Jardin d’enfant à Nusseirat

Converser avec des étudiants de Gaza

Il s’agira d’échanger – via Skype – sur l’actualité en France et en Palestine, l’histoire et la culture des deux pays, et sur tout ce dont les jeunes de Gaza auront envie de parler... L’initiative d’un groupe du Centre Pastoral Halles-Beaubourg
Centre d'information Palestine
Centre d’information Palestine

Un élan de vie dans un jardin oublié » : c’est le titre du dernier poème envoyé par Ziad Medoukh, directeur du département de français à l’Université Al-Aqsa de Gaza, et fondateur du Centre de la paix de Gaza.

J’ai connu Ziad par internet après une mission civile accomplie en Palestine en 2002, en pleine seconde Intifada. Depuis, je lui envoyais régulièrement des livres scolaires et des DVD de films français pour son département. Les colis arrivaient au bout de plusieurs mois, à la grande joie de ses étudiants et étudiantes manquant de tout mais avides de ces nourritures de l’esprit qui entr’ouvraient un peu les portes de leur « prison à ciel ouvert ».

Cependant, après trois vagues de massacres et de destructions (2009-2012-2014), les colis ont fini par arriver de moins en moins souvent puis plus du tout – détournés peut-être par des soldats israéliens en manque de culture française ?

Au lieu d’attendre dans l’angoisse un facteur qui n’arrive plus, j’ai proposé à Ziad d’utiliser cet espace de liberté dont les Gazaouis ne sont pas (encore) privés : internet.
 Un petit groupe issu de la commission Solidarité du CPHB à décidé de communiquer régulièrement avec les étudiants et étudiantes de Ziad, par le miracle de Skype et du matériel déjà en place à Saint-Merry. Il s’agira d’échanger sur l’actualité en France et en Palestine, l’histoire et la culture des deux pays, et sur tout ce dont les jeunes de Gaza auront envie de parler… Avec les contraintes dues à la situation plus que difficile de ce petit territoire martyr : électricité fournie de 10 h à 15 h seulement, locaux en partie détruits, risques d’incursion impromptue des forces israéliennes, piratage des réseaux par les services secrets (fantasme, réalité ?) ou, plus probablement, soubresauts techniques liés à ce genre de liaison à distance.

Mais fi des obstacles ! L’essentiel est que, des deux côtés, chacun donne le meilleur de lui-même pour créer un lien humain autant que culturel, coopération d’un type nouveau entre des Occidentaux nantis mais non blasés, croyant encore à la solidarité internationale, et des jeunes qui, du fond de leur solitude forcée, ont un profond désir de voir, d’entendre, de parler, de se raconter, de connaître le monde… bref, de vivre.

La petite équipe de pilotage constituée à cet effet ouvrira bientôt le chantier par un essai technique avec Gaza. Et si tout fonctionne comme prévu, elle organisera très vite les premiers échanges avec les étudiants. Ce sera notre façon à nous de répondre à la formule d’espoir par laquelle Ziad termine tous ses messages : « Amitiés de Gaza-la-vie ».

Mes poèmes ne soulagent point nos peines,

Mais ma poésie défend la vie.

Elle est elle-même une résistance !

(extraits de « Un élan de vie dans un jardin oublié », par Ziad Medoukh, février  2015)

Laurent Baudoin

Pour en savoir plus sur l’Université de Gaza et le Centre de la paix :

 

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