Correspondances

À l’heure des mails et SMS au langage fast food et des injonctions de répondre ASAP, un de mes plaisirs est de m’asseoir à mon bureau, ou mieux encore, en vacances à la terrasse d’un café ou dans l’antre d’un chaleureux troquet, pour écrire une carte postale à parents et amis, pour « faire ma correspondance », trouver les mots, le ton, la complicité qui correspond au destinataire.

Quel joli mot que ce mot de correspondance ! Établir un rapport de communication, me mettre sur la même longueur d’onde que mon correspondant, mais aussi changer de lieu, d’ambiance, de tonalité, comme dans le métro une correspondance permet de changer de ligne. Je suis à la fois sur la Piazza Maggiore à Bologne et dans une maison de cure avec un ami ou avec ma Maman qui vient de perdre son chat.

Et quel plaisir quand un ami me dit « merci ta carte m’a touché » ou quand je découvre dans mon courrier une carte ou une lettre, que je vais lire avec gourmandise ou émotion ! Je garde les lettres et les cartes que j’ai reçues et quand il m’arrive de les relire, ce n’est jamais sans émotion, me mettant ainsi en correspondance avec des amis ou parents toujours présents et fidèles mais parfois aussi disparus, alors que, sauf exception, je ne conserve ni courriels ni SMS qui s’envolent comme fumée légère… Mais me vient un doute : est ce que je n’aurais pas manquer la correspondance entre le 20ème et le 21ème siècle ?

Ce n’est sans doute pas un hasard si j’ai rejoint l’équipe du billet : ce billet n’est il pas un bel exemple de correspondance ?

Et pour finir, un conseil de lecture, un petit livre léger et plus profond qu’il n’y paraît : Théorie de la carte postale de Sébastien Lapaque.

Didier Pény

Billet du dimanche 17 avril 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.