Consciences vigilantes. Deux témoignages

Celui d’un chemin de vie atypique, donné récemment à l’Unesco par Jean Vannier dont le seul fil conducteur a été « l’écoute d’une voix intérieure », d’une conscience en mouvement moins préoccupée à discerner le bien du mal que disposée « à se laisser attirer par le Christ comme une fleur par la lumière ».
Reconnaître cette attirance, nous laisser guider par elle vers nos désirs les plus profonds, c’est cela, dit-il, qui nous rend capables d’oser faire du neuf en nous libérant peu à peu de ces peurs les plus  incrustées  qui  nous   rendent vulnérables « à l’étouffement des consciences, à la banalisation du mal ainsi qu’à une certaine tyrannie de la normalité à l’œuvre dans nos sociétés ».
Autre témoignage que celui d’un jeune suisse paru dans Libération du mardi 7 janvier : il a dû accepter le suicide de sa mère comme un service dûment programmé et prépayé. Proche de sa mère dépressive de longue date et refusant cette mise à mort, il n’a pas voulu l’assister de sa présence au moment ultime. D’où l’hostilité de   son   entourage  et   la  douleur prolongée d’un deuil presque impossible (il lui a fallu trois ans pour pouvoir en témoigner). Mais au final un ressaisissement conforté par le sentiment d’avoir agi en conscience, selon son cœur.
« Si chacun de nous écoutait un peu plus sa voix intérieure, il y aurait moins de chaos dans le monde » nous rappelle Jean Vannier citant Etty Hillesum. Il suggère quelques pistes : chaque jour un temps de vrai silence, et aussi l’audace « d’être avec » les humiliés et les exclus.
Quelles voix intérieures ces témoignages éveillent-ils en moi ?

Alain Clément

 

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