C’est nous les chanoines…

Ils ne récitent pas les prières des heures, ils ne portent ni barrette, ni surplis en dentelle, ni aumusse fourrée de petit vair, ils n’utilisent plus les miséricordes… ceux d’entre nous qui, les dimanches lors des célébrations, s’installent dans les stalles du chœur, à la place des chanoines de l’Ancien régime.

Ces stalles nous rappellent l’occupation de Saint-Merry jusqu’à la Révolution. En fait deux communautés s’y côtoyaient et se partageaient l’espace de façon inégalitaire. D’une part le collège des chanoines dont la fondation remontait au XIe siècle et qui occupait la meilleure place : le chœur liturgique séparé du reste de l’église par une clôture et par un jubé jusqu’en 1751. De l’autre, les paroissiens devaient se contenter des deux bas-côtés sud et leur autel était adossé à un mur dressé avant le transept. La nef était une sorte de zone intermédiaire et commune où chacun pouvait flâner.

À présent, voilà plus de deux siècles que les chanoines ont disparu. Mais le magnifique chœur que leur ont construit les frères Slodtz a survécu et, contrairement à ce qui se passe ailleurs, leurs stalles sont toujours occupées… Comme quoi notre communauté d’avant-garde, paraît-il, sait maintenir vivante une tradition multi-séculaire… À la différence que les « nouveaux chanoines » ne sont plus des clercs mais des fidèles ordinaires. N’est-ce pas là une discrète illustration de la co-responsabilité clergé-laïcs, principe fondateur du CPHB ?

Pierre Sesmat

1 Commentaire

  • Tous baptisés, tous chrétiens, sans distinction, unis dans la même foi au Christ, chargés par Lui de dire à tous la Bonne Nouvelle « Dieu aime l’Homme ». Pas de hiérarchie dans l’Eglise = Peuple de Dieu, mais chacun au SERVICE du Royaume dès maintenant !…

    Merci à tous les membres du CPHB : grâce à ce site nous pouvons nous unir à la prière, à la réflexion et un peu à votre dynamisme.

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