« Cet homme impressionnant… »

« ... était pour moi un frère. Il ne l’a pas toujours été, mais il l’est devenu. Au démarrage nous connaissions peu. Mais, pour l’un et l’autre, la page blanche de Saint-Merry a correspondu à un tournant dans notre vie ». Lé témoignage de Jean-Claude Thomas sur Xavier de Chalendar

Cet homme impressionnant était pour moi un frère. Il ne l’a pas toujours été mais il l’est devenu. Au démarrage nous connaissions peu. Mais, pour l’un et l’autre, la page blanche de Saint-Merry a correspondu à un tournant dans notre vie.

Je me suis demandé ce qui était au centre de ce que j’ai vécu comme ami et compagnon de route de Xavier. Et ce qui m’est venu c’est du bonheur. Non que Xavier soit pourvoyeur de bonheur, un bonheur qu’il n’y aurait plus qu’à ramasser. Non. Mais le bonheur ressenti de la création commune.
Le bonheur d’une création commune où s’investit le meilleur de nous-mêmes, mais aussi nos questions, nos interrogations, comme les dons et les charismes de chacun.
Une création qui s’est appuyée et s’appuie sur un NOUS, un nous dont font partie beaucoup d’entre vous, d’entre nous.

La première qualité que j’ai trouvée chez Xavier est de rendre cela possible.
Beaucoup penseront à ses qualités personnelles, de parole, d’intelligence, d’écriture, d’animation, etc. Et le remercieront de ce qu’il a fait.
Je voudrais le remercier de ce qu’il n’a pas fait, mais qu’il a rendu possible. Je voudrais le remercier d’avoir contribué au bonheur dont je parle en refusant de faire les choses seul, sur sa propre lancée.

Nous nous sommes rencontrés au moment où s’est esquissé le projet qui a donné naissance au CPHB à Saint-Merry. Notre accord a porté sur ceci : « Il est urgent de ne rien faire ». Ne rien faire sans d’abord consulter, écouter, réfléchir avec d’autres, constituer une équipe de laïcs et de prêtres qui porte ensemble ce nouveau projet.

Christine, sa nièce, a dit tout à l’heure qu’elle avait constaté un changement chez Xavier, dans ces années-là : non plus parler, mais d’abord écouter. Une vraie conversion : écouter au lieu de « dire la Parole ». « Rendre possible » plutôt que diriger.

Un peu comme le Pape François dont le premier geste à la fenêtre du Vatican, le soir de son élection, au lieu d’une bénédiction solennelle, a été de baisser la tête, et de dire « Bonsoir. Je vous demande de prier pour moi. » L’Évangile est là, dans ces gestes qui le réinventent.

Robert Jorens nous a dit se souvenir de la première exposition qu’il a vue dans Saint-Merry, une exposition sur la naissance. Cette exposition est issue de l’expérience de la première équipe pastorale. Parmi nous deux couples, dont un attendait un bébé. Une grossesse, une attente, une naissance à venir devenue « Parole au passant ».

Et l’Arc en Ciel : comment passer des expéditions vers Jérusalem en 2 CV à un lieu au climat convivial, où l’effort physique et le contact avec la nature accompagnent le partage de l’expérience et la méditation de la Parole ?

J’aurais voulu vous apporter les 42 volumes du livre d’or de l’Arc en Ciel. Vous y auriez vu défiler 40 ans d’histoire, 40 ans de rencontres d’une profondeur surprenante, 40 ans d’échange et d’émerveillement. Des milliers de voix. Des mots d’enfants ou de mots d’adultes, des mots graves et joyeux, des mots pleins de bonheur qui disent quelque chose de l’Évangile.

Dans ces années là, à Saint-Merry et ailleurs, nous avons été guidés par une intuition commune, une intuition à mettre en œuvre, à partager, une intuition qui concerne, au premier chef, l’Église et son avenir.
Le cœur de l’Église, c’est L’Évangile qui n’est pas une parole du passé, à laquelle se référer comme à un écrit que l’on consulte. C’est une parole vivante qui nous amène à créer des paraboles vivantes, des mises en œuvre qui disent cet Évangile aujourd’hui. C’est une parole qui n’est vivante que partagée et en partie réinventée.

D’où le CIF, le CPHB, l’Arc en Ciel, Aujourd’hui des chrétiens.

Et le savoir des uns vient alimenter la création commune de l’Évangile aujourd’hui.

Cela suppose une conversion qui est un renversement des rôles. Comme pour Jésus avec la Samaritaine : « Donne-moi à boire ». Et tout part de là, tout s’écrit et s’invente à partir de ce renversement-là, de ce retournement. Pour nous comme pour Jésus et la Samaritaine.
L’Évangile, c’est très souvent du concret, des gestes simples dont parle Jésus dans les paraboles qui en disent plus que tous les discours, même les plus spirituels, sur l’amour.

Jean Claude Thomas

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