Dans la persévérance ayons l’espérance

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
…, quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas.

Dimanche, 4 décembre 2016
1ère lecture : « Il jugera les petits avec justice » (Is 11, 1-10)
Psaume : Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 12-13, 17
2ème lecture : Le Christ sauve tous les hommes (Rm 15, 4-9)
Evangile : « Convertissez-vous,

car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)
Mot d’accueil

Bienvenue à vous tous, de passage ou habitués du Centre Pastoral Saint Merry…
Nous sommes dans le temps de l’avent, de l’attente,
de l’advenue de Dieu dans la vie de l’homme…
Histoire bi millénaire, mais qui fait irruption dans notre vie de chaque jour.

Notre communauté a caractérisé ce temps par deux questions :
qu’avons nous à craindre, qu’avons nous à espérer,
à confronter aux urgences de maintenant,
la question retenue ce dimanche étant l’enjeu écologique.

En préparant la célébration, nous avons parcouru les textes…
Des mots très riches nous ont interpellés…
Craindre ? S’agit-il de nos peurs ? ou bien de la « crainte de Dieu »
toujours en arrière fond des textes bibliques …
Espérer ? Eau de rose ou réel élan ?

Les paroles de l’Ecriture de ce jour nous donnent une moisson de mots forts :
Conversion, nettoyage, rupture, discernement,
nous incitant à quitter le monde passé, à abandonner le vieil homme.

Aussi:
Utopie, espérance, persévérance, justice, nous ouvrant à un monde de renouveau,
de naissance en Christ parmi les hommes.

Allons, ensemble, partageons la Parole et la Vie….

Evelyne Holzapfel

Dans cet évangile c’est une présentation de Jean-Baptiste, profil typé du jugement :
il appelle à la rupture, au grand nettoyage en vue de la conversion
nécessaire pour accueillir celui qui vient,
écho que l’on retrouve dans l’encyclique Laudato Si, quand François dit
« J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue
sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète.
Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous » §14

Isaïe évoque de façon poétique l’utopie d’un autre monde
où il n’y aura plus besoin de tuer pour exister.
François dit
« Jésus vivait en pleine harmonie avec la création et les autres s’en émerveillaient,
il n’apparaissait pas comme un ascète
séparé du monde ou un ennemi des choses agréables de la vie » §98

Paul dans sa lettre aux Romains redit que nos espérances
ne se réaliseront que dans la persévérance.
François le dit à sa façon :
« Il suffit de regarder la réalité avec sincérité
pour constater qu’il y a une grande détérioration de notre maison commune.
L’espérance nous invite à reconnaître qu’il y a toujours une voie de sortie,…
que nous pouvons toujours faire quelque chose pour résoudre les problèmes » §61

Marie-José Deschamps
Rupture, espérance et persévérance

Trois éléments d’un seul et même mouvement, celui de la conversion
Et notamment de la conversion écologique à laquelle nous invite le pape François
Une conversion qui ne touche pas seulement notre rapport à la nature
Mais qui concerne toutes les dimensions de notre vie individuelle et collective
Une conversion intégrale

Premier pas de la conversion : la rupture
Jean Baptiste nous y invite quand il parle de couper, de nettoyer, de brûler
Le pape François nous y invite également quand il fait l’éloge de la sobriété
Il s’agit de rompre avec un mode de vie qui vise à avoir toujours plus
il y a donc dans ce premier pas quelque chose qui invite
à se détacher, à se dépouiller, à faire le vide
Mais se détacher de quoi ?
de quelques biens sans doute
mais aussi et surtout de tout ce qui nous enferme, nous aliène, nous rend esclaves.
La sobriété à laquelle invite le pape François est avant tout une expérience de libération.
Rupture donc avec ce qui nous tient et nous tire vers le bas
Rupture avec des habitudes, des postures, des rôles
qu’à force de répéter finissent par nous formater et nous étouffer.
La conversion commence toujours par une rupture
par l’acceptation de perdre quelque chose à laquelle on tient
mais surtout quelque chose qui nous tient et nous retient.

Deuxième pas : l’espérance
La rupture crée du vide
et c’est seulement dans le vide que l’espérance peut naître.
Pas d’espérance possible en plénitude
Mais pas d’espérance non plus dans l’attente de ce qui est connu et pas encore réalisé.
L’espérance c’est avant tout la capacité d’accueillir l’inattendu.
Et c’est à cette espérance là que nous invite Isaïe
à travers l’image du loup qui habite avec l’agneau, du léopard qui couche près du chevreau…
C’est l’image de l’inimaginable qui ouvre au radicalement nouveau
Ce n’est pas l’utopie qui nous fait fuir la réalité
bien au contraire, c’est l’utopie qui nous tire vers un nouveau possible
Ce n’est pas l’utopie des bisounours
bien au contraire, c’est l’utopie qui ose dire l’indicible.
La crise écologique introduit une rupture dans le modèle de développement actuel
et dans le vide ainsi créé,
on est invité à imaginer une nouvelle conception du progrès.
Et nous avons aujourd’hui de multiples signes
qui nous invitent à croire à un autre progrès possible.
L’accord historique de la COP21,
premier accord sur le climat véritablement universel
obtenu quand on craignait un nouvel échec comme celui du sommet précédent à Copenhague
est un signe d’espérance
sur la capacité à vivre ensemble dans notre maison commune.
Mais également, les multiples formes de partage et de recyclage
qui mettent en évidence une capacité d’innovation débordante :
co-voiturage, co-working, financement participatif, ressourcerie…
constituent aussi un signe d’espérance
sur la capacité humaine à construire de l’inter-dépendance avec tous les êtres vivants.
La conversion c’est ré-apprendre à espérer.

Troisième pas : la persévérance
Paul nous invite une et mille fois à la persévérance
Il parle même du « Dieu de la persévérance »
Comme s’il voulait nous dire que la conversion
n’est pas la traversée d’un fleuve tranquille
mais plutôt celle d’une cascade turbulente
Comme s’il voulait nous dire que la conversion n’est jamais acquise une fois pour toutes
mais qu’elle suppose qu’une fois arrivés
il faut déjà repartir.
Persévérance car cela ne va pas si vite qu’on le voudrait
Persévérance car nos efforts semblent parfois bien inefficaces et inutiles
Comme le cri de Jean Baptiste dans le désert
on crie partout que notre maison brûle
que notre terre est épuisée et complètement dégradée
que notre planète est en état de survie,
mais on continue à vivre comme si de rien n’était.
La persévérance à laquelle Paul nous invite
est celle qui nous pousse à « nous accueillir les uns les autres »
Ce n’est pas la persévérance pour remplacer le modèle actuel par un autre déjà connu.
Comme pour l’espérance,
la persévérance c’est pour accueillir l’inattendu de l’autre.
La persévérance c’est pour s’accrocher à la croyance
que nos différences, celles qui nous séparent, qui nous opposent et qui nous insupportent
ne sont pas à supprimer
mais à mettre en dialogue pour qu’elles créent un « commun » nouveau.
La persévérance c’est la société civile qui contre vents et marées
fait bouger à petits pas nos décideurs
La persévérance c’est l’effort invisible, sans efficacité apparente
q’un jour, sans savoir comment, devient une réalité évidente.
La persévérance c’est accepter de se désapproprier du résultat de nos actions.
Enorme conversion celle qui nous permet à la fois d’agir et de lâcher prise.

Rupture, espérance et persévérance
un beau programme de conversion
de conversion écologique
de conversion intégrale
mais surtout et avant tout
de conversion en faveur de la vie.

Elena Lasida
Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu et Père de tous, nous voici réunis pour te rendre grâce.
Non pas avec des phrases grandiloquentes, pompeuses et ampoulées
mais avec la simplicité des mots qui s’enracinent dans notre réalité,
dans notre vie concrète.
Nous voulons te remercier en partant de nos peurs
mais qui se transforment parfois, souvent en utopies fécondes,
en exemples de vie entrainants.

Actions de grâce

Nous te rendons grâce Seigneur, pour l’association « zéro déchet »
qui lance des alertes, intervient auprès des décideurs français et européens
pour faire avancer les lois;
aide les collectivités, entreprises et associations pour aller vers le zéro gaspillage.
Une utopie certes, mais génératrice de nouveaux regards, de nouvelles relations.

Myriam

Nous te rendons grâce Seigneur pour l’ile d’EL Hierro,
la plus petite des Canaries, qui en utilisant ses spécificités,
a pu se rendre autonome pour sa production d’électricité,
grâce au vent et à l’hydraulique qui prennent alternativement le relais.

François

Nous te rendons grâce Seigneur pour la petite ville d’Ugrsheim en Alsace,
qui s’est lancée dans une démarche de transition vers l’après pétrole
en favorisant les énergies renouvelables, les circuits courts et  le lien social.
Le programme de démocratie participative créé en 2009,
baptisé « 21 actions pour le XXI siècle »; donne des résultats très positifs.
Une utopie peut devenir réalité avec volonté et coopération.

Maria Cécilia

Nous te rendons grâce Seigneur pour ces 48 pays en voie de développement,
les plus vulnérables au réchauffement climatique qui ont affirmé lors de la « COP 22 »
que leur développement se baserait sur une énergie 100 % renouvelable,
plutôt que sur des combustibles fossiles.
Un bel exemple qui devrait nous bousculer, nous, pays du Nord.

Myriam

Nous te rendons grâce Seigneur pour la multitude d’actions individuelles
ou collectives dans notre quotidien qui nous amènent à moins polluer notre planète.

François

Nous voulons te remercier surtout pour ton Fils,
notre Seigneur Jésus que tu nous as donné.
Lui qui est venu au milieu de nos craintes
et qui les a partagées avec une solidarité sans faille
et les a assumées dans une communion parfaite.

C’est par Lui que nous voyons la lumière,
par lui que nous sentons le parfum de la vie,
par Lui que nous goûtons le vin de la joie jusqu’à l’ivresse.
C’est par lui que nous rêvons la vie.
C’est pour Lui et par lui que nous te rendons grâce,
que nous te remercions et nous te chantons.

Craindre et espérer. Ce Fils, ton Fils, notre Seigneur,
a goûté bien sûr aux peines et aux douleurs de la peur.
Il n’y a pas sombré, il ne s’est pas résigné ni replié sur lui-même.
IL ne s’est pas payé de mots. Il a assumé sa mission, sa tâche.
IL a endossé la mort, il l’a traversée.
C’est pourquoi, par ton Esprit tu l’as institué comme Le Vivant.
Et c’est cela qu’il est pour nous.
C’est la raison pour laquelle nous pouvons te demander
aujourd’hui encore que ton Esprit fasse de ce pain et de ce vin
les signes de son Corps et de son Sang.

Forts de la communion qui nous unit à toi Seigneur Jésus,
nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection
et nous attendons dans la joie et l’espérance que tu viennes.

Traverser, vaincre la crainte dans les petits moments
et les choses simples de notre vie
et dans les affaires qui nous concernent mais nous dépassent.
La tâche est rude.
Que ton Esprit source de dynamisme vivifiant
fasse de tous ceux qui partagent le Repas du Seigneur
un seul corps et un seul esprit, le Corps du Christ,
l’Eglise, la communauté de Dieu.

Une Eglise qui vainc la crainte et vit de l’espérance,
dans la persévérance, dans l’utopie créative.
Qui est viscéralement sensible au sort de la maison commune,
de notre planète, de l’humanité, des eaux et de l’air,
des plantes et des animaux, de ta création
et qu’elle montre l’exemple en s’engageant réellement
dans les petites choses et dans les grandes pour le bien de tout et de tous.

Jésus Asurmendi
Envoi

Soyons conscients
« d’ habiter une maison commune que Dieu nous a prêtée »
( Pape François).
Sortons de notre assoupissement.
Ni pessimisme désabusé ou apeuré
ni idéalisme désincarné,
mais ensemble
– avec persévérance et dans l’ espérance –
mettons-nous au travail.
Maintenant.

Anne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *