Chrétiens d'Irak

Chrétiens d’Orient. Stop au massacre

Ils sont chaldéens, melkites, gréco-orthodoxes, coptes... Persécutés à cause de leur foi, ils sont obligés de quitter leurs villes. Témoignage de Jacqueline Casaubon sur ces chrétiens qui risquent de disparaître

Ils sont chaldéens, melkites, gréco-orthodoxes, coptes…
Persécutés à cause de leur foi, ils sont obligés de quitter leurs villes.
Témoignage de Jacqueline Casaubon sur ces chrétiens qui risquent de disparaître

 

Jérusalem, empreinte de la mémoire, pastel. ©Jacqueline Casaubon, 1996
Jérusalem, empreinte de la mémoire, pastel. ©Jacqueline Casaubon, 1996

Lorsqu’en 1952, je pars en Proche-Orient, que de découvertes. Je ne savais pas grand-chose sur les chrétiens de là-bas.

Aujourd’hui, c’est avec gratitude que je me tourne vers eux, très reconnaissante de ce qu’ils m’ont apporté. Un trésor qu’ils m’ont offert que je ne peux oublier.
Aujourd’hui, les voilà à nouveau dans un danger extrême, celui de disparaître, s’ils doivent quitter leur terre pour sauver leur vie.
Beaucoup de souvenirs me reviennent, celui en premier de leur hospitalité dans la vie quotidienne et aussi de la part des églises locales de rite melkite, quand j’étais en Jordanie et en Syrie, et de rite copte en Égypte.
J’ai découvert leur liturgie, et prié en langue arabe. Les fidèles comprenaient ce qu’ils disaient. Nous en occident à l’époque on priait en latin…

La diversité est un bien précieux, elle nous fait voir les choses avec un autre regard, car nos repaires sont bousculés.

On va, on vient pendant les célébrations, une grande liberté sans que cela semble gêner. Toutefois les mères donnent le sein à leurs petits pour ne pas déranger.
J’aimais l’honneur fait à l’Évangile au moment de la lecture, il était brandi en procession et l’assemblée acclamait le testament du Christ que les apôtres avaient rédigé.
Avant Vatican II, là-bas, on a toujours donné la communion sous les deux espèces…
Le pain consacré avait été apporté par l’une des femmes qui avait prélevé un morceau de la pâte qu’elle avait pétrie pour sa maisonnée.
La fête de la Résurrection est grandiose, dans toutes les églises d’Orient. La Passion et la mort du Christ sont célébrées, mais on ne s’y attarde pas :
« Il reçoit des soufflets celui qui dans le Jourdain délivra Adam… Il est percé d’une lance… Montre-nous “aussi” ta glorieuse Résurrection ».
Le soir du Grand Vendredi, pendant la cérémonie très populaire des Funérailles du Christ, l’eau de rose, les fleurs annoncent déjà la vie.
« Il est mort… “Mais” il est vraiment ressuscité ! » L’icône grecque du Christ en blanc tout jeune et plein de vigueur qui relève ceux qui attendent dans les ténèbres en est une belle représentation.
Cette joie me fait penser au Pape François qui regrette que certains aient des mines de Carême sans Résurrection !
J’ai chanté aussi dans des chorales polyphoniques, en grec et en russe, avec bonheur.

Chez les Coptes, on est dans un pays d’agriculture dépendant du Nil, qu’on appelle « la mer ». Les textes de la liturgie contiennent une prière pour les trois saisons : « Les semailles », « La récolte des fruits » et « Les inondations ». Avant les barrages elles avaient leur importance et le quotidien se vivait autrement !
Les chants coptes sont plus dépouillés, plus ardus à moduler pour des Occidentaux. Profondément enracinés dans ce limon, ils le sont aussi dans le cœur de ces chrétiens, qui n’émigrent pas facilement. Ce sont des sédentaires.
Eux aussi ont souffert. Dans les trams du Caire, je me souviens de petits garçons me montrant discrètement une croix tatouée sur le poignet. Rappel d’une tradition, au moment des persécutions pour éviter de renier leur foi.
Être chrétien dans ces pays c’est souvent être minoritaire, ne pas avoir de poste important. Comment serions-nous à leur place ?
Ces communautés des différentes églises orientales si anciennes sont aussi notre héritage, nées avant nous, elles sont la perle précieuse qui ne doit pas disparaître. Elles sont pour moi un bien précieux qui m’a aidée, un temps, à grandir.

Jacqueline Casaubon

7 août 2014

Lire aussi la déclaration de Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille, Président de la Conférence des Évêques de France

3 Comments

  • Merci pour ce très beau texte. S’il existe un site où on peut trouver:
    1) un peu à l’avance les réunions de prière pour les chrétiens d’Orient dans les différentes églises de Paris,
    2) à quelle association on peut donner de l’argent qui soit vraiment acheminé pour les aider ,
    merci de me le faire savoir.
    En ce 15 août,
    Fabienne Chevallier

    • Merci de votre réaction à propos de mon texte, sur  » les Chrétiens d’Orient »,
      Voici une adresse qui pourrait répondre à vos deux demandes.
      Françoise Parmentier – Alep
      9 av. Raymond Poincaré
      75116 Paris

  • Nous recherchons des témoignages sur ce qui se passe au concernant les massacres des minorités au Proche Orient afin d’organiser une réunion en VENDEE pour sensibilisera les français et les chrétiens de France particulièrement sur ces massacres des minorités.
    Avez-vous des informations à nous donner ? Conférenciers documentaires…
    Il faut témoigner, alerter les décideurs et l’opinion d’une manière générale : c’est humainement plus important que ce dont nous parlent les média.
    Merci

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