Cléricalisme etc…le débat se poursuit

En réponse à deux articles parus sur le site de Saint-Merry, l’un d’Alain Cabantous au titre de « Faire part » , l’autre de JL Lecat-Deschamp intitulé « Cléricalisme et pouvoir », un long commentaire a été envoyé par Marie-Thérèse Joudiou autour de ce thème important. Nous avons jugé utile de le reprendre car il a sans doute échappé à beaucoup.  C’est aussi l’occasion de signaler un débat sur le même sujet qui promet d’être très intéressant, organisé par Confrontations le mercredi  21 novembre de 19h à 21h : « Une dérive du cléricalisme », avec Hervé Legrand et Yann Raison du Cleuziou (11 rue de la Chaise Paris 7e).

Merci à Alain Cabantous et à un de ses référents, Jean-Pierre Denis de l’hebdomadaire la Vie, pour son faire-part d’une autre « bonne nouvelle », en forme de « Faire-part ». (http://saintmerry.org/faire-part/)

Quelques réflexions viennent sous ma plume en rapport avec l’Evangile de Matthieu 23,4 :  « Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent à remuer le petit doigt ».  N’y aurait-il pas là quelque matière à penser en ce qui concerne les questions autour de la sexualité ?… Dans le fracas déclenché dans le coeur de beaucoup de croyants ou non croyants, par des pratiques de pédophilie par des clercs, atteintes graves à la vie d’enfants et de jeunes, il est difficile, voire impossible d’accepter ce « billet » de 118 pages émanant de la conférence des évêques dont l’article d’Alain Cabantous rend compte à la lumière d’une perspective historique entre autres.
Sous la plume de Laurent Lemoine, dominicain, psychanalyste, dans un article titré « Changer de regard sur la sexualité », je lis : « Dans l’affaire de Pennsylvanie (il y a quelques semaines) j’ai été frappé par le témoignage de prêtres qui pouvaient prêcher sans complexe contre l’adultère et dans le même temps s’en prendre à des enfants en sacristie. »
Au dernier paragraphe de son article, je lis ceci : « Pour ce qui concerne la sexualité, on peut se demander si, d’une certaine manière, ce qui est vécu par des laïcs ne doit pas être décidé par des laïcs. C’est le grand défi à relever : passer du contrôle de la sexualité à une forme plus modeste et incarnée d’éducation, qui ne soit plus une prescription puérile et régressive de ce que doit être la sexualité du peuple de Dieu » . Le style de Laurent Lemoine est élégant et respectueux mais pas moins ferme pour autant.

A propos de l’article de Jean-Luc Lecat (http://saintmerry.org/clericalisme-et-pouvoir/), je crois bon de citer un autre article rendant compte d’un livre de 2016 de Joseph Moingt, ce théologien pasteur qui s’élève contre la partition clercs-laïcs, qualifiée d’« intolérable division de l’ Eglise ». Il y questionne en particulier la façon dont le catholicisme a restauré le sacerdoce du judaïsme ancien. Quelques éléments cités : « On ne peut pas oublier que le Nouveau Testament ne connait qu’un seul sacerdoce, commun à tous les chrétiens, qui a été l’unique base de la vie de l’Eglise durant les deux premiers siècles de son existence, et qu’un sacerdoce consacré au culte a été institué au 3ème siècle dans l’oubli complet du sacerdoce commun à tous les baptisés, à qui le nouveau venu a coupé la parole et supprimé toute activité ». Le concile Vatican II réhabilitant « le sacerdoce commun des fidèles » a « omis de méditer ce qu’avait été la vie de l’Eglise avant que l’Ancien Testament, qui avait lié l’unité à la Loi, ait submergé le Nouveau, qui l’avait placé dans l’amour mutuel ».

A nous de voir, membres du Centre pastoral Saint-Merry ce que veut dire et implique la nomination appliquée à tous les baptisés : « sacerdoce commun des fidèles ».

Je remercie les nombreux amis prêtres qui marchent dans cette optique.

Marie-Thérèse Joudiou

 

 

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