©fc

Dé-coïncider, dit-il

Ressources du christianisme mais sans y entrer par la foi. Dans son dernier livre, le philosophe François Jullien s’interroge sur l’apport du christianisme à la pensée occidentale, non pas au regard de la foi mais en termes de ressources. À cette fin, il se livre à une relecture philosophique de l’Évangile qui radicalise le plus le message du Christ en lui donnant une valeur universelle, celui de Jean. Cette approche personnelle jette un éclairage original sur quelques-uns des thèmes de cet Évangile :

1-   La Vérité : elle ne se démontre pas mais elle se témoigne car elle relève de l’être et non de l’avoir (la connaissance). Il ne s’agit donc pas de croire à, mais de croire en…

2- La Vie est désignée dans le texte par un seul mot alors que Jean l’a pensée en deux termes différents, renvoyant l’un au vital, l’autre au spirituel. Etre en vie ne signifie pas la même chose qu’avoir en soi la vie dans sa plénitude, celle qui, selon Jean, ne meurt pas.

3- Exister, au sens littéral « se tenir hors  », implique de « dé-coïncider », selon un concept cher à François Jullien. « Haïr sa vie en ce monde », ce n’est sans doute pas fuir le monde mais c’est se libérer des adhérences qui nous collent à lui, à commencer par nos propres habitudes de vie et de pensée.

Mais libérer nos capacités d’initiative et de création, laisser s’exprimer en nous la vie surabondante dont parle Jean, aller à la rencontre de l’autre sans chercher à l’aliéner à soi, n’est-ce pas déjà vivre la Pentecôte ?

Michel Lahaie

Billet du dimanche 20 mai 2018

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *