« Chantons un nouveau chant d’amour »

Nous venons d’entendre le récit de la rencontre entre Pierre et le centurion Corneille… Dieu est impartial… Il accueille quiconque… Nul ne peut refuser le baptême à autrui car l’Esprit Saint ne se réserve à personne… « Qui suis-je pour juger ? » dit aujourd’hui le pape François ! C’est dans ce respect de chacune et de chacun que – de décembre 2014 à mars 2015 – nous avons recueilli des témoignages sur les situations familiales très différentes, vécues au sein de notre communauté. Ecoutez, ils constituent déjà quelques strophes d’un “nouveau chant d’amour“ :

10 mai 2015
6ème Dimanche de Pâques
Année B

Lectures
1ère lecture : « Même sur les nations païennes, le don de l’Esprit Saint avait été répandu » (Ac 10, 25-26.34-35.44-48)
2ème lecture : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 7-10)
Evangile : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 9-17)

je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,P1060939
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
(Jn 15, 15-16)

Un atelier a travaillé tout cet hiver sur le Synode. Il est parti d’une interpellation de Jacques l’an dernier. « Et si notre atelier sur le synode nous poussait à rencontrer et à écouter, en vérité, les homosexuels, les divorcés, les familles monoparentales, les parents se lançant dans le parcours éprouvant de la procréation médicalement assistée, les célibataires…
L’atelier s’est donc lancé dans le recueil de témoignages de « vies de nos familles », pour  libérer la parole, susciter des dialogues en vérité. Quels fruits ? Ces contacts en vis à vis  – une trentaine, émouvants, oxygénants – ont changé notre regard – comme les échanges dans l’atelier. Un travail de synthèse a été diffusé auprès des instances du synode. Mais avons-nous répondu à cet appel ?
De là, trois réflexions.
Première réflexion : avant d’interpeller l’Eglise sur la famille, nous avons à nous interpeller nous-même.
Chacun de ceux qui ici, vivent l’Eglise à Saint-Merry, chacun est impliqué dans ce changement de regard, cette transformation.  Le fruit le plus visible : chacun est ici accueilli d’abord comme baptisé, et non comme une « situation difficile ou irrégulière »…
Mais l’appel entendu n’est pas abouti, il est à approfondir avec vous tous à partir de nos familles très diverses:

  • quel est notre vécu profond dans nos vies de famille, avec les rebonds, mais aussi les temps d’épreuve traversées ?
  • quelles blessures sont vécues, vis-à-vis de la société, des églises ?
  • comment la vie de foi de chacun s’exprime au travers de son histoire ?

Deuxième réflexion : et l’Eglise institution? l’Eglise avec un grand E ?
Sans cesse, nous l’interpellons : nous avons vu combien il est difficile de s’en détacher. Peut-elle par ce synode se dégager des règles pour entrer dans l’écoute ? car c’est bien l’enjeu de sa mutation qui est en cause. Pourra-t-elle confirmer l’ouverture de Vatican II aux signes de la modernité : pluralisme, liberté de conscience, autonomie, – qui sont accomplissement du christianisme, comme nous le disait JM Donegani le 14 avril ? A nous aussi d’y travailler, à partir de notre propre transformation, avec nos frères et sœurs de l’Eglise de Paris…

Troisième réflexion autour de la Miséricorde.
Le jubilé de la miséricorde annoncé aurait le but de «  tendre la main à ceux qui se sentent exclus de l’Eglise. ». Nous sentons un malaise avec ce mot, débarquant au milieu du synode, qui porterait la culpabilisation ? Or ce mot de miséricorde allie de façon inséparable d’une part tendresse et écoute, d’autre part conversion et pardon… Comme nous l’avons entendu dans les témoignages, Dieu nous aime le premier, quoi que nous ayons fait.

Ainsi nous invitons chacun de nous à  « chanter au Seigneur un chant nouveau, un nouveau chant d’amour». Au nom du Père, du Fils, du Saint Esprit.

Anne René-Bazin

«  Psaume »
Nous venons d’entendre le récit de la rencontre entre Pierre et le centurion Corneille…
Dieu est impartial… Il accueille quiconque…
Nul ne peut refuser le baptême à autrui car l’Esprit Saint ne se réserve à personne…
« Qui suis-je pour juger ? » dit aujourd’hui le pape François !
C’est dans ce respect de chacune et de chacun que – de décembre 2014 à mars 2015 – nous avons recueilli des témoignages sur les situations familiales très différentes, vécues au sein de notre communauté.
Ecoutez, ils constituent déjà quelques strophes d’un “nouveau chant d’amour“ :

« Nos 3 enfants ont eu baptême, catéchisme, communion, confirmation… Mais aujourd’hui, aucun de nos 7 petits-enfants n’est baptisé. Nous le regrettons, mais il nous semble que nos enfants vivent des valeurs que nous estimons être des valeurs évangéliques : accueil, sens du partage, engagement dans la cité pour deux d’entre eux au moins, convivialité…Et nos petits-enfants semblent suivre leurs traces. »

« Je suis célibataire sans enfant : ma famille ce sont les amis de Saint-Merry. Sans eux, et la prière, je n’aurais pas tenu le coup face à ma maladie. Ma vraie famille, elle, n’a pas compris ma maladie… »
Nous chanterons pour toi un nouveau chant d’amour…

« Mon orientation sexuelle c’est une orientation comme une autre, ni meilleure, ni pire. Certes, elle est plus difficile à porter à cause de l’intolérance du monde ecclésial et social qui rend pénible de vivre cette différence. Cela a été un pas très important de réaliser que je n’avais pas de problème avec Dieu mais avec l’Église et la société. J’avais des problèmes – et je les ai encore – avec l’intolérance, les préjugés, le sexisme, le machisme, l’homophobie des autres, mais je n’avais pas de problème avec Dieu  comme on me l’avait fait croire. Ainsi, en même temps que je me réconciliais avec moi-même, je me réconciliais avec Dieu. »
Nous chanterons pour toi un nouveau chant d’amour…

« Ma mère était enceinte quand mes tout jeunes parents se sont mariés. Ils ont très vite divorcé. Mes grands-parents et mon beau-père m’ont beaucoup aidée. Maintenant j’ai envie de dire merci alors que l’Eglise invite les remariés à demander pardon… Je n’ai pas de mari, pas d’enfant. Grâce aux autres et à l’Evangile j’entends que toute vie a du prix en dehors de la question du statut social. Des amis souffrant de leur célibat m’invitent souvent à en témoigner. »
Nous chanterons pour toi un nouveau chant d’amour…

« Dans la communauté de Saint-Merry, je me sens reconnue dans mon identité de baptisée. que je dis à certains : “J’en ai rien à faire que tuP1060940 sois homo ou célibataire“. À Saint-Merry, on ne met pas en avant le fait que telle personne soit divorcée ou remariée ou célibataire ou homo en couple ou pas, chacun est à sa place en tant que personne. »
Nous chanterons pour toi un nouveau chant d’amour…

Michel Bourdeau

Une question proposée à chacun :
                 Quel amour me porte aujourd’hui ?
                                                         et un post-it pour répondre… : à lire ici

Conclusion de la célébration
Nous avons chanté un “nouveau chant d’amour“ dans la diversité de nos histoires personnelles, de nos situations familiales.
Nous avons exprimé l’amour qui nous porte aujourd’hui.
Nous avons osé la vie en partageant nos désirs de dialogue et de cohésion au sein de notre communauté, comme l’ont manifesté notamment les Groupes de Carême.
Nous nous disons mutuellement merci pour cette belle expérience de fraternité.
Nous avons encore à progresser pour reconnaître les blessures provoquées par la société, par l’Eglise-institution. Et pour que chacune, chacun, au sein de notre communauté, ose la vie, ose exprimer sa foi.
Nous remercions notre pape François de nous avoir associés à la démarche du Synode sur la Famille devenu en quelque sorte un Synode sur l’Eglise.
Nous voulons débattre des enjeux du prochain Synode sur la famille du mois d’octobre prochain. Aussi, nous avons invité le frère Ignace Berten, dominicain belge, théologien ;il avait produit une contribution très remarquée après le Synode d’octobre dernier. Nous lui avons demandé d’esquisser divers scénarios d’une Eglise-fiction selon que l’institution déciderait ou non telle ou telle modification de son discours, de sa doctrine, de sa pratique.

Cette rencontre se déroulera ici dans l’église, le mardi 19 mai de 20 H à 22 H avec pour titre : « FamilleS : Ah ! Si l’Eglise aimait tous ceux qui s’aiment… »

Quand cela viendra, alors nous pourrons véritablement chanter ensemble un nouveau chant d’amour. Les paroles de ce chant sont déjà contenues dans les témoignages recueillis au sein de notre communauté dont un recueil d’extraits est remis en fin de célébration.

Michel Bourdeau

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