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Comment croire face à la violence des religions ?

Le 7 janvier, 3 ans déjà qu’ils ont assassiné Cabu, Wolinski et les autres au nom de Dieu. Je n’oublie pas la jeune policière ou les victimes du supermarché casher. Charlie, c’était mes 18 ans. Au-delà de Dieu, c’est au nom d’une religion instrumentalisée par des intégristes ou quel que soit leur nom, par des hommes qui ont décidé de tuer au nom d’une religion falsifiée.

Aujourd’hui c’est la religion musulmane, hier c’était la notre. L’Inquisition, le massacre de la Saint-Barthélemy : les protestants étaient taxés d’hérétiques. Encore plus près, le conflit irlandais qui fit lui aussi tant de morts.

Je ne suis pas allée à la manifestation du 11 janvier, trop risqué en fauteuil roulant. Je suis venue à Saint-Merry le dimanche matin et, en repartant chez moi, je me suis arrêtée un moment sur le parvis de l’église Saint-Laurent près de la Gare de l’Est. J’ai regardé passer tous ces gens qui se rendaient place de la République. Je pleurais. Je pensais à ces gens morts au nom d’un dogme imbécile, rigide et pervers. Ma foi restait intacte mais plus question de retourner à la messe. Plus question de cautionner les institutions responsables. N’écarte-on pas les divorcés remariés de l’eucharistie ? Rome ne venait-elle pas de décider d’interdire la prêtrise aux homosexuels ? Au nom de quoi ? Oui, ça ne fait pas des morts, qu’en sait-on d’ailleurs ?

Mais la foi c’est aussi le partage et j’ai repris le chemin de l’église, de Saint-Merry où les femmes lisent l’évangile, où les célébrations sont toujours différentes, où on est capable de contester l’institution.

Claire

Billet du dimanche 28 janvier 2018

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