siècle à Rome, les repas communautaires étaient interdits par crainte des conspirations, mais que les juifs bénéficiaient d’une autorisation spéciale de l’empereur pour se réunir. La tradition chrétienne, par le « repas eucharistique », reprend cette manière de faire. Il n’est donc pas étonnant que nous ayon
s au menu de ce soir trois lectures qui ont trait à des repas.
Pour commencer, le livre de l’Exode nous détaille le dernier repas des Hébreux sur le point de partir. Ils vont pouvoir échapper à Pharaon et quitter l’Egypte sous la protection de Dieu. Ils vont vivre alors une expérience qui sera fondatrice d’Israël. Ce récit n’est pas un reportage, mais nous rappelle l’origine et le déroulement du repas de la Pâque juive qui est le mémorial de cette libération.
Paul, dans la première lettre aux Corinthiens, nous raconte la Cène sous une forme qui est peut-être un texte liturgique. C’est le plus ancien récit écrit de cet évènement, il ne date que d’environ 25 ans après la mort de Jésus. Le but de Paul est de rappeler les Corinthiens, pour le moins très individualistes, à plus de respect mutuel, de leur rappeler qu’ils sont tous égaux pour recevoir le don du Christ.
C’est pour figurer notre unité enrichie de nos diversités que vous avez apporté des étoffes de couleurs différentes dont Jacqueline va vous indiquer l’emploi.
Le récit du lavement des pieds se situe juste à la fin du repas, un repas que Jean est le seul des quatre évangélistes à ne pas relater. De ce repas, il ne nous rapporte que le geste qui suit et les paroles explicatives. Ce discours sur le service, que l’on retrouve aussi, juste après la Cène dans l’évangile de Luc, prend ici un développement et un relief particulier, au point d’occulter l’institution de l’Eucharistie. Il apparaît comme le testament, la manière de réaliser, de garder, de manifester, la présence de Jésus parmi les siens. L’ordre de Jésus : « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi » est le même commandement que : « Faites ceci en mémoire de moi »

Nourrissons nous donc déjà de ces trois textes avant de monter à la table du Christ.

Hubert Lassus

Le premier repas dont nous parle la liturgie d’aujourd’hui est le repas pascal, repas inaugural de l’histoire du peuple élu, repas qui marque l’alliance entre le Seigneur et son peuple, alliance qui va le libérer et le mettre en marche.
EX 12,1-8.11-14
« Ce jour là, dit le Seigneur, sera un jour de mémorial …D’âge en âge vous le fêterez. »
De quoi s’agit-il en effet : sur une initiative du Seigneur Moïse a mobilisé le peuple qui souffrait en esclavage ; les juifs ont pris conscience de leur servitude et, sur instruction du Dieu de leurs Pères, ils se mettent en chemin. L’alliance entre Dieu et son peuple est claire  chaque étape de la libération est précisée. Notons le paradoxe de cette association entre alliance qui évoque l’interdépendance et liberté souvent comprise comme indépendance.
Il ne s’agit pas d’une libération vers l’anarchie ou l’anomie : le peuple hébreu va errer dans le désert avant de rencontrer la Loi qui le guidera vers la Terre promise, le lieu où il est appelé à s’épanouir comme peuple de Dieu.
Bien des siècles après cet évènement inaugural, Jésus, entouré de ses disciples vont à leur tour célébrer la libération de leur peuple dans un autre repas, la cène, que nous commémorons aujourd’hui.
Mais Jésus ne se contente pas de reproduire le geste des hébreux ; inspiré par sa méditation de l’histoire de Dieu avec les hommes il a compris que l’alliance concernait l’humanité toute entière  et que le sens de sa propre vie était de le révéler malgré les risques entrainés par cette prétention sacrilège. Il ose alors librement le geste novateur qui donne au rite ancien la plénitude de son sens ; le marqueur de l’alliance ne sera plus le sang de l’agneau mais le sang de Sa vie sacrifiée à sa mission.
Comme les juifs nous nous découvrons libérés, non plus de l’esclavage des égyptiens mais de l’impasse où nous enfermait le mal, mis en route par le Seigneur qui nous ouvre lui même la voie par son exemple.
Soutenus par l’alliance qu’Il nous a révélée, nous pouvons à notre tour inventer la voie spécifique qui nous permettra de nous découvrir, dans le respect de la liberté de chacun, frère d’autres hommes, pour que tous ensemble nous puissions devenir fils de Dieu avec le Christ.

Martine Roger Machart

 CommentP1020415(1)aire de la lecture de Paul, autour de l’égalité

Il  s’agit d’un repas.
L’eucharistie, qui fonde, rassemble et identifie la communauté chrétienne, prend la forme d’un repas.
Le repas est pas excellence le lieu de l’égalité. Manger autour d’une même table n’efface pas les différences mais les met en dialogue
La table commune permet la circulation de la parole car autour de la table nous sommes tous au même  niveau.
La table commune nous rappelle que malgré toutes les différences qui nous séparent nous avons un  besoin commun, celui de manger
La table commune nous rappelle cette égalité de base à partir de laquelle nous avons la possibilité de  transformer nos différence meurtrières et diaboliques
En lieu de communication et peut-être de communion et donc de fraternité.
L’eucharistie est donc promesse de fraternité, là où l’on ne voit que de la rivalité.
L’eucharistie est promesse d’égalité, là où l’on ne voit que de l’inégalité.
L’eucharistie est promesse de vie, là où l’on ne voit qu’une menace de mort.
Et Paul nous invite ici à entendre cette promesse
Celle d’une égalité qui n’efface pas mais qui met en dialogue nos différences.

Elena Lasida

Nous voici réunis, la fraternité des pieds bien lavés.
Une fraternité n’est pas une fratrie, car elle n’est pas engendrée  par le sang.
La nôtre est constituée par un don reçu par tous et chacun, don symbolisé par le lavement des pieds. Un symbole renversant l’ordre établi, les valeurs, les codes. Un symbole radical.
Mais cette fraternité n’est pas acquise automatiquement et définitivement. La trahison guette : pas seulement celle de Judas mais aussi celle de Pierre, celle du premier de la fraternité…
Cette fraternité est faite de liberté et d’égalité, provoquées par le don.
Un don qui annonce et dit celui de la croix, celui de la vie.
Un don qui est fait, provoqué par l’amour, dont la racine est l’amour.
Une fraternité de table qui annonce l’avenir car si on nous donne à manger c’est pour vivre et parce qu’on est certain que l’on va vivre.
Une offrande faite par celui que les frères, les membres de la fraternité, reconnaissent comme maître et Seigneur.
Un don reçu qui oblige les bénéficiaires à un faire, incontournable, inévitable : faire comme celui qui nous fait le don : servir.Un don pour servir. Une fraternité de serviteurs.

Jésus Asurm:endi

 

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Remercier. Te remercier Dieu et Père. Les raisons ne manquent pas mais, aujourd’hui, elles se bousculent.
La libération de l’esclavage des hébreux en Egypte, la libération de l’exil, la libération de tous les esclavages et tous les exils.  Les libertés acquises, conquises, reçues. Les libérations passées et celles à venir qui embellissent et donnent sens à la création toute entière. Pour toutes ces libérations nous te remercions.
Nous te remercions pour la tradition entendue, reçue  continuellement actualisée et revivifiée. Recevoir et transmettre. Autour de la table, la table du repas du Seigneur. Pour la fraternité de la table, pour le don de la table du repas du Seigneur qui fonde et crée la fraternité. Pour la fraternité créée, visible, tangible du lavement des pieds qui bouleverse nos têtes, nos corps et nos esprits. Pour ce signe qui dit et manifeste l’amour avec lequel notre Seigneur nous a aimés et nous  aime. Pour cette fraternité qui se conjugue et se décline en service.
Pour le créateur, l’artisan, le sens et l’horizon de cette fraternité qui fait vivre, Jésus, notre Christ, ton Fils, pour lui et par lui nous te remercions et nous te chantons.

Ayant aimé les siens il les aima jusqu’au bout. Un geste, un signe incongru qui change la donne : le Maître et Seigneur à genoux, aux pieds de ses amis. Le monde à l’envers. Un vrai carnaval ! La croix, instrument de mort qui devient source de vie. C’est à ne rien comprendre : comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? Peut-être qu’avec l’aide de ton Esprit nous arriverons peu à peu à comprendre ce qu’il fait pour nous. Que ton Esprit vienne à notre secours pour que nous comprenions et nous vivions. Qu’il fasse de ce pain et de ce vin les signes visibles de la présence parmi nous de Jésus, ton Fils notre Seigneur.
Aujourd’hui, plus que jamais, c’est le jour du mémorial. Se rappeler et faire mémoire. Se souvenir et faire présents parmi nous le don total, l’amour absolu de notre Seigneur : sa vie, sa mort, sa résurrection. En attendant son retour.
Autour d’une table, la table du repas du Seigneur, une tablée de frères inspirés par ton Esprit. Inspirés et nourris de sa présence, par le corps de ton Fils, notre Seigneur Jésus, et devenant ainsi ce que nous recevons le corps du Christ. Un corps de serviteurs, une communauté qui sert les frères, une fraternité qui sert tous les hommes comme des frères. Une Eglise, où l’on cultive l’égalité, on entretient la liberté, on soigne la fraternité. Une communauté de frères serviteurs.

Jésus Asurm:endi

 

Envoi

Nous avons entendu dimanche, par deux fois, cette hymne citée dans la lettre aux Philippiens : « Lui qui était de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur ». C’est dans cette droite ligne que Jésus, en lavant les pieds des disciples a renversé un ordre trop bien établi. En retournant ainsi les valeurs usuelles, il accomplit une sorte de révolution qui nous libère et nous rend égaux devant son amour. A nous de mettre en pratique nos réflexions faites lors des groupes carême car, pour que cette liberté et cette égalité soient vivables, il nous faut, ici et partout, réaliser la fraternité.

Hubert Lassus

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