Noémie Caillault

Chapeau bas

Je voudrais rendre hommage à deux actrices exceptionnelles. Grâce à leur talent, leur humour, leur rage aussi, elles nous invitent à vivre avec elles, à travers elles, des situations dramatiques que leur art leur a permis de dépasser, nous entraînant avec elles au plus intime de notre humanité.

Il s’agit de Noémie Caillault dans Maligne, mise en scène par Morgan Perez. Maligne, comme la tumeur (tu meurs) qui en son sein a grossi, grossi, silencieusement, sournoisement… À 27 ans, le coup est rude : elle veut vivre, aimer, avoir des enfants. Elle nous embarque avec enthousiasme dans sa traversée gagnante, tout en mouvements et en rires cristallins. Une ode à la vie, à l’amour.

La seconde est Andréa Bescond dans Les chatouilles ou la danse de la colère, mise en scène par Eric Métayer. Andréa est l’auteure et l’interprète. Un immense talent de danseuse, de conteuse, une présence hors pair. Elle nous prend au plus profond pour nous faire vivre le drame de l’enfant violée pendant plusieurs années. La danse remplace les mots, panse les maux, jusqu’au jour où, enfin, elle peut dire, crier, revivre… et se réconcilier avec la petite fille blessée.

C’est la Vie avec ses hauts et ses bas, ses pleurs et ses rires, sa part d’ombre et sa lumière… C’est l’être humain confronté à l’épreuve, capable de se relever, de redresser la tête, de croire encore, d’espérer toujours et d’avancer, toujours avancer. Cela s’appelle la résilience. J’espère que dans tous les déracinés aujourd’hui sur les routes, nombreux sont ceux qui en sont dotés.

Gisèle Carrer

Billet du dimanche 8 mai 2016

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