« Confiance ! N’ayez pas peur ! » 

« Comme Pierre commençait à enfoncer, il cria : 'Seigneur, sauve-moi !' Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : 'Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?' »

10 août 2014
19ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A

Lectures
1ère lecture : Le Seigneur se manifeste à Élie (1 R 19, 9a.11-13a)
2ème lecture : L’attachement de Paul aux privilèges d’Israël (Rm 9, 1-5)
Evangile : Jésus se manifeste aux Apôtres ; il fait marcher Pierre sur la mer (Mt 14, 22-33)

Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

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Lorsque nous avons préparé la célébration lundi dernier nous avons encore eu la joie d’échanger sur 3 textes magnifiques, lumineux,puissants :
–        le livre des Rois nous dit que Dieu n’est pas dans le fracas mais dans «  une brise légère », texte qui a dû inspirer le  poète Christian Bobin quand il a fait de Dieu  le Très-Bas.
–        Paul dans son épître évoque la torture morale qu’est pour lui la difficulté de convertir à la Bonne Nouvelles ses frères Juifs,
Que n’avons-nous de telles alarmes !
–        Et l ‘Evangile de Matthieu c’est  l’évangile des disciples en pleine  tempête dans la mer de Galilée qui ont peur de Jésus  marchant  sur l’eau et qui manquent de confiance.

Nous aussi nous sommes en pleine tempête :
– 100 000 chrétiens fuient sur les routes d’Irak,
– à Gaza  une armée a détruit pour la 3ème fois un territoire,…. jusqu’à quand ?
Tolstoï dans la guerre de Crimée s’étonnait qu’on dise de l’être humain que c’est un être de raison, puisqu’il fait la guerre.
Dans Les Frères Karamazov Dostoïewski fait dire à Aliocha : Nous sommes tous responsables de tous devant tous les hommes, et moi plus que tous les autres.
Devant notre responsabilité de baptisés, nous avons choisi, une fois n’est  pas coutume, de commencer la célébration par un KYRIE.
Nous, les non-violents, entrons dans la prière pour savoir comment agir.
Au nom du Père, et du Fils, et de  l’Esprit.

Danielle Mérian

Lecture du premier livre des Rois (19, 9a. 11-13a) :Le Seigneur se manifeste à Élie

« Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagneset brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu, et, après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. »

 Commentaire
Face à des situations de changement professionnel ou personnel,  l’équilibre de nos vies peut être contrarié. Lors de ces moments, combien d’entre nous se sentent  traversés d’émotions contradictoires ?
L’anxiété de faire le mauvais choix nous incite à renoncer à de nouvelles perspectives, étouffant  l’élément déclencheur: un désir de transformation, de rencontre.
Et s’il n’y avait ni bon, ni mauvais choix mais simplement des expériences à vivre ?
Attentifs, il nous faut savoir reconnaître l’opportunité, la saisir et accepter la vie.

Pour  emprunter  les termes  employés par Jacques, fin juillet, « Quand la vie se fait parole, quand la vie me parle, quelle émotion monte en moi ? ».
Accepter  cette « parole », c’est s’autoriser à  s’indigner de la situation dramatique à  Gaza, en Colombie, en Ukraine.
Ne pas réagir serait aussi terrible que de  croire que Dieu est ce tremblement de terre : un Dieu Tout puissant dévastateur !
Si Elie s’est converti peu à peu  lors de sa  marche de quarante jours et quarante nuits, au mont Horeb, acceptons de prendre ce temps aussi pour écouter le souffle de Dieu : de quelle manière nous invite t il à prendre nos responsabilités ?
Puisse Dieu inspirer nos actions !

Aurélie

Jésus marche sur la mer
Nous venons de lire aujourd’hui et dimanche dernier les deux volets de la condition de disciple dans l’Évangile de Matthieu chapitre 14 :
–         la multiplication des pains
–         la marche sur la mer
En fait on peut relever à travers ce dyptique trois étapes
–         en partageant la nourriture les disciples transmettent la nourriture de Dieu
–         en appelant Jésus lorsqu’il est assailli par la peur Pierre crie sa foi
–         Témoins de l’acte de foi de Pierre, en reconnaissant Jésus comme Fils de Dieu les disciples constituent l’Église
1. S’ils avaient disposé des sacs de nourriture les disciples auraient sans doute bien volontiers accepté de nourrir la foule. Ils sont prêts à donner le peu qu’ils ont. Jésus s’appuie sur cette générosité, le miracle n’exprime pas le rejet de la réalité et de la matérialité de la situation, mais il exprime qu’à côté de cette réalité, au sein même de cette réalité, Jésus assume la présence du « royaume », il le rend visible.
Comme le dit l’évangile de Jean, le miracle est le signe qui rend visible le royaume sans nier la réalité.
Ce qui caractérise le disciple ce n’est pas qu’il fait autre chose que ce que ferait tout homme de bonne volonté à sa place. Le disciple n’a pas de pouvoirs surnaturels. Construire un monde vivable pour tous, une société qui sache préserver la planète pour les générations futures, un monde dans lequel la paix est une œuvre commune contre toutes les guerres, une société qui respecte toutes les différences et préserve chacun dans sa dignité, un monde qui croit en la vie et la protège du début à la fin, une société basée sur la liberté et l’égalité, tout cela il n’y a pas besoin d’être disciple de Jésus pour le faire : tant d’hommes et de femmes s’y consacrent au seul nom de leur humanité, parfois mieux que les chrétiens eux-mêmes !
Mais le disciple ajoute à cela, à cet engagement humain pour le monde, ce que les philosophes ou les théologiens appellent une transcendance, que nous pouvons plus simplement appeler une présence qui fait communiquer notre existence avec la Royaume de Dieu.
2. Sentir cette présence n’est pas encore tout à fait l’acte de foi. L’acte de foi en Jésus c’est cet appel de Pierre en détresse : « sauve-moi !». Cette présence à nos côtés n’est pas une aide, ni une bienveillance, c’est le don du pardon et de la vie. C’est ce que Pierre va vivre devant l’exploit de Jésus, de marcher sur la mer (qui pour la symbolique juive de l’époque signifie marcher sur la mort, c’est à dire la vaincre – le sens de cette image est la résurrection). Pierre peut-il rejoindre Jésus là où il est, dans le Royaume. Jésus dit oui, viens ! Pierre peut-il rejoindre Jésus par ses propres forces, comme on relève un défi. Non il n’a pas suffisamment confiance, ni en lui-même, ni en Jésus. Mais quand la détresse le noie il crie : « sauve-moi ! » Ce cri est son acte de foi car il s’adresse à Jésus qui y répond immédiatement. Dans ce cri il assume sa propre faiblesse, celle d’un homme qui a relevé un défi, et il assume sa confiance en Jésus. C’est  d’une manière mystérieuse  cela qui  se produit pour chacun, seul l’acte de foi nous le révèle.
3. Après l’acte de foi de Pierre il y a celui des autres disciples qui ont été témoins de ce qui s’est passé entre Pierre et Jésus. L’acte de foi du disciple est individuel, mais il va constituer l’église car il est reconnu par l’ensemble des disciples comme un acte de vérité.
Il y a là une question très actuelle au sein de notre église. Est-ce la foi de chacun, exprimée et partagée, qui fonde l’église, ou l’Église qui est dépositaire a priori de la foi et qui la distribue à sa guise avec ces institutions et ses commandements.
Le Pape François semble avoir tranché, qui donne à l’évangile un rôle critique par rapport à l’institution.

Jacques Mérienne

 Préface
Père,
Pour secourir les hommes tu mets en œuvre ta puissance et tu le fais au cœur de nos vies.
Dans nos actions et nos travaux, nos créations et nos recherches et même aussi nos échecs et nos erreurs
Tu es présent
Notre liberté révèle ta générosité
Notre joie révèle ta miséricorde
Tu te sers de notre condition mortelle pour nous sauver de la mort
Et notre existence devient le témoignage de ton amour pour nous
C‘est en ton Fils que nous comprenons cela
Il a donné à ses apôtres de pouvoir nourrir la foule
Il a donné à Pierre de pouvoir le rejoindre sur la mer
Il nous a donné à tous par nos gestes et nos paroles, les plus exceptionnels comme les plus quotidiens
de pouvoir témoigner de la force de ton amour
Il nous a donné de pouvoir te prier et te louer comme lui-même a su le faire
Avec la création tout entière qui t’acclame par nos voixcPère, nous te chantons !

Jacques Mérienne

 

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